dimanche, 30 mars 2008

Mes amis virtuels

Ce qui est génial avec internet, c'est qu'en plus de notre vie réelle, on construit toute une vie parallèle, virtuelle, parfois à 100 lieues de l'autre, la vraie. Sur Myspace, on écoute de la musique qui swingue, on pose à côté de tout un tas de gens hilares avec des lunettes fluo et des coupes de champagne, et on est potes avec Kavinsky, DatA, Rufus Wainwright, et même avec le panthéon des artistes de l'au-delà, Gainsbourg etc... Alors que dans la vraie vie, on comate devant la télé en machouillant des cacahuètes.
Dans notre buddylist, la collègue quarantenaire un peu geek côtoie joyeusement les graphistes de la boîte de comm hype de Lille, et la cousine éloignée trinque virtuellement avec le collectif de DJs du Sonic Bar...
Sur Facebook, on apprend que Myd, le ptit étudiant, cerveau musical génial de Sexual Earthquake in Kobe s'appelle en réalité Quentin L., et que la fille qu'on croise régulièrement au Peek-a-Boo et dont on a accepté la friend request sur Myspace, que du coup on l'appelle Skarlette, s'appelle en réalité Charlotte Duchmol. Tous ces vrais noms, ça donnerait presque l'impression que ces amitiés deviennent moins virtuelles.
D'ailleurs, on fait partie de tout un tas de groupes, qui se voient dans la vraie vie, et qui communiquent à coups de flyers. On participe aussi à d'autres rassemblements virtuels très hype, du style le groupe de ceux qui pestent contre les cons qui attendent à gauche sur les escalators.
On fait également partie de cercles très fermés sur des forums, ou l'on arrive pour dissequer le dernier album de Renaud, et où l'on se retrouve à souhaiter son anniversaire à Choupinette62 qu'on n'a jamais croisée, alors qu'on a zappé celui de sa nièce...
On sait tout un tas de choses sur ces amis virtuels. Xavier M. is en vacances. Jonathan G. is vénère parce que le marchant de coco n'est toujours pas passé. Cathy B. is en plein déménagement. Pierre V. is makes an effort to write his mood in english mais c'est pas donné passke moi et les langues, ça fait deux... Adrien D. is, et c'est déjà très bien.
Le soir, à l'heure de l'apéro, on trinque en envoyant des mojitos virtuels à tous ces gens qui, comme nous, glandouillent devant l'ordi en regardant leur Wall, leur FunWall, leur Superwall, sur la toile (wha la rime!!). Répondent à leurs mails. Boîte mail Orange, boîte mail Hotmail, boîte mail Facebook, hydromel et boîte de caramels. Myspace, Meetic, Facebook encore, Virb... tout en répondant au flot de fenêtres MSN qui s'ouvrent en rafale sur leur écran.
On fait des tests débiles, pour savoir qui sait le plus de choses sur le club Dorothée. On apprend que Quentin est le "drunk-drunk", ce qui veut dire qu'en soirée, il picole et se torche no limit (mais ça, on le savait déjà haha), alors que Sébastien est plutôt "low-drunk" (tricheur...!). Si Camille était une fleur, alors ce serait la rose. Camille mesure 1m80, déteste le rose, et surtout, Camille est un mec.
On passe en revue les listes d'amis des amis, histoire d'y trouver des gens connus, qu'on harcèle direct à renfort d'index pokeur pour qu'ils viennent allonger notre buddylist. Si c'est quelqu'un de très important, on superpoke, même, on lick, on spank, on kiss, on throw a pumpkin... Plus la buddylist est longue, plus on affiche qu'on est quelqu'un de vachement dans le coup (expression volontairement has-been) et très populaire. Mais attention, on ne se rabaisse pas non plus à envoyer une friend request à la fille rencontrée chez Vincent, dont on a retrouvé la trace dans la buddylist d'un pote d'un pote de Vincent. Non, quand on envoie une friend request, c'est à la rigueur à Kavinsky ou à Marc Almond. Sinon, comme on est quelqu'un de hype et de très demandé, on attend que sa boîte MyspaceFacebookVirb se remplissent de ces requêtes amicales de gens qui trouvent qu'on est un buddy tellement hype qu'il faut absolument avoir dans sa liste.
Ensuite, on clique sur "accepter" et voilà : JPADPS et AdmirateurSecret sont maintenant amis.
Souvent, ça s'arrête là.
Mais comme on est un pote virtuel super sympa, on garnit le Wall de ses déjà-amis de tout un tas de cartes virtuelles, de vidéos Youtube, on leur fait de beaux graffitis, pour que ces amis, à leur tour, puissent afficher au grand jour leur immense popularité. On leur envoie des hugz, des kiss, des boîtes de chocolat, des fleurs et des coeurs cadenassés. En espérant en recevoir en retour, car, ne l'oublions pas, un Wall long de 30 milliards de pixels est la preuve de notre hypitude. Le summum étant d'avoir des commentaires de Kavinsky, bien sûr...
Mais le mieux de ces plateformes de vies virtuelles, c'est quand même que l'on peut suivre au jour le jour l'évolution de la vie sentimentale de Marc, éternel célibataire. Marc, listed as a single. Marc is now listed as in a relationchip (message sur MSN : "Ca y est? T'as rencontré une meuf?"). Marc is no listed in a relationchip anymore ("Ben alors, keskispass?" - "Oé bof, elle reloutait grave. Tu viens à DatA au Supermarket demain soir?). Jusqu'au grand jour, où... Marc is listed in a relationchip with Deborah Joplin. WAW.
Si c'est pas de l'officialisation, ça. Se "lister dans une relation avec", cela équivaut au moins à une demande en mariage. Car du coup, toutes les nanas qui voudront cliquer YES en-dessous de "Etes-vous intéressé par moi" sauront que la chasse est gardée...
Parfois, nos deux vies, réelle et virtuelle, entrent en collision, et là, c'est galère, parce qu'il faut mémoriser le vrai nom, et le pseudo. De plus, il faut intégrer que Sweet Amanite de Planète Thiéfaine, Loreleï du site officiel et Marijuana69 des Fragmentés sont en réalité une seule et même personne, à savoir Francine Laconique. Avec ceux que l'on connait déjà, ces rencontres donnent lieu parfois à des dialogues assez surréalistes :
JPADPS : "Wah, salut Superdeux, ça fait un bail! Alors, j'ai vu sur Facebook les tofs de ton expo à New York, ça tue!"
Superdeux : "Eeh JPADPS!!! Tiens ce soir ya Data qui mixe au Supermarket, tu viens? Y'aura aussi le LED, Blondin et MacFly qui prendra des photos pour les mettre sur son Myspace."
JPADPS : "Ouais, j'ai vu le flyer sur Facebook. Je l'ai forwardé à toute ma liste. Sinon, paraît que Cam elle est plus avec Juju?"
Superdeux : "Ouais, j'l'ai vue sur MSN."
JPADPS : "Ah, t'as discuté avec elle?"
Superdeux : "Nan, mais elle est dans ma liste de contacts."
Cher lecteur qui suit, il y a quelque temps, nous avions papoté ici de ce joyeux bordel qu'est Myspace, tu avais compris que c'était "ze place where you had to be 6 months ago", et tu es persuadé qu'à présent, "ze place to be", c'est définitivement Facebook. Erreur! Il ne suffit pas d'avoir une page Myspace non actualisée depuis deux mois, un profil sur Facebook, un slim et un micro blouson en cuir boutonné jusqu'à la glotte comme Gaspard et Xavier pour être grave branché. En ce moment, il faut EN PLUS dire que Facebook, c'est nul.
Cke c'est nul, Facebook... BAAAAHHHH!!!! PAS BEAU!!! Les guerres de câlins virtuels, les "forward pour voir qui clique le plus sur ton profil", les gens qui t'ajoutent comme amis et qui te disent pas bonjour dans les soirées, les cadres "Top Friends" qui se vident peu à peu des amis qui affichent leur avant-gardisme en se désinscrivant de Facebook.
"Salut les gars, on s'est bien fait chiés ensembles pendant 6 mois, mais maintenant les mecs, je retourne vous voir dans la vraie vie!"
De quoi sera fait demain...?











dimanche, 20 janvier 2008

Ta mère sur Myspace

Jusqu'à maintenant, toute personne hype digne de ce nom avait sa page Myspace. Je n'expliquerai pas ici ce qu'est Myspace, soit on sait, soit on va se renseigner sur gougueule. Nan mais.
Une page Myspace digne de ce nom, c'est déjà une photo de profil très smart. Prise de préférence dans une soirée, et laissant entrevoir tout un tas de copains tout aussi hype en arrière-plan. Ensuite, une PMSCIF (page-myspace-comme-il-faut), c'est une musique qui déchire. Avec une préférence pour le truc électro de connaisseurs. Le top de la hypitude étant de mettre AVANT tout le monde, LE DJ qui va cartonner dans les mois à venir. Par exemple, à tout hasard, Kavinsky, qui harcelait tout le monde avec sa musique ambulancière il n'y a pas si longtemps, et qui joue maintenant à New York et Tokyo, et qui ne répond même plus quand on lui envoie une demande en mariage. Le rustre...tss tss tss...
Cela me permet d'arriver subtilement à un autre élément essentiel de la PMSCIF, les "amis". Pour être classe, il faut en avoir... allez, 500 au bas mot. En dessous, t'es qu'un pauvre wannabee... Seulement voilà, dans ces amis virtuels, se côtoient -virtuellement, donc- les vrais amis, ceux de la vraie vie quoi, les people, les Myspace musique, bref, du tout et n'importe quoi.
Du coup, le truc qui montre qu'on est vraiment quelqu'un de très demandé, c'est le commentaire. Et pas le commentaire de base, hein, style "thanx for the add" (si on a demandé a être l'ami de quelqu'un) ou "thanx for the request", si on a ajouté quelqu'un à sa liste d'amis. Non, le top du top, c'est le vrai message perso. "Salut poulette, ça fait longtemps!". Top moumoute.
Ou alors "Kisses sweetie". Waw.
Après, si on est vraiment limité niveau amis, on peut toujours puiser dans les réserves des copains, faire une recherche ciblée (ouioui, comme sur Mes Tics). Tiens, çui-là, j'l'ai croisé une fois dans le métro, il était avec machine, jle reconnais, hop, on envoit une friend request. Parce que franchement, des gens qui ont EN VRAI 500 amis qui en plus sont tous inscrits sur Mypace, ben franchement, j'en connais pas beaucoup... Breeeeef.
Regarder tout ça, ça prend bien sûr un temps fou, mais bon, tout le monde sait qu'un prof, ça ne fiche rien, ça bosse que 18 heures par semaine et du coup ça n'a que ça à faire.
En plus de tout ça, il faut créer des albums-photo avec tout plein de clichés de nous, hilare, à la soirée Burning Bitch avec DJ Extatik et Rollin'Saphir, nous, toujours hilare, avec trois mecs vachement beaux au vernissage de l'expo Toyz à la MFW (mais en vrai, les mecs, on les connait pas), nous, bourrée, la nuit devant l'aéronef et, si on maîtrise quelque peu photoshop, quelques clichés psychédéliques de, au hasard, nous. On peut aussi mettre des photos prises par d'autres, ce qui donne : "JPADPS par Photographe Hype" etc etc etc... Les possibilités sont infinies, je vous le dis!
Après, et c'est là à mon humble avis que Myspace, c'est quand même très bien, il y a les flyers pour les soirées. Les trucs en milieux autorisés, quoi.
Et comme sur Myspace, on est tout un tas de gens vachement cools, eh ben on reçoit tous les mêmes. Du coup, quand on arrive dans la soirée, on connait déjà plein de gens : "Eeeeeeh toiiii, jte connais, t'es sur MySpace!!!"
Ego surdimensionné... Et hop, c'est parti pour une discussion passionnée avec découverte de plein de ponts communs.
Enfin, on peut personnaliser sa page, mettre un fond d'écran classieux, des videos, des gifs animés, ahlala, j'en perds la tête. Seulement voilà, pour un résultat optimal, il faut quand même maîtriser un chouia html&co, et c'est la que le bât blesse. Ce qui fait que finalement, la PMSCIF lambda est en général moche, surchargée, clignote de partout, met des plombes à s'afficher, fait planter l'ordi quand on a autre chose qu'un Mac, bref, c'est le bronx. J'ai l'impression que chez les profs, la fréquentation de MySpace n'est pas trop répandue. C'est un peu comme les blogs, LA personnification suprême du diable, où les élèves viennent déverser leur fiel et proférer des insultes.
Je tiens à les rassurer, car malgré le laudatio plein d'emphase que je viens de faire, je me dois de vous annoncer, chers ceux qui n'ont pas de PMSCIF, que vous avez raté le coche, et que MySpace est à présent complètement has-been. Comme la tektonik, tout à fait.
Mais comme je suis sympa, je vous donne le tuyau : à présent, il faut s'inscrire sur Faïcebouque...

jeudi, 08 mars 2007

Le nouveau GPS

Bon, on va partir du principe que tout le monde sait ce qu'est un GPS.
Mais si, vous savez bien, cette petite boîte avec écran qui vous guide à travers la cambrousse d'une voix préenregistrée, mâle ou femelle au choix. La voiture de mon Daddy est bien évidemment équipée d'un de ces engins high-tech. Seulement voilà, la technique est périssable, et depuis quelques temps, le GPS de pôpa avait des ratés.
Genre on le programmait sur Paris, on arrivait à Lyon.
Genre on arrive à la maison, le GPS dit "Dès que vous pouvez, faites demi-tour!"
Ainsi, il a fallu racheter un GPS tout neuf. Grande expédition, car il fallait en trouver un qui intègre le nouveau rond-point du Kouign Amann, sans lequel il est absolument im-pos-sible d'arriver au Supermarket du coin...
Bref, la merveille trouvée, il fallait la tester.
Ainsi, depuis trois jours, lorsque nous allons à la boulangerie, nous sommes accompagnés par la madame GPS, qui débite ses instructions de sa voix monocorde :
"Dans 50 mètres...tournez...à gauche !"
Le trajet prend une dimension toute nouvelle !
Hier, nous avons intensifié la difficulté : programmation du trajet maison-LeClair de Lanester.
Où est la difficulté, me demandez-vous? Il faut savoir que jusqu'à présent, Daddy faisait ses courses comme tous les gens civilisés au Carrouf le plus proche. Seulement voilà, depuis cette sombre histoire de brosse à dent électrique tombée en panne une semaine avant la fin de garantie, Daddy refuse obstinément de remettre les pieds dans ce supermarché, et préfère de loin le LeClair de Lanester. Même s'il est, effectivement, plus loin.
Le coffre plein de sacs réutilisables, nous montons dans la voiture, plein d'entrain et d'envie consommatrice. Daddy tripote son joujou :
"Bon alorrrs, on va programmer "centre ville Lanester", hein, passque le LeClair, il est pas loin du centre ville. Comme ça, on se trompera pas."
Moi, inquiète : "Pourquoi, t'as jamais été dans ce supermarket???"
Daddy, flegmatique : "Sisi, plein de fois, je connais la route par coeur!"
Moi, résignée : "Ah bon, ok."
C'est parti ! Le moteur ronronne, et un silence expectatif règne. Où allons-nous atterrir?? Une chose est sûre, la dame GPS nous prend PAS DU TOUT pour des cons :
"Préparez-vous à tourner...à droite... (gros coup de frein de Daddy)...dans 200 mètres !"
Arfff, bedide farceuse!!!
C'est comme pour les rond-points : Avec le GPS, il faut se "préparer" à prendre le rond-point.
Dans 800 mètres...
Dans 700 mètres...
Dans 600 mètres...
etc...
Dans 10 mètres...
Du coup, c'est devenu un jeu. Quand nous arrivons aux fameux rond-points, j'exhorte Daddy à se préparer mentalement pour cette épreuve psychologique. "Attention, 'pa, fais gaffe, le rond point!!! Ca y est, t'es prêt?? Nan, passque si tu prends la mauvaise sortie, tu risques de subir un traumatisme irréversible!!"
Pôpa supporte sans broncher mes remarques narquoises, pour finalement admettre que effectivement, ce GPS, c'est bien une bonne femme. Bavarde et chiante.
Et moralisatrise, pour couronner le tout. Car figurez-vous qu'à chaque tentative de Daddy pour faire péter le turbo-diesel, Madame GPS a joué la trouble-fête :
"Attention, vous dépassez...la limite...autorisée!!"
Je crois que ça a vraiment énervé Daddy, car subitement, ses mains se sont crispées autour du volant, et il a accéléré comme un malade. Et vazy, 120 à l'heure, on va pas se laisser commander par une bonne femme quand même, et paf, le flash !
Commentaire laconique de Mme GPS : "Je vous avait prévenu!!"
Lorsque j'ai voulu m'allumer une cigarette, la même voix :
"Fumer est...mauvais!"
Je crois que c'est la seule et unique fois que j'ai vu Daddy se retenir de faire des prouts dans la voiture. Comme quoi, la dame a quand même une certaine autorité. En tout cas, Daddy fait tout ce qu'elle dit !
Par exemple, à l'entrée de Lanester, il y avait un énoooorme panneau : "LeClair - tout droit à 2 minutes"
J'ai dit à Daddy : "Cool, fastoche, c'est toujours tout droit!"
Mais Mme GPS n'était pas du tout de cet avis : "Prenez la prochaine...à gauche!"
Devinez qui Daddy a écouté...?!
Du coup, j'étais quand même passablement énervée, et j'ai demandé "Ben pourquoi t'as tourné, là, le panneau il disait tout droit!!!"
Daddy, impassible : "Je suis le GPS."
Moi, toujours résignée : "OK, donc si le GPS te dit de prendre le mur en face, tu fonces, c'est ça??"
Daddy (à la recherche d'un argument) : ... ... ...
Finalement, nous arrivons au centre ville.
Et là, Daddy vachement content : "Rhââhhhh, tu vois qu'il marche trop bien mon GPS, vla qu'on est arrivés au centre ville. Je vois vraiment pas pourquoi tu t'énerves, c'est bien ce qu'on avait programmé, nan???"
Glurps...
GPS pour Grand Papa Stupide ?
Bah, allez, GPS pour Grosse Poilade du Samedi !

mardi, 23 janvier 2007

10 clichés allemands

Demain, c'est la journée franco-allemande. Et d'ailleurs, toute la semaine, l'amitié entre ces deux pays est mise en avant au moyen d'actions les plus diverses. Tables rondes, conférences, inauguration d'un site franco-allemand... C'est l'occasion aussi pour nous, professeurs d'allemand, de reprendre, comme chaque année, notre bâton de pélerin, afin d'aller à la chasse à l'élève, le débusquer dans les recoins les plus sombres des écoles primaires, à coup de promesses racoleuses (l'allemand c'est facile, ça ressemble à l'anglais), de séances d'initiation ("Wie heisst du ?" "Ich Aïsseuh Brandon/Kelly/Brian..."), et d'initiatives louables de la part des collègues (désespérés) volontaires et dynamiques.
Pour moi, ce sera l'occasion de rétablir ENFIN la vérité à propos de certains clichés tenaces. Profitez-en pour poser vos questions, vous avez sous la main une authentique représentante de la nationalité allemande !

Bien. Commençons immédiatement par l'idée reçue n°1, celle qui alimente tous les fantasmes masculins : les allemandes ne s'épilent pas. FAUX ! Pour preuve, mon mollet lisse comme la peau du nourrisson, que je vous donne à tâter. Vous n'avez pas d'écran tactile ? (Dommaaaaage...) Heureusement...mgnnnnnn...
Idée reçue n°2 : les allemands mangent de la charcuterie au petit déjeuner. Alors déjà, il faut redéfinir la notion de "charcuterie". Si c'est un saucisson bien gras, c'est non. Si c'est une maigre tranche de jambon, c'est oui, mais seulement le week-end, et en plus c'est recommandé par les nutritionnistes. Et puis d'abord, au petit-déjeuner, on mange du fromage, des oeufs, plein de tartines. Ca s'appelle un brunch, et c'est très hype. Je rappelle en outre que les belges, eux, petit-déjeunent à coup de sardines, de celeri-mayo et autres mets hautement ragoûtants...
Idée reçue n°3 : les allemands sont tous blonds aux yeux bleus. Encore faux ! J'ai moi-même les cheveux couleur des blés et le regard azur. Rien à voir ! (inciter inconsciemment le jury à voter pour moi.......)
Idée reçue n°4 : les allemands ont l'humour salace, et rient fort en se tapant sur la cuisse. Quelle accusation honteuse ! Avez-vous déjà trouvé UNE SEULE note scatologique ici, WAHAHAHAHAAAARFFFFFFF??? (tap tap)
Idée reçue n°5 : les allemands, quand ils vont au sauna, ils sont tout nus. Ben quoi, vous aimez transpirer sous le polyester du maillot, vous ? Non, les allemands sont nus TOUT LE TEMPS : à la plage, dans les vestiaires de la salle de sport, sous leurs vêtements...
Idée reçue n°6 : les allemands sont gros. Pfffff, rhôôhhhh, franchement, c'est juste qu'on a un indice de masse corporelle légèrement supérieur à 18 !
Idée reçue n°7 : les allemands ne boivent que de la bière. Non, ils boivent aussi du Schnaps, du vin blanc du Rhin, toute sorte de gnôle maison... Personnellement, je ne crache pas sur un bon petit Graves, ou Saint Emilion, mais bon, c'est de la "déformation résidentielle"...
Idée reçue n°8 : les allemands parlent une langue incompréhensible. Faux!!!!! Mais un élève qui parle allemand, CA, c'est incompréhensible !
Idée reçue n°9 : les allemands aiment manger de la choucroute. Jamais vu de choucroute en Allemagne, moi. Et puis d'abord, c'est alsacien, non? Par contre, les allemandes de l'ex-est aiment beaucoup la choucroute...sur leur tête, maintenue par un élastique rose-fluo.
Idée reçue n°10 : Les allemands font attention à leur environnement. Vous trouvez ça beau, vous, des rangées de poubelles de toutes les couleurs devant chaque maison, et les paysages éoliens façon Télétubbies à tous les coins de verdure ?

Voilà, chers lecteurs, j'espère qu'à présent, vous avez de l'Allemagne et des allemands une idée toute neuve...!

dimanche, 21 janvier 2007

Tu enfanteras dans la douleur

Donc voilà, j'ai 32 ans, toutes mes dents, un mec, un chat, un découvert bancaire, un appart loué, pas d'assurance-vie, j'ai passé le Capes à 30 ans, donc peut-être que, effectivement, je suis en retard. Surtout pour certaines étapes-clé de la vie normative, et notamment celle qui se passe à 29,7 ans en moyenne, à savoir mettre au monde une adorable progéniture, qui fera le bonheur de ses profs 12 ans plus tard.
Seulement voilà, ben moi, mon instinct maternel d'aujourd'hui, il se limite à mes classes, et d'ailleurs, hein, quand on voit certains spécimens de procréation qui sévissent là-dedans, ça fait froid dans le dos et ça endort les ardeurs...!!!
Bon, je ne dis pas que ça ne me prendra pas un jour, genre juste avant la ménopause, mais là, non, franchement. Mes copines qui pondent leur premier me regardent, le regard vague du chamane qui vient de faire une near-death-experience, et se lancent dans des tirades sirupeuses et larmoyantes, dans le style "ma vie a changé, tu ne peux pas comprendre". Et de se perdre dans l'admiration de cette petite chose hurlante qui, ma foi il faut bien l'avouer, a la tête un peu en forme de poire et la jaunisse du nourrisson.
Mes copines de beuveries étudiantes sont sagement réunies dans le salon, en rang d'oignon sur le canapé, et pendant que Clara joue sur le super-tapis-d'éveil-en-salopette-de-créateur-pour-enfants, il faut regarder les dernières vidéos de ladite Clara, écouter la compil de ses rots en mp3 sur le I-pod, et regarder le diaporama de ses siestes en grand écran... Déjà, je me sens vaguement nauséeuse.
Mon entourage, qui de par cette maternité, est devenu plus attentif à l'autre, ne manque pas de remarquer mon teint verdâtre, et me demande, plein d'espoir :
"T'es enceinte...?!!"
Surtout depuis que j'ai arrêté de fumer. C'est vrai que j'ai maintenant un charmant petit ventre, des joues rebondies, le teint plus rose, bref, j'ai l'air épanoui et je ne m'en plains pas, même s'il va falloir prévoir quelques achats vestimentaires dans la taille au-dessus. Bah...
C'est là qu'on peut mesurer le degré de tact des autres. Par exemple, à une bonne amie, je n'hésiterais pas à dire "dis-donc, t'aurais pas un peu grossi, non ?". C'est pour son bien, après tout, hein?? Par contre, JAMAIS, au grand jamais, je n'oserais asséner : "dis-donc, tu serais pas enceinte??"
Car en clair, cette question sous-entend : "Est-ce que t'as couché avec ton mec?" ou pire "Est-ce que tu serais assez gourde pour avoir tout les symptômes évidents d'une grossesse, et t'en apercevoir après nous ?, voire "Tu nous fais un déni de grossesse mais...on est pas dupes, nous!!!"
Et me voilà obligée de me justifier :
"Ben non, tu vois (sous entendu : je n'ai peut-être PAS couché avec mon mec) j'ai juste abusé du chocolat pour compenser la clope, et je m'en porte très bien, merci!"
Un collègue rencontré lors d'un apéro s'est jeté sur moi en disant : "Rhââââ, tu rayonnes, cet air épanoui, ces formes sulfureuses....(je commence à défaillir)....tu es LA femme par excellence et blablabla....tu ne serais pas enceinte par hasard?"
Grosse chute, massue de 10000 tonnes...
Une vague discussion entre potes, au bar. "Ben JPADPS, ça va en ce moment ?"
Moi : "Ben woui, à part cette fatigue qui me prend tout le temps..."
Tous : "Aaaah...ahhhh (air conspirateur)....t'as pris du poids, t'es fatiguée (gros clin d'oeil)...c'est pour quand???"
Desespérant!!!!!
Sans parler de ma mère qui :
- Quand je l'appelle avant 9 heures du matin, croit que pour appeler si tôt, c'est que je dois avoir une grande nouvelle à annoncer. Par exemple (à tout hasard) : une grossesse ?
- Va dans les magasins de layette et me demande si elle doit acheter cette petite grenouillère si mignonne, et la garder au chaud pour plus tard, tu sais, quand...
- Me parle de ma copine de collège, qui était déléguée avec moi, et qui attend son troisième.
Et le pire :
En réunion familiale, quand y'a toujours une tante ou une cousine (tiens, bizarre, ça vient toujours des femmes) pour demander, la bouche en coeur : "Et voussss, c'est pour quaaaaand??"). Le gros silence gêné qui suit et ses regards pleins d'espoirs braqués sur la pauvre nullipare que je suis sont toujours un grand moment de solitude.
Moi, je crie à la conspiration, et je demande la libération des trentenaires de l'obligation d'enfanter. J'ai lu récemment sur un blog que les plus-de-trente-ans sont toutes à la quête d'un géniteur potentiel, comme le lapin de Alice au pays des merveilles, qui tient son horloge biologique en courant, et qui halète "en r'tard, en r'tard, j'ai rendez-vous quelqu'part"
Eh bien, non, ce n'est pas vrai, il existe aussi des trentenaires qui, tout en adorant les gamins (des autres) n'ont pas forcément envie de s'y coller immédiatement.
A bon entendeur...

mardi, 16 janvier 2007

La prof fait ses courses

À l’heure où j'écris, je suis passablement éméchée... hirrrpsssss... et cela est bien !
Aujourd'hui est arrivé ce qui devait arriver depuis longtemps...
Ceux qui suivent ce blog depuis longtemps savent que je passe en moyenne quatre heures dans les trains. Par jour, ouioui... Or, train=attente sur les quais. Alors, j'ai décidé de rentabiliser... (ohlalaaa, je suis plus éméchée que je le pensais...) Donc, quand j'ai terminé les cours, j'en profite pour faire mes courses. Hips.
Ben oui, un prof, ça fait des courses. Que croyez-vous?? Et quand on fait ses courses, parfois, on achète des choses pas très glamour. Par exemple, du produit vaisselle, ou une boîte de tampax. Et alors, la hantise, c'est de tomber sur... des élèves. Genre à la caisse avec le produit vaisselle et les tampons maxi-plus bien en évidence. Et des ricanements adolescents en arrière-plan... J'ai résolu le problème en (me servant un dernier verre) achetant certaines choses en pharmacie exclusivement. Et lorsque je fais mes courses en attendant le train, vous trouverez dans mon caddie des choses très professoralement-corrects. Un cahier à spirales. Le dernier Libé. Une bouteille d'eau.
Sauf aujourd'hui. J'avais un dîner, avec un certain Gonzague, je rentrais trop tard pour passer au Champion du coin... et j'avais deux bouteilles de vin à acheter... Je vous laisse deviner ce qui s'est produit...(hips)... Alors que je n'ai JAMAIS croisé d'élèves, ben là, avec mes deux bouteilles et rien d'autre, hop, TROIS élèves...
Ma réputation est fichue...
Désormais, je n'irai plus qu'au supermarché du quartier... Parce que le supermarché du quartier, en plus d'être, comme son nom l'indique, dans mon quartier, vient d'inaugurer un système qui va révolutionner l'art de faire ses courses, j'ai nommé : les caisses autonomes...
La caisse autonome, c'est une caisse où l'on passe ses produits soi-même. C'est un gain de temps formidable. En théorie. Car à la CA (caisse autonome), on ne peut décemment pas dire que la queue est moins longue qu'à la caisse de Marie-Jo, la caissière la plus expérimentée, celle qui passe 3 clients en 1 heure... Ensuite, le système de la CA n'est pas encore très au point, ce qui signifie qu'à CHAQUE client, ça merde, pour parler vulgairement (moi, quand je dois faire la queue, je deviens vulgaire très rapidement). Soit le client n'arrive pas à "passer" le produit, soit c'est la carte bleue qui rechigne, ou alors, et c'est le cas le plus fréquent, le client paye avec un misérable billet de 5 euros tellement chiffonné que la machine le rejette impitoyablement...
Mais comme le supermarché du quartier a une stragétie, euh une statrégie, ah ben zut alors, je vais me resservir un verre, une... (on respire) stra-té-gie très étudiée, pour pallier à tous ces problèmes, je vous le donne Emile, les caisses autonomes sont gardées par... DEUX caissières professionnelles...
Faudra m'expliquer................

samedi, 13 janvier 2007

Quand une prof fait les soldes...

Après Noël et sa frénésie consommatrice, vient le mois de janvier et l'évènement majeur qui l'accompagne : les soldes. Aaah, les soldes... rien qu'à l'évocation de ce mot, des centaines de personnes seraient capables d'aller porter leur grand-mère chez cash-converters, histoire de pouvoir s'offrir ces converses colori-année-2005 à 60 euros au lieu de 69...
Lorsque les commerces rangent les sapins et les guirlandes, et qu'ils affichent leurs panneaux prometteurs à 7O%, c'est la ruée générale vers les bacs, les portants, les étagères, les fonds de tiroir... et même la cadrette très digne et bien élevée se transforme en harpie sanguinaire, lorsqu'il s'agit de rafler le dernier top noir Zadig&Voltaire en taille 36.
medium_blythe1.jpgEvidemment, je suis la première à courir les magasins, mais attention, avec la classe, s'il vous plaît, et sans tomber dans les pièges savamment élaborés par des directeurs marketing désireux d'exploser leurs objectifs de vente. Car il ne faut pas se leurrer : rien n'est donné, rien n'est gratuit, et même quand vous êtes persuadés d'avoir fait une bonne affaire, il ne faut pas oublier que c'est la caisse du commerçant qui fait gling-gling, alors que vous, c'est votre téléphone qui fait gling-gling, avec au bout du réseau votre conseiller banquier légèrement énervé.
medium_blythe4.2.jpgL'année dernière, alors que ma carte bleue menaçait d'être avalée à chaque retrait, et qu'à chaque achat, je suais à grosses gouttes en attendant que le fatidique message "paiement refusé" s'affiche en gros sur la caisse du Champion, avec en prime le regard méprisant des autres clients et de la caissière, je n'ai pas manqué à cette tradition bi-annuelle qui consiste à acheter des trucs qu'on aurait jamais acheté s'il n'y avait pas eu la petite étiquette avec le prix barré...
medium_blythe5.jpgOui, ils sont malins, dans les magasins. 1ère, 2ème, 3ème démarque, et les étiquettes s'allongent au fil des semaines, pour vous faire croire que le T-shirt acheté 15 euros en coûtait initialement 45...
Alors que les soldes sont là soi-disant pour écouler les invendus, on remarque que bizarrement, les rayons sont remplis de trucs qu'on avait jamais remarqué avant.
Alors, la méthode infaillible consiste à repérer LA fringue AVANT les soldes, et à commettre l'exploit de résister jusqu'au dernier jour, en priant pour que personne ne soit assez idiot pour l'acheter avant vous.
Et puis surtout, toujours se demander : Est-ce que j'aurais acheté ce machin à prix fort ? Si la réponse est non, reposez tout de suite cette fripe déjà démodée, avant qu'il ne soit trop tard.
Car finalement, et concrètement, acheter un pull en solde, c'est quoi ? C'est tout simplement acheter un pull qui date de la saison passée, voire de l'année dernière, et que PERSONNE n'a voulu... Vous avez envie, vous, de vous ballader avec une fringue que tout le monde a dédaigné??? Ben moi, non.
medium_blythe3.jpgAlors, cette année, j'ai changé de tactique, en joignant l'utile à l'agréable. Je suis allée faire mon shopping-au-rabais à Anvers, là où je ne connais pas encore par coeur le stock de la moindre petite boutique.
Du coup, Babe et moi, accompagnés pour l'occasion de belle-maman, sommes partis à l'aube pour la Belgique, armés de nos cartes bleues prêtes à flamber, de l'enveloppe de Noël de Daddy et Mom, et d'un city-guide très explicatif. En bon shopping-addicts avertis, nous sommes entrés direct dans LA boutique fashion de la ville, sans nous encombrer de détours inutiles dans les grandes chaînes de vêtements bien trop bassement populaires pour les gens hautement classieux que nous sommes.
J'ouvre ici une petite parenthèse pour vous faire profiter, ô lecteurs chanceux, de notre grande expérience, afin que vous aussi, vous sachiez reconnaître infailliblement une boutique fashion.
La boutique fashion, déjà, elle a un nom qui jette. "Modetempel" en Allemagne, "People" ou "Mood" dans le 59-62, ou "Fish and Chips" à Anvers.
medium_blythe2.jpgLa boutique fashion est facilement repérable aux basses de techno qui s'en échappent. Non, chers lecteurs, il n'est pas 3 heures du matin, vous n'êtes donc pas devant les portes d'une discothèque, mais bel et bien devant... LA boutique fashion!!!
Lorsqu'on entre dans la BF (boutique fashion pour ceux qui suivent pas), on est immédiatement frappé par la déco super seventies, les fauteuils, les piles de magazines, la boule à facettes, par le DJ qui mixe dans un coin, par les mecs super classes, les nanas bien foutues qui y plient les jeans, par la clientèle hautement branchée, et, bien sûr, par le foisonnement impressionnant de fringues top délires non pas accrochées ennuyeusement sur des cintres comme dans n'importe quel Pimme-qui lambda, mais exposées savamment ci et là, à tel point qu'on se croirait à une expo d'art contemporain.
La BF se distingue aussi par le fait que les vendeurs et vendeuses vous foutent la paix. Ils ne viennent pas vous harceler dès que vous vous approchez d'un jean à moins d'un mètre. Ils ne vous suivent pas à la trace pour replier immédiatement et en soupirant tout ce que vous aurez déplié. Ils ne vous demandent pas à l'entrée de la cabine combien d'articles vous comptez (voler) essayer, ne vous collent pas une espèce de grande languette en plastique avec le nombre d'"articles" annoncé par vous, et puis surtout, quand vous sortez, dépitée, de la session essayage de slim, ne vous assomment pas de la phrase qui tue : "Ca a été ?"
medium_blythe6.jpgEuhhh.... non, mademoiselle-taille-34, je suis bien obligée d'admettre que mes excès de Noël m'empêchent à tout jamais d'entrer dans ce jean dans lequel je n'ai même pas pu glisser mon mollet...
Non, les vendeurs et vendeuses de BF vous accueillent d'un discret et bienveillant sourire, montrant ainsi qu'ils vous autorisent à fouiller à loisir, et qu'ils sont disponibles pour aller vous chercher la pièce qu'il vous faut. Ils vous donnent l'impression que vous êtes vous aussi super belle, et que les fringues vendues ici ont été affrêtées spécialement pour vous. Par là, ils se démarquent aussi des boutiques de luxe où, même dans vos bons jours, fraîchement brushée et maquillée, vous avez l'impression d'être un gros boudin, et de pénétrer dans la Cité Interdite...
Dans la BF, même le samedi après-midi, tout est toujours rangé-dérangé comme il faut, pas comme dans les vulgaires magasins Hache&Aime, Zaraf et Banco, où passé 10 heures du matin, vous avez l'impression de vous trouver sur les lieux de l'explosion de la bombe H.
Eh non, dans la BF, pas de montagnes de vêtements poussiéreux tombés des cintres, pas de couleurs douteuses, de traces de fond de teint, d'odeurs de transpiration, de caquetements hystériques de filles en bande, de vendeuses stressées arborant toutes le même t-shirt imprimé "soldes en folie!!!".
Enfin, dans la BF, vous faites de véritables bonnes affaires. Et en plus, à votre taille! Une fois que vous avez trouvé la petite robe qui fera mourir de jalousie vos copines moins fashion que vous, vous n'aurez pas à faire la queue pendant une heure pour aller régler vos achats, la fille à la caisse vous regardera en souriant, d'ailleurs, vous n'aurez même pas l'impression de payer.
medium_blythe.jpgJe referme cette parenthèse, ô lecteurs désormais avertis, pour répondre à la question qui, j'en suis sûre, vous brûle les lèvres : Alors, cette session shopping-belge, elle s'est finie comment ?
Passé le premier moment d'égarement, où Babe et moi avons chargé belle-maman de tous les vêtements que nous pouvions attraper, puisqu'ils étaient tous "troooooop tooooooop!!!!!!!", nous avons réalisé à quel point notre comportement était vulgaire, et déplacé, en ce haut lieu de la branchitude anversoise, et nous avons sagement essayé chacun quelques pièces-phares de la collection printemps 2007...
Eh oui, chers lecteurs, vous avez bien lu : de la collection printemps 2007... Car le véritable intérêt des soldes, c'est bien sûr de découvrir les nouvelles tendances, d'oublier que dehors, il fait encore 5°C, et de rafler les plus belles fringues AVANT tout le monde. Afin d'être au top de la branchitude... !

mercredi, 10 janvier 2007

Galette des rois, galère sous les toits...

Je ne sais pas, vous, mais moi, quand on mange la galette, j'ai TOUJOURS la fève.
Bon, quand j'étais petite, c'était normal. On allait chez la voisine qui avait une grosse horloge dans son hall d'entrée qui foutait trop les chocottes, et on mangeait une bonne galette self-made. Comme j'étais encore dans le quartier la seule représentante de la population de moins d'un mètre, j'étais gâtée. Du coup on me demandait de disparaître sous la table, et pendant que j'essuyais le parquet avec ma salopette, la voisine glissait fébrilement la fève dans MON morceau, sous l'oeil bienveillant des autres adultes présents. Comme j'étais innocente, à l'époque, et naïve aussi, lorsque mes quenottes butaient sur le petit santon en plastique, pour croire que c'était le fruit du hasard...
Ensuite, l'affaire s'est corsée. Une fois par an, je mangeais la galette à l'école, avec tous mes camarades de classe. Pour cette occasion, nous allions squatter l'école maternelle, qui possédait une grande salle, et nous recevions chacun notre tour une belle part de galette pur-beurre-sans-frangipane estampillée éduc'nat'. En clair, un infame amas de pâte feuilletée toute sèche qui tombait en miettes dès qu'on croquait dedans. Et là, j'avais tout de même 25 concurrents qui s'attendaient tous, comme moi, à trouver le précieux sésame au creux de la pâte. Chaque année, ça ne loupait pas : je finissais avec la fameuse couronne en carton doré sur la tête, et 25 paires d'yeux jaloux.
Puis, les années se sont suivies sans se ressembler, les convives épiphaniens se sont succédés, les fèves se sont diversifiées mais, invariablement, c'est à moi que revenait la couronne.
J'ai mangé ma première galette en amoureux, je l'ai moi-même coupée pour conjurer le sort. Paf, la fève.
J'ai mangé une galette géante avec 11 copains, et dans la part minuscule que je m'étais octroyée...la fève !
A la boulangerie du coin, en Janvier, le chausson aux pommes est remplacé par une petite galette individuelle. Pendant tout ce temps, j'ai une fève par jour. Toute la collection et des doublons...
Du coup, j'en ai acheté une plus grande, pour quatre personnes, que je voulais manger en 4 jours. Le premier jour, je vous le donne Emile : la fève !
J'ai mangé une autre galette avec les mêmes copains...re-fève. Seulement, on m'a accusé de tricherie. Surtout que, grande gueule que je suis, j'avais clamé à qui voulait l'entendre que je l'avais toujours, cette fichue fève. J'ai eu beau clamer mon innocence, à partir de ce jour, on m'a regardé de travers.
Alors, l'année suivante, alors que nous étions tous réunis autour d'un beau spécimen de pâte feuilletée, et que je m'apprêtais à découper la chose en priant pour ne pas tomber sur le maudit santon, un des copains me prit le couteau des mains :
"Nan nan nan, on te connais, t'as repéré avant où elle était, et tu vas rafler la mise !"
J'étais estomaquée devant autant de médisance injustifiée...
Puis, chacun devait se servir LUI-MEME sa part, afin d'être sûr qu'aucune influence métaphysique ne vienne troubler le cours du destin. Avec une précaution exagérée, on me reserva la dernière part. Un deuxième copain dit : "Hin...hin...hin... alors là, si tu l'as, y'a un problème !"
Il y EUT un problème : alors qu'il ne me restait que 3-4 bouchées de la part que j'avais difficilement engouffrée sous l'oeil inquisiteur de mes potes, et que j'attaquais à présent le bord de la galette (dans lequel on ne met JAMAIS la fève), CRAC ! j'ai senti un truc dur sous la dent...
Depuis, plus personne ne veut fêter l'Epiphanie avec moi.
Sauf mon fidèle Babe...
La galette 2007, je l'ai achetée amoureusement dans la boulangerie la plus chère et la plus glamour de Lille. Même qu'ils font eux-mêmes une frangipane qui fond toute seule sur la langue...miam ! J'ai coupé une part pour Babe, et une part pour moi. Au moment d'attaquer la galette, Babe a eu comme un doute.
"Fais voir ton assiette...?!" qu'il a dit. Pendant 5 minutes, il a soupesé minutieusement les deux parts...inspecté scrupuleusement les bords, à la recherche d'un reflet suspect...puis, il a décrété que, comme par hasard, MA part était plus lourde. Résignée, je lui ai laissé cette part, et ai pris la sienne.
Devinez qui porte la couronne...?

dimanche, 07 janvier 2007

La thérapie par la régression

Dans moins de 48 heures, je vais devoir revêtir mon tailleur de prof, reprendre mon cartable plein à craquer de tentatives d'éducation version 2006, remettre mon masque de dragon, rajouter à mon trousseau de clefs celles du lycée. et puis surtout, je vais pouvoir, en une heure, annihiler tout le stock de zen-attitude accumulé au cours des derniers 15 jours...
...alors qu'il y a encore moins de 48 heures, j'étais tranquillement vautrée chez Mom et Daddy, savourant sans limites ma condition de fille unique, mes frères voguant déjà vers d'autres horizons.
Chez Mom et Daddy, c'est trop bien. Déjà, c'est en Bretagne, à un endroit où beaucoup de touristes payent très cher pour y passer des vacances. Ensuite, chez Mom et Daddy, on mange bien, on boit bien. J'ai envie de foie gras, hop, 20 toasts de foie gras. J'ai envie de fruits de mer, hop, un petit plateau. Quand je me lève le matin, mon café est prêt, y'a ma confiture préférée et des bretzels ramenés exprès d'Allemagne par Môman.
Chez Mom et Daddy, je peux téléphoner gratos à tous les copains que j'appelle jamais parce qu'ils habitent aux Etats-Unis ou en Australie. J'ai une chambre gigantesque avec un lit king-size pour moââ toute seule, et une salle de bains pareil. Dans la douche, y'a de la pression. A fond. Du coup, je suis toute propre...! Avec Mom, on peut faire du shopping et revenir avec plein de nouvelles fringues, sans avoir à sortir la carte bleue. Y'a un sapin qui ne clignote pas, avec des montagnes de cadeaux.
Avec Daddy, on boit du bon vin millesimé, jusqu'à monter les escaliers en zigzag.
Comme on ne se voit pas souvent, on se rattrape, on est contents de se voir.
Avec Daddy, on a des discussions passionnantes, qui ont l'avantage d'aborder toujours les mêmes thèmes. C'est reposant pour l'esprit. Les thèmes de prédilection de Daddy sont : les gens-qui-profitent-du-système, la réussite professionnelle, et puis surtout, thème numéro 1 : "der Speiseplan"!!!!! Pour les non-germanistes, c'est une activité de réflexion intense au cours de laquelle la famille, assise à la table de la cuisine, élabore le menu des 5 prochains jours. Ce brainstorming est généralement suivi d'une virée-caddie au Géant de Lorient, après laquelle on pourrait croire avoir affaire à une famille nombreuse. Généralement, j'aime bien accompagner ces sorties, puisque j'ai le droit de remplir le chariot avec l'intégralité du rayon chocolat / gâteaux. Bon, évidemment, il y a toujours le passage un peu délicat à la caisse, où Daddy fait péter la CB avec un air de martyr, et moi, en bonne fille consciencieuse et aimante, je culpabilise en visualisant la maigre retraite de mon géniteur qui vient de partir en fumée.
A môman, je peux donner mon linge qui pue, pour le récupérer le soir même, repassé et fleurant bon le minidou... Le jour, on fait des virées sympa dans les environs, on va respirer l'air marin et écouter la houle qui se fracasse sur les rochers. Le soir, on passe des soirées de folie, en compagnie des valses viennoises d'André Rieu et de films d'amûûûrrrr, avec chacun un chienchien à sa mémère sur les genoux.
Parfois, nous avons des légères divergences d'opinion. Par exemple, je suis persuadée qu'il faut écouter le dernier DVD de Rammstein à fond la caisse, et que ce groupe est bon pour exorciser l'agressivité accumulée (en salle de cours, par exemple...)... Seulement voilà, Daddy arrive pile poil au moment où le chanteur crache du feu sur la scène, le corps recouvert de sang, et que le public tire la langue à la caméra en faisant des gros doigts... Alors, Daddy décrète que c'est de la musique de dégénérés... Une honte, la décadence de la jeunesse, pas étonnant qu'ils vont brûler des voitures, après ça. Du coup, je ne suis pas contente, et je monte le son. J'ai 15 ans, grand maximum. Maman arrive, regarde en secouant la tête, et, d'un air vexé, retourne dans sa chambre écouter Joe Dassin ("Cho Tassin", avec l'accent allemand). Daddy, quant à lui, se réfugie dans le bureau, et lit son journal on-line...
Du coup, je suis toute seule, j'ai plus personne à provoquer. Alors, j'appuie sur "stop" et je remballe mon DVD... Et hop, Daddy réapparaît : "Tu me feras le plaisir de visionner le reste de ce DVD chez toi!!!"
Rhalalaa... que c'est bon d'avoir une famille...
Vive les prochaines vacances...demain, je serai de nouveau de l'autre côté de la barrière. Je donnerai l'exemple. Je serai instruite et sérieuse. Je serai la collègue idéale. N'empêche, sous mon tailleur BCBG, et mon pull cachemire, j'aurais, comme toujours, mon T-Shirt noir, celui avec la tête de mort...

samedi, 06 janvier 2007

Un voyage très paisible

Hier, à 7h30 pétantes, je me trouvais dans le TGV Lorient-Lille, la tête dans le gaz, avec mes 300 valises annexes remplies de cadeaux de Noël et de gâteaux. Le wagon était agréablement vide, j'étais assise à ma place préférée (les 4 en vis à vis où l'on peut bien étaler ses jambes), et le ronronnement style berceuse de la locomotive laissait présager que j'allais bientôt pouvoir tranquillement finir ma nuit. Presque trop beau pour un vendredi de fin de vacances. Et effectivement, à peine avais-je fermé les yeux qu'un ramdam insupportable me fit me redresser d'un coup : un type venait d'arriver, style jogging crème taille XXXXXXL, casquette, lecteur MP3 marque Lidl vissé aux tympans. Il était accompagné d'un énoooorme sac de sport qui semblait avoir déjà bien vécu, et ce sac devait maintenant être hissé dans l'emplacement prévu à cet effet. Cela ne se fit pas sans encombres, et c'est seulement au bout d'une lutte acharnée de 3 minutes que le mec s'est laissé tomber dans son siège avec un gros "HANNNNN". "tss tss tss tsstsss tss tss tsstsstsstss"...faisaient ses écouteurs... Ah ! Un amateur de techno... Thunderdome ou un truc dans le genre... Bref. Alors que j'essayais d'atteindre à nouveau la douce torpeur de tout à l'heure, re-ramdam. Le type essayait à présent de trouver LA position idéale, celle dans laquelle il arriverait à tenir sans bouger plus de 30 secondes. Mission impossible. Et tout ça accompagné de tics certainement dus à l'écoute incessante de ce qui transperçait de ses écouteurs. Et vazy un pied sur le siège d'en face, le bras sur l'accoudoir, et vazy nan, on change de pied, puis de bras. Et vazy qu'il se rend compte qu'il a oublié son magazine dans le gros sac, donc redescente dudit sac, bruit de zip, bruit de magazine, bruit de zip et HANNNNNNN, on remet le sac là où il était. Et on se remet à la recherche d'une position confortable. J'essayais de faire abstraction, mais ce type, rien que par sa présence déjà, était énervant. A chaque fois qu'il bougeait, j'avais l'impression qu'on jouait de la guitare avec mes nerfs...
J'ai oublié de préciser que le gars n'était pas venu seul à la gare. Non, il était accompagné d'un être de sexe visiblement féminin, au brushing hasardeux et qui transportait sous le bras un genre de yorkshire bon marché au ruban rose. Les adieux avaient été déchirants, j'avais assisté à la scène, le regard goguenard. La fille était triste, ça oui, et le mec aussi. Snirrfffflllll. Mais j'avais noté avec une certaine satisfaction que, aussitôt que le train était parti, le mec avait troqué son air larmoyant contre un autre beaucoup plus cool, genre "ahh, enfin, je vais pouvoir mater tranquillos mon auto-moto magazine." En ce qui concerne la nana, connaissant les nanas (faisant moi-même partie de cette espèce), je l'imaginais en train d'errer sur le quai de la gare, et se mouchant dans le yorkshire...
Tout ça pour dire que à peine 5 minutes après le départ du train, alors que j'avais réussi à intégrer son mec bruyant et remuant dans mes tentatives de recherche de sommeil, un portable se mit à sonner de façon super agressive. Agressive comme la couleur du brushing de la nana au yorkshire... GUEULING GUEULING GUEULING!!!
Ca devait être un truc du style "mon chéri, tu me manK trop, jte kiff grav, reviens STP!!!"
Aussitôt, le type s'est mis à tapoter frénétiquement son clavier. La réponse ne s'est pas fait attendre longtemps : GUEULING GUEULING GUEULINGGGG!!!!
Et voilà comment j'ai assisté, pendant une heure, à un roman portable-épistolaire, releguant aux oubliettes mon envie (mon BESOIN) de dormir.
Puis, sans que je m'en rende compte véritablement, le bruit a cessé, le wagon entier s'est endormi, et moi avec. Pendant... 15 minutes...
"Mesdames et messieurs, notre train arrive en gare de Rennes. Rennes, 10 minutes d'arrêt !"
Et là, j'ai halluciné : j'avais jamais vu un quai aussi bondé ! Des jeunes, des vieux, des familles, des animaux... En l'espace de 30 secondes, le wagon fut rempli à craquer des spécimens d'humains les plus divers, d'odeurs de sandwiches, de portables qui sonnent, d'ordinateurs, de mains qui s'agitent vers ceux qui restent, de chiens, de chats, de tamagoshis, de magazines people. De valises de toutes les tailles, de toutes les couleurs, qu'il faut caser quelque part. De paniers, de sacs plastiques, de sacs à dos, de sacs à main. De mères tenant à la main leur unique rejeton, et qui toisent le wagon d'un air supérieur. Attention, voilà l'avenir de la France, merci de faire place.
Avec la chance que j'ai, c'est bien sur un spécimen de la dernière sorte qui a pris place sur les sièges en face de moi, avec ledit rejeton sur LE siège devant moi.
Elle, c'était le modèle cadrette en voie de mémérisation, primipare à l'âge de 38 ans, et à qui les joies de la maternité on fait prendre un coup de vieux subit. Le gamin, lui, c'était dans le genre qui mesure pas encore un mètre, mais dont la volonté arrive déjà à des sommets himalayesques...
Ils ont pris place, non sans se relever moult fois pour rechercher des objets nécessaires à leur survie durant le voyage. Puis, la maman, très sûre d'elle, a pris mon minuscule sac à dos, dans lequel j'avais mis mon i-pod, mon sandwich et mon livre, pour le poser... par terre ! Evidemment sans un regard pour moi. Sous mon regard incrédule, ma tablette se remplit de boîtes d'oeuf kinder, de livres style "Martine à la mer", d'un doudou plus que douteux, et bien sûr, l'indispensable biberon. Moi, je me suis emparée de mon sac à dos, pour le poser démonstrativement sur mes genoux, mais personne ne m'a accordé la moindre attention. Le gamin s'est immédiatement emparé des oeufs-surprise, qu'il a tous ouverts en même temps. Parfois, il consentait à manger un bout du chocolat, mais la plupart du temps, ledit chocolat a fini par terre, tout mouillé de bave. Certains morceaux ont fondu sur la tablette, certains ont atterri sur mon jean de créateur. Tout cela sous l'oeil attendri de la maman.
Puis, y'a eu la surprise, enfin plutôt LES surprises, puisque le gamin en a eu 6 d'un coup. Des figurines Asterix. Avec lesquelles il a joué. Bruyamment. En me les envoyant à la figure. En donnant des coups de pied. Dans MON genou opéré. Tout ça sous l'oeil attendri de la maman. Puis il a eu chaud. Et froid. Et soif. Et faim. Pendant 5 minutes, j'ai eu la paix alors qu'il mastiquait approximativement un bout de galette. Puis il en a plus voulu. Il a voulu aller au pipi, et il l'a annoncé bien fort. Opération pipi. Puis retour, avec réinstallation accompagnée de moults coups de pied. Sous l'oeil attendri de la maman...
Le moment fatal est arrivé, j'en ai eu raz-le-bol. En fait, je ne sais pas ce qui m'a énervé le plus : le gamin, ou la mère, qui assistait à tout ça tranquillement, l'air d'avoir émigré mentalement sur une planète uniquement peuplée d'elle et du fruit de ses entrailles.
J'ai osé dire assez fort pour pénétrer son je-m'en-foutisme : "Bon, ça commence à bien faire, les coups de pied sous la table !".
Que n'avais-je pas dit là !
Le wagon entier est sorti de sa torpeur, pour me jeter des regards noirs, comme ceux qu'on lance au pédophile qui se rend au tribunal.
La mère, voyant son terrain dangereusement attaqué, m'a répondu :
"Enfin voyons, il lui faut son espace de jeu !"
Ce à quoi j'ai rétorqué, bouillonnante intérieurement :
"Eh ben la prochaine fois, vous réserverez les quatre places !"
Je crois qu'à cet instant, j'ai été unanimement désignée ennemie publique n°1, au moins jusqu'à Lille...
Lille, terminus...

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