mercredi, 07 mai 2008
Jeu de quilles
J'avais disposé mes quilles comme il faut sur ce que je croyais être le bout de la piste. Je les avais alignées bien géométriquement, elles se dressaient bien droites, carrées, comme mes certitudes.
Chaque quille avait son rôle défini. Chacune représentait une partie de ma vie. Je les ai alignées par ordre d'importance...
Je les ai choisies bien solides et stables, tout comme devait l'être ma vie. Tout en sachant bien que tout cela n'est qu'un fragile édifice, et que le premier joueur débutant qui viendrait lancer sa boule dedans pourrait le faire s'effondrer sans trop de peine.
Mais c'est bien plus que cela qui est arrivé : d'une main habile et nonchalante, il a jeté sa boule sur mesure sur la piste toute huilée, et je ne l'ai même pas vue arriver :
STRIKE!
Le jeu de quilles a volé en éclat, et chacune s'est effondrée sur le côté. Il est arrivé à pas de loup, et, discrètement, a replacé toutes les quilles selon sa façon. Maintenant, c'est lui qui mène le jeu...
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dimanche, 13 avril 2008
Mea culpa
Chers lecteurs,
Je vous dois des excuses. Des excuses pour mon inactivité bloguesque que je pensais passagère, et qui finalement se prolonge. Des excuses car ce blog, qui se voulait au départ blog d'une jeune prof d'allemand dynamique pas sadique, est en train de s'éloigner de plus en plus de sa vocation initiale.
Des excuses, donc, et un semblant d'explication, peut-être du pourquoi de cela.
Lorsque je relis mes premières notes, écrites en 2004, pfouuuhhhh, déjà je me rends compte que happydeutschlehrerin commence à faire partie de la vieille génération de profs. Et la jeune prof d'allemand n'est plus si jeune que ça. Même si la couffeuse, ce matin, a demandé à Max, l'apprenti, de faire un brushing lissé à la "jeune fille".
Non, la "jeune fille" en question s'aperçoit que ses yeux commencent à imprimer les sillons de ses fou-rires, tout en se teintant lentement de fatigue. Et la jeune prof si enthousiaste des débuts commence à sentir le poids du système dans lequel elle s'est engagée, et son corps est las de se faire mal sur les murs qu'elle tente d'abolir.
La belle dynamique se mue lentement en lassitude, non pas des élèves, des cours, non, cela restera toujours, mais de tout le reste.
Et, quoi qu'on dise, je ne suis, et ne serai jamais sadique.
Cela dit, étrange paradoxe, je n'ai jamais autant qu'aujourd'hui eu l'impression d'en faire partie, de ce système...
Les bons mots des élèves m'amusent et me ravissent toujours autant, tandis que la représentante MGEN / Casden / Camif qui poiraute dans la salle des profs afin de grapiller quelques signatures de contrat qui lui assureront une modeste "rentrée d'argent supplémentaire, horaires adaptés à vos besoins. Rémunération intéressante au pourcentage" ne m'arrache plus qu'un sourire fatigué.
Alors, forcément, les anecdotes se font rares...
03:45 Publié dans Le blog de la prof | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 10 avril 2008
Souris, et la vie te sourira, Part 2

Les lecteurs fidèles n'auront pas manqué de suivre nos péripéties avec nos petits locataires indésirables (voir article du 16 février)
On s'était quittés sur MistaS, héros très héroïque, qui bouchait vainement les trous, qui dis-je, les PORTAILS que les souris avaient grignoté dans les murs de notre salle de bains vétuste.
Pendant ce temps, je cherchais fébrilement une solution pour que MistaS accepte de déménager sans être vexé, passque moi, habiter un endroit infesté de souris dont on est même pas sûr que ce soit des souris, eh ben ya pas moyen...
Le lendemain, MistaS s'envole pour NYC et me laisse toute seule dans un appart où tous les trous à souris sont bouchés, mais où les murs continuent d'émettre des bruits étranges qui laissent présumer la population dense qui s'agite derrière. Moi, toujours aussi terrorisée, j'évite toute la partie gauche de l'appart : la cuisine et la salle de bains. Surtout dès qu'il fait nuit. En clair, jme lave plus, jmange plus. Trop flippée à l'idée de VOIR une de ces bestioles. Le matin, j'inspecte l'appart dans les moindres recoins.
Je téléphone au service dératisation de la mairie, et je tombe sur un fonctionnaire-rat qui m'explique que si je veux qu'un dératiseur vienne, il faut que j'aie des rats. Pas de rats, pas de dératiseur. Pas de bol, moi, c'est des souris. Je sympatise quand même avec le monsieur, qui a l'air passionné de rongeurs, pensez ma ptite dame, 30 ans que je travaille dans ce service. Il est heureux de trouver une oreille attentive. Il se lance dans un plaidoyer enflammé de ces petits rongeurs, m'explique que le souricide du commerce, c'est du pipi de chat, que si je mets de la glu, ces pauvres bébêtes vont crever de manière horrible, bref, on a une discussion passionnante pendant plus d'une heure.
De temps à autre, héroïquement, je m'aventure quand même dans ma cuisine, juste pour vérifier que la tapette armée derrière le frigo est toujours là. Sinon, je vaque à mes occupations en limitant mon champ de vision à tout ce qui se trouve à plus d'un mètre du sol.
Au bout de 3 jours, une copine a pitié de moi, et m'invite à dîner chez elle.
"Prends du gel douche et une serviette!" me dit-elle.
Pourquoi, je pue?????
Un matin, je me lève, je fais mon tour d'inspection habituel, et là, horreur, derrière le frigo... il n'y a plus de tapette...
14:09 Publié dans Le blog de la prof | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : souris, souricide, dératisation
mardi, 08 avril 2008
Prof en vacances

Eh oui, encore les vacances... Pour moi, cela ne change pas grand' chose, mis à part que je suis certaine, pendant deux semaines, de ne pas être appelée pour un remplacement, et que je peux donc officiellement disposer de mon temps.
Je risque donc de ne pas vous raconter grand' chose, car je pars en Bretagne avec toute la petite famille, et ensuite je file dans la Drôme, pour participer au festival de Romans.
L'occasion de revoir tout un tas de gens, ça va être la fête!
A suivre, donc...
Pour me faire pardonner, un design tout neuf qui, je l'espère, apparaîtra bientôt!
23:16 Publié dans Le blog de la prof | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : festival romans
mardi, 01 avril 2008
De quoi sera fait demain?

C'est sur cette question que s'achevait mon dernier billet.
Plus que jamais, je me pose cette question.
Il y a 4 ans, j'étais persuadée d'avoir trouvé ma voie, heureuse d'avoir enfin trouvé un métier que je me voyais pratiquer plus de 6 mois, voire même à durée indéterminée. Ce constat m'apportait une certaine sérénité.
4 ans plus tard, je me demande...
Je ne sais plus...
Je ne sers à rien, sauf à combler pendant quelques semaines la place des profs malades, dépressifs, ou tout simplement absents. Le reste du temps, je donne du fil à retordre à l'administration qui, bien sûr, ne conçoit pas que je sois payée "à rien faire". Alors parfois je fais 200 km pour surveiller les gamins. Pour donner un coup de main au CDI. Pour essayer de motiver les gamins à venir en soutien. Je ne sers à rien. Les gamins ne viennent pas, et je les comprends. A leur place, je préfèrerais aussi la cafet'.
Je suis inutile. Il y a 4 ans, j'étais enthousiaste et volontaire, prête à soulever des montagnes. Aujourd'hui, de tout cela, il ne reste rien. Dans l'éducation nationale, qu'on se démène ou que l'on accomplit un service minimum, la reconnaissance est la même.
Je veux démissionner.
Hier, le Proviseur de mon bahut me demandait : "Vous n'avez jamais songé à changer de métier? Parce que vous savez bien que l'allemand, c'est mort!"
Moi, mortifiée : "Mais... je vous signale qu'il y a 4 ans, J'AI changé de métier. Pour devenir prof."
Lui : "Eh ben vous n'auriez pas du!"
Moral dans les chaussettes.
Je me demande où est ma place dans cette jungle...
18:25 Publié dans Le blog de la prof | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
lundi, 03 mars 2008
And ze winners are...
Bravo à Adamfall, qui a laissé le premier comm sur mon blog bis, et à K qui a trouvé quel était mon cadeau d'anniversaire!!! (comment t'as fait hein??)
J'invite ces deux personnes à me contacter par mail (profallemand@hotmail.fr) et me laisser leur adresse postale, pour recevoir leur Kdo!
01:45 Publié dans Le blog de la prof | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
dimanche, 02 mars 2008
Lettre ouverte à hautetfort.com
BRAVO, quelle réactivité! Vous lisez TOUS les blogs comme ça? Je suis impressionnée... C'est vrai que j'ai râlé dans ma dernière note parce que, suite à des microcoupures, j'ai perdu les 2 notes sublimes que j'avais pondues ces derniers jours.
En même temps, c'est ma faute aussi, j'aurais pu les écrire sous Word, et faire une sauvegarde avant de publier. Mais voilà... quand on pratique le premier jet...
Passqu'il faut quand même avouer hein : hautetfort, ça marche carrément trop bien, par rapport à d'autres plateformes aux fonctionnalités certes plus racoleuses, mais qui merdouillent dès qu'on travaille avec Monsieur Apple. Ouioui, même sous Firefox...!
Il y a une dizaine de jours, j'ai ouvert un deuxième blog chez l'hébergeur des "toujours ouvrables". Pour voir. Les petits malins le retrouveront sans problèmes. J'ai hâte de voir qui laissera le premier comm!!
D'ailleurs, le mec/la fille qui laissera ce premier comm recevra un truc bien spécial de ma part... Avis aux amateurs...
Quelques jours plus tard, je reçois un mail de cet hébergeur, qui me propose de migrer chez eux. J'ai bien évidemment répondu que j'étais très intéressée... Cela dit, j'ai toujours adoré l'humour de hautetfort qui, dès que je dépasse un certain seuil de visiteurs, balance la pub Camif au dessus de mes anecdotes de prof...! En même temps, une pub Ikea eurotisée par rapport à une pub Camif gratuite, c'est quand même carrément plus glamour.
La réponse ne s'est pas fait attendre, et j'ai maintenant un doc avec toute la procédure à suivre : configuration à paramétrer, phrases à recopier dans un article etc...
Actuellement, je mets la dernière touche au graphisme d'un certain www.jesuisprofdallemandetjaimeça.com, et Hercule agite déjà les ciseaux pour la découpe. Fastoche.
Avec une petite redirection à partir d'ici.
Pour les droits à l'image de la pub Camif...
02:22 Publié dans Le blog de la prof | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Il y a quelques jours...
... ahlala, il y a quelques jours...
... c'était mon Birthday... en d'autres termes, j'ai 34 ans maintenant...
La peur de vieillir, c'est maintenant que ça commence!
Le temps n'est plus une évidence, comme... autrefois?
Cette année, c'était un Birthday spécial, car en plus, c'était un Tuesday. Comme en 1974. Comme tous les ans, j'ai le récit sanguinolent et éthylique de mon arrivée. Février rose.
Sanguinolent parce le chemin d'arrivée est étroit, et éthylique parce que Mardis Gras, en Forêt Noire, c'est Mardi Gras en Forêt Noire. Les mauvaises langues diront toujours que ceci explique cela!!!
Mais Mummy raconterait tout cela bien mieux que moi...
Tout est-il que ce Birthday était aussi spécial car c'était aussi le premier avec la connaissance de MistaS, aka Hercule. Depuis trois mois, Hercule proclame mon cadeau. Je dirai pas ce que c'est. Je vous laisse deviner.
La personne qui trouvera mon cadeau recevra un truc bien spécial de ma part. Avis aux amateurs!!! (Les gens qui me connaissent n'ont pas le droit de jouer nan nan nan)
En même temps, j'ai eu des tonnes de cadeaux.
Des messages.
Autrefois, le jour du Birthday, on recevait des lettres et des bisous. Après, des coups de fil. En février 2008, j'ai reçu du genre 20 sms, dont la moitié de MistaS. Ah, MistaS...
J'ai reçu des messages sur FB, sur MSP, dans mes boîtes mail et dans les topics des forums.
J'ai eu des appels. J'ai raté des appels.
Le soir, des bulles roses atteignent comme par magie à mes pieds, je lève la tête, et je vois un être immense, brillant, impressionnant. C'est mon mec. Putain. La claque.
Des visites.
Véro, pour qu'elle vienne sur le champ, j'ai compris qu'il suffisait tout simplement de mettre des bulles roses à ses pieds. Si j'avais su ça avant...
Des émotions.
A 34 ans, on a des amis. Des vrais. Des qu'on a depuis longtemps. On se connait par coeur. On a eu des traversées de désert. Des euphories. On a évolué différemment, mais sur la même route. Parfois, l'un est accompagné différemment, mais les pièces rapportées sont vite arrivés au même stade d'intimité que les "pressages d'origine"... On est des vieux couples...
C'est ainsi que vers 1 heure de matin, voire plus tard, j'étais assise dans le salon, entourée de LUI, Miss Vérouillette, Babe et Petitbabe, et plein de bulles roses vides. PLOP!
UNE émotion.
Un Birthday ne se conçoit pas sans certains incontournables. Par exemple, comme si Mummy n'appelait pas pour raconter ma venue sanguinolante et éthylique.
Dans les incontournables, il y a Ghis. Ghis qui, je sais, sera certainement le premier à poster un comm ici, alors que moi, depuis des mois, j'ai la flemme de m'inscrire au forum à lui.
Sauf que Ghis n'appelle pas. Avec Ghis, on est nouvelles technologies à fond. Et la preuve vivante que cette relation virtuelle peut être profonde et intense...
Bon, j'avoue, Ghis et moi on a traversé la jungle ensemble, donc ça soude... Maintenant, on a chacun nos vies à quelques kilomètres l'un de l'autre, même pas tant que ça, mais le temps file à toute allure...
Février 2008, c'était un Birthday vraiment spécial, car Ghis A appelé.
D'une voix grave, il a annoncé :
"JPA; voilà, j'ai un truc grave à te demander... je ne sais pas quel chemin prendre...donc le mieux, je crois, c'est d'aller droit au but..."
Urghhhh! Etait-il possible que Ghis ait cédé à la tentation du porno sur le net, à l'insu de Mme Ghis, et que la facture dépasse le chiffre à trois zéros?
Et en fait non... c'est juste qu'aujourd'hui, je suis marraine pour la première fois.
Voilà...
01:52 Publié dans Le blog de la prof | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
mercredi, 13 février 2008
brat bitte den durchfall
Un blog que je lis depuis longtemps, à découvrir pour ceux qui connaissent pas, à acheter en version livre pour ceux qui adorent! http://keiser.over-blog.com
15:50 Publié dans Le blog de la prof | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
jeudi, 07 février 2008
Acte de désespoir
Cette nuit, je ne dormais pas. Mentalement, j'ai rédigé une lettre de démission. Puis, je l'ai rédigée. Pour de vrai. Je l'ai glissée dans une enveloppe.
Reste plus qu'à l'envoyer maintenant...
Puis, j'ai rédigé un préavis à l'attention de mon proprio. Dans l'enveloppe, j'ai mis la facture des tonnes de souricide que je dépose un peu partout depuis une semaine. Et puis aussi celle de la ventouse et des 15 produits différents promettant tous un débouchage instantané de tous les siphons.
Reste plus qu'à l'envoyer.
Après, j'ai écrit une beuglante à l'attention d'une certaine banquière. Réclamation de remboursement de frais pompés abusivement sur mon maigre compte de prof. On peut toujours rêver.
Après, j'ai signé quelques chèques et rangé les factures qui vont avec.
Ensuite, j'ai établi ma liste de courses. Virtuellement. En vrai, j'ai fait l'inventaire de ce qui reste dans le frigo et qui ne sera pas périmé pour la fin du mois.
Puis j'ai rédigé une lettre à l'attention de Hercule. Que j'ai déchirée. J'ai recommencé en SMS. Je suis une fille technique, moi. Le SMS était trop long, il s'est perdu dans les limbes satellitaires.
Enfin, j'ai regardé les stats de mon blog.
Y'a des moments comme ça, c'est la loose...
03:30 Publié dans Le blog de la prof | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note



