dimanche, 14 janvier 2007
La formation NAÏF, ou l'assurance d'une journée formative (version2)
Pour ceux qui sont nouveaux sur ce blog, je rappelle qu'un professeur stagiaire a l'extrême chance de participer à des formations qui lui permettront d'aborder son métier de manière plus sereine.
Certaines, j'en suis sûre, me laisseront un souvenir impérissable...
Un sombre matin de novembre, après deux heures de train (lille-amiens), j'arrive au lycée professionnel où nous avons coutume de suivre nos formations pluridisciplinaires, c'est à dire qu'au lieu d'être seulement avec des profs d'allemand, j'y vais avec mon pote G. qui est prof d'histoire et avec qui on rigole vachement.
Au programme aujourd'hui : les risques du métier. Ah!
Ben oui, être professeur, c'est un métier très risqué. Par exemple, on risque de se faire insulter par un élève, on risque d'avoir cours à 13 heures, alors que le midi à la cantine, c'était cassoulet, ou encore d'avoir un ulcère à l'estomac parce que la prof de bio qui fait cours dans la salle à côté de la vôtre a une voix de crecelle. Bon, là, je prends des exemples au hasard, hein. C'est comme la dépression. Il paraît que quand on est prof, on a beaucoup plus de risques de devenir dépressif que quand on est fleuriste. Breeef.
Un monsieur se présente, nous explique que c'est lui qui va nous expliquer les risques du métier, et présente une grosse dame, qui n'explique rien du tout, mais qui se tient immobile sur une chaise.
Nous commençons par une vidéo. Chouette, une vidéo ! Après les cafouillages d'usage avec le magnétoscope et la télécommande, ça y est, ça marche, et c'est parti pour la vidéo !
Twentieth Century Fox... rugissement de lion... Executive producer : Aaron Spelling...euh, non, on s'égare, là ! Notre film à nous est super passionnant, il se passe plein de choses : un prof se fait taper dessus, un prof glisse, un prof tombe, un prof se fait insulter, un prof est déprimé, un prof se suicide en mangeant sa boîte de craies... euh non, pardon, ça c'est plutôt moi après cette vidéo...
Le film dure une bonne partie de la matinée, ce qui permet aux formateurs de se reposer.
En ce qui me concerne, je décide qu'il vaut mieux ne pas regarder ces vidéos. Je suis de nature optimiste, et je tiens à le rester. Je sors donc ma gameboy SP. Depuis la veille, j'ai un nouveau jeu : "Wario Ware", trop bien ce jeu. Il s'agit d'une compilation de 200 mini-jeux tous très intellectuels, qui s'affichent au hasard. On ne sait jamais lequel des jeux va arriver. C'est de plus en plus rapide. Hyper passionnant. On peut aussi jouer en mode "record". Là, j'essaye de battre mon record au jeu "rentrer un doigt dans la narine de Wario". Mes pouces s'activent frénétiquement, et peu à peu, je perds le contact avec la réalité.
Subitement, des râclements de gorge insistants me rappellent sur terre : mon collègue. Enervée, je lui demande de ne pas me solliciter, là, tout de suite, car je suis sur le point de rentrer le 58ème doigt dans la narine de Wario... Autant dire que l'heure est grave ! Seulement voilà, les râclements se font de plus en plus insistants, et à ce moment-là, j'aperçois notre chère responsable de formation qui se tient derrière moi depuis je ne sais combien de temps, un sourire pincé sur les lèvres. Oups ! Suis-je élève ou prof à ce moment ? La grosse dame devant n'a toujours pas bougé...
Par respect et amitié pour notre responsable, je décide de voir où en est la formation. Mon esprit embrumé capte vaguement des termes apocalyptiques. Il est question de nous l'année prochaine, en ZEP, une horde d'élèves armés et de parents féroces à nos trousses. Je capte vaguement quelques tentatives d'humour peau-de-banane-hahaha. Mais je ne suis pas au bout de mes surprises ! Pour finir cette matinée, subitement, la grosse dame sur la chaise se met en mouvement pour tendre au formateur-présentateur une pile de prospectus.
"Bon ben, voilà, comme vous pouvez le constater, c'est très dangereux d'être prof, alors nous allons vous distribuer un formulaire pour vous inscrire à la NAÏF, et un autre pour l'indépendante laïque". AAAh d'accooooooooooord...j'me disais bien aussi....
Je précise pour les non-profs que la NAÏF est une assurance, et que l'indépendante laïque est une assurance aussi, qui coûte 20 euros supplémentaires, et qui nous offre un avocat si jamais on glisse sur une peau de banane, qu'on dit "merde alors", qu'un élève qui passait par là par hasard croit que c'est lui qu'on insulte, et que les parents portent plainte contre nous.
Très utile, on ne sait jamais...
TOUS les profs cotisent à l'indépendante, et chaque établissement a son représentant, qui collecte les chèques. Autant dire qu'un prof qui ne cotise pas à l'indépendante, c'est un peu comme si le PEGC Maths-physique ne mettait plus sa veste Camif...
A ce moment, on nous révèle donc que la grosse dame est en fait une commerciale de la NAÏF, qui espère bien repartir de là avec un max de formulaires remplis (et de chèques, remplis aussi, cela va de soi).
On nous laisse donc 30 minutes pour écrire notre nom et notre adresse, ce qui me laisse le temps de reprendre ma gameboy, car j'ai pas encore réussi à faire entrer 20 fois de suite le ballon dans le panier de basket grrr.
Enfin, summum de la journée, on nous distribue le désormais cultissime "questionnaire d'évaluation de la journée de formation"....
10:15 Publié dans IUFM-le best of | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
samedi, 26 novembre 2005
Non, je ne retourne pas ma veste...
Une discussion de ce jour, ainsi que mon post précédent me font écrire les réflexions suivantes :
Oui, je me moque. Oui, nous nous moquons de l'institution qui nous donne à manger, qui nous loge. Mais alors, pourquoi nous moquons-nous ? Où plutôt, n'ayant pas la prétention de faire de mon cas une généralité, pourquoi JE me moque ?
Aaah, méandres de la contradiction féminine. Ooooh cerveau tortueux qui est le mien.....Uuuuuuh, amour ubuesque pour mon métier. Car oui, je l'aime, mon métier. J'aime mes élèves. Les bons, les mauvais. Surtout les mauvais, ceux que la vie n'a pas gâtés et à qui l'école peut apporter un réconfort, une issue. J'aime mes collègues. Pas tous de la même manière, non. Il y a ceux vers qui on éprouve des élans spontanés, et ceux, d'un autre monde, d'un autre âge, d'autres convictions. Ceux-là, je les aime car c'est ceux-là que je caricaturais lorsque j'étais moi-même élève, ce sont eux qui me viraient, qui voyaient en moi le cas désespéré qui n'arriverait jamais à rien, sauf peut-être prof d'allemand. Je les aime, car je retrouve les profs de mon enfance quand je discute avec eux en salle des profs. Et finalement, la vie ne leur a-t-elle pas donné raison?
Oui, je suis devenue prof.
Alors, ne doit-on voir dans ma moquerie de la tendresse cachée, élan spontané vers ce mammouth difficile à muer, malgré ses disfonctionnements.
Car ceux qui veulent le faire bouger le font avec une ferveur désarmante. Alors j'ai envie bouger avec eux. Non, ce n'est pas un délire du à l'heure tardive : moi aussi, un jour, j'aimerais pouvoir former d'autres professeurs, à l'IUFM, oui.
Et non, je ne retourne pas ma veste, car l'IUFM a toujours été et sera toujours utile, malgré tout ce qu'on en dit, malgré tout ce que j'en dis, et les personnes qui prennent mes acideries pour de l'argent comptant n'ont rien compris à la subtilité de mon humour.
Seulement voilà : le métier de professeur demande une introspection et une remise en question permanente, et donc, par extension, l'acceptation d'une fragilité certaine. Cette fragilité, moi, je la déjoue par la moquerie, mais j'ai bcp trop de respect et d'amour pour le corps professoral pour songer un instant à teinter mes propos de méchanceté réelle, contrairement à d'autres qui font semblant de suivre le courant et qui cachent au fond d'eux une haine féroce de la société qui ne demande qu'à exploser au grand jour. Mais ces gens-là, leur lâcheté sera toujours plus forte...
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vendredi, 25 novembre 2005
La formation informatique 2
Comme je n'aime pas critiquer sans raisons, et que mes souvenirs se veulent avant tout drôles, et encore avant cela OBJECTIFS, je parlerai également de la formation informatique n°2.
Celle-ci était spécifique à l'allemand. Objectif, en deux jours, didactiser un site de notre choix. Plus clairement, pour ceux qui n'ont pas la chance d'être moulés IUFM, il s'agissait de concevoir des activités pédagogiques autour de ce site, dans un but bien sûr linguistique, méthodologique et culturel, prenant en compte la primauté de l'oral, dans une pédagogie centrée sur l'apprenant, en n'oubliant pas d'intégrer la progression spiralaire, tandis que la grammaire ne vient que sous la pression du sens...oh pardon, me voilà repartie dans le jargon....Sorry!!!!!
Ainsi, au cours de ces 2 journées, j'ai appris comment on pouvait se servir de Word pour faire de la (modeste, certes) mise en page. Par exemple, insérer une photo dans un doc Word sans m'énerver, et faire apparaître ladite photo à l'endroit exact où je souhaite la voir apparaître.
Certes, étant donné que je possède un mac, et donc le formidable Pages avec lequel j'éblouis mes élèves en leur distribuant des polys qu'ont dirait extraits de manuels scolaires (wah la modestie!!!!!), j'ai suivi cette formation avec un sourire indulgent. Mais quand même, si un jour j'échoue sur une île déserte avec pour seule compagnie l'ami Windaube, je saurai me démerder !
Mention spéciale au formateur, un JPADPS très cool...
21:25 Publié dans IUFM-le best of | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
jeudi, 24 novembre 2005
Formation informatique-2eme épisode
Comme je n'aime pas critiquer sans raisons, et que mes souvenirs se veulent avant tout drôles, et encore avant cela OBJECTIFS, je parlerai également de la formation informatique n°2.
Celle-ci était spécifique à l'allemand. Objectif, en deux jours, didactiser un site de notre choix. Plus clairement, pour ceux qui n'ont pas la chance d'être moulés IUFM, il s'agissait de concevoir des activités pédagogiques autour de ce site, dans un but bien sûr linguistique, méthodologique et culturel, prenant en compte la primauté de l'oral, dans une pédagogie centrée sur l'apprenant, en n'oubliant pas d'intégrer la progression spiralaire, tandis que la grammaire ne vient que sous la pression du sens...oh pardon, me voilà repartie dans le jargon....Sorry!!!!!
Ainsi, au cours de ces 2 journées, j'ai appris comment on pouvait se servir de Word pour faire de la (modeste, certes) mise en page. Par exemple, insérer une photo dans un doc Word sans m'énerver, et faire apparaître ladite photo à l'endroit exact où je souhaite la voir apparaître.
Certes, étant donné que je possède un mac, et donc le formidable Pages avec lequel j'éblouis mes élèves en leur distribuant des polys qu'ont dirait extraits de manuels scolaires (wah la modestie!!!!!), j'ai suivi cette formation avec un sourire indulgent. Mais quand même, si un jour j'échoue sur une île déserte avec pour seule compagnie l'ami Windaube, je saurai me démerder !
Mention spéciale au formateur, un JPADPS très cool...
11:45 Publié dans IUFM-le best of | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 23 novembre 2005
Formation informatique
La première formation informatique, je me souviens en être sortie très énervée. Déjà, la matinée fut consacrée à la création d'une adresse mail sur le serveur académique (adresse mail dont je ne me suis jamais servie, vu que je n'ai jamais réussi me souvenir du mot de passe que j'avais fourni hahaha).
Inutile de préciser que nous avons travaillé sur des PC pourris, qui rament, alors que si on penchait la tête un peu, juste là-bas, où une porte est entrouverte, on avait vue plongeante sur la livraison gargantuesque de E-macs flambants neufs payée avec MES impôts...
L'après-midi, nous avons appris à envoyer un mail. C'était super : on prenait l'adresse mail du gars assis à côté de nous, et on devait lui envoyer un mail. Juste comme ça, n'importe quoi comme phrase. Et on devait vérifier si le mail était bien arrivé. Parce que paraît que desfois, ben ça ne marche pas... Avec un collègue rigolo, on s'est amusés à s'envoyer des phrases cochonnes. Héhéhé.
Ensuite, nous sommes passés à la vitesse supérieure : nous avons appris à envoyer un mail à PLUSIEURS personnes (woah!).
Puis, comble de la difficulté, nous avons appris à ENVOYER UNE PIECE JOINTE!!!!!!! Là, c'était sympa, parce que avec le collègue, on a fait un concours : c'était à celui qui trouvait le plus d'images dégueulasses sur Gougueule-Image.
J'ajoute quand même qu'il y a une personne à qui cette formation a servi : elle s'appelle Cazozial (et cette nana c'est tellement un cas que je mets son vrai nom, chuis une balance hehe). Cazozial, donc, a accaparé le formateur la moitié de la journée, car : ses mails ne partaient pas, elle ne savait pas QUELLE sorte de pièce jointe elle devait envoyer, elle se trompais dans les adresses, ne savait comment taper "@", et pleins d'autres questions et problèmes trop compliqués pour que je les reproduise ici.
Donc, c'est vrai, j'admets que des formations comme celle-là doivent être maintenues, car des Cazoziaux y'en aura sûrement d'autres, même si celle dont je vous parle ne sévit plus dans l'éducation nationale : elle a été remerciée direct (en clair, elle n'a même pas redoublé....chose très rare qui prouve la gravité du cas).
18:30 Publié dans IUFM-le best of | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 22 novembre 2005
Le tour de table, ah...le tour de table (version 2)
Aujourd'hui je vous parlerai du tour de table à l'IUFM. Institution incontournable de la formation des profs, renouvellée à chaque fois que nous rencontrons un nouveau formateur.
Le TDT (tour de table) consiste à se présenter brièvement. On dit son nom, on dit de quel établissement on vient, quelles classes on a, et puis, ce que l'on attend de la formation... Que de choses peut-on apprendre de quelqu'un en quelques phrases...!
Nous avons la timide, qui égrène sagement les infos demandées d'une petite voix inaudible, nous avons le rebelle dans l'âme qui s'en fiche d'être là et qui le fait savoir, l'humoriste qui a toujours un bon mot pour détendre l'atmosphère et puis, malheureusement, toute une brochette de jeunes profs déjà contaminés par la morosité ambiante, et qui songe déjà à démissionner au bout de 3 mois de pratique...
Il est bien compréhensible que l'homo sociabilis qu'est le formateur cherche à connaître plus intimement son public, et c'est là tout à son honneur...
Le hic, c'est que chaque journée de formation quasiment nous apporte un nouveau formateur. J'ai donc calculé qu'en une année de formation, j'ai du subir environ...43 tours de table, en comptant le disciplinaire et l'inter-disciplinaire, plus les modules optionnels.
La première fois, bon, passons, c'est intéressant, c'est nouveau. On essaye de voir s'il y a des personnes avec qui on peut se trouver des affinités : mêmes horaires de train, mêmes problèmes de discipline, même tuteur, même tic d'endormissement.....
Alors on écoute. Les premiers qui ne savent pas quoi dire, les suivants qui copient, et les derniers qui du coup sont vachement rôdés, ce qui donne : "Bonjour, je m'appelle Adeline, je suis professeur d'histoire au Lycée Trucmuche de Paumé-Escarbotin. Je suis ici car je ne sais pas comment rédiger un cours, et j'ai des problèmes de bavardage."
Au deuxième TDT, l'oreille se fait déjà plus distraite.
Moi, personnellement, à partir du 10ème TDT (et j'ai été patiente, je trouve), j'ai corrigé mes copies, joué à la gameboy, discuté avec mon voisin etc.....
Alors, aux stagiaires nouveau cru, je donnerais le conseil suivant : enregistrez votre curriculum vitae sur un CD, et passez-le en début de formation. de toute façon, tout le monde s'en fout (même le formateur, qui ne peut décemment pas retenir par coeur 30 destinées de jeunes profs, non?!)
D'ailleurs, si l'on réfléchit un peu, le TDT est donc surtout destiné à faire gagner du temps au formateur, qui ne sait pas toujours bien avec quoi il va remplir la matinée.
Pour nous, les stagiaires, c'est un calvaire répété, car les gens avec qui on s'entend bien, eh bien on sait depuis longtemps qu'ils viennent de Longueau ou de Château Thierry, qu'ils ont des 4ème et des 3ème d'insertion, qu'ils écrivent encore de travers au tableau, et que l'obtention du silence dans leurs cours balbutiants est encore quelque peu laborieuse.........
18:15 Publié dans IUFM-le best of | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



