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        <title>happy deutschlehrerin : le blog d'une JPADPS (jeune prof d'allemand dynamique pas sadique) - dissection_du_corps_professoral</title>
        <description>Certaines ressemblances avec des personnes réelles sont fortuites, d'autres non !</description>
        <link>http://happydeutschlehrerin.hautetfort.com/dissection_du_corps_professoral/</link>
        <lastBuildDate>Thu, 04 Sep 2008 18:21:37 +0200</lastBuildDate>
        <generator>HautetFort.com</generator>
        <copyright>All Rights Reserved</copyright>
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                <title>Encore une...</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (kittypetra59)</author>
                                                <category>Dissection du corps professoral</category>
                                                <pubDate>Thu, 04 Sep 2008 17:58:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;Ca, c'est fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ma 5ème pré-rentrée depuis mon entrée dans l'éduc'nat'.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'aurais pu en faire le compte-rendu la veille, tellement le déroulement de cette journée est réglé comme une horloge, quelque soit l'établissement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a 5 ans, j'étais assise au premier rang, ma plus belle tenue, le cheveu propre, et les joues roses d'excitation, pour écouter, les oreilles grandes ouvertes, le proviseur discourir sur les statistiques de l'an passé, le projet d'établissement. Je riais avec un enthousiasme même pas simulé aux blagounettes de bon aloi sur les vacances finies que le Monsieur distillait à l'assemblée. J'observais autour de moi mes premiers collègues profs avec un reste d'éclat de lycéenne dans les yeux, curieuse de pouvoir enfin approcher de si près cette caste mystérieuse qui m'intriguait depuis si longtemps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Prérentrée cuvée 2008, il est presque 11heures, j'essaye de me faufiler discrètement vers les derniers rangs de la salle polyvalente. Peine perdue, la Proviseur m'a déjà dans sa ligne de mire depuis que j'ai franchi le portail, et la moitié de la salle se retourne pour voir la tête du retardataire (moi), provoquant ainsi un bref mais très visible désordre dans les rangs de sièges... J'aurais du enlever mes talons à l'entrée du couloir... L'année commence bien, je m'assois, rouge tomate, sous les oeillades ironiques-moqueuses-complices-sévères de mes collègues. Faut dire que pour arriver à cette heure-là, j'étais partie de Lille à 7h30 du matin, et j'ai patienté pendant 2 heures en compagnie de Sheila, Dick Rivers et mon horoscope de la journée, que les dépanneuses décollent du bitume la dizaine de bagnoles qui venaient de jouer à la ducasse sur l'autoroute... Breeeeeef.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le point culminant, celui que tout le monde attend, mais qui à toujours lieu APRES le discours du Proviseur, parce que sinon tout le monde s'en fout (du discours), c'est la distribution du petit dossier avec la liste des classes qu'on a, et puis surtout, surtout... l'emploi du temps... en clair, le papier qui va régler notre vie pour un an... Autant dire que tout le monde se jette dessus! D'ailleurs, dès que notre chef en annonce la distribution imminente, une effervescence soudaine s'empare de la foule de profs jusque là léthargique...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les derniers mots du chef se perdent donc dans le brouhaha des exclamations, protestations et autres commentaires :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Naaaan, j'ai encore les STG, c'est pas vraiiiii, j'avais dit que je voulais pas les avoir cette année!!!&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot; Waaah, le vendredi j'ai un trou de 3 heures, laisse tomber&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot; Te plains pas, moi le vendredi j'ai 7 heures de cours, c'est ma grosse journée...&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;On pourra bouffer ensemble à la cantoche le mardi?&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Fais voir le tien, regarde le mien, machine elle a encore fayoté c'est toujours elle qui a les meilleures classes!!!&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au milieu de cette ruche, le TZR (remplaçant) contemple tristement les quelques heures de soutien ci et là sur son emploi du temps, surpris déjà (et content) d'en avoir un si tôt. Cela dit, il range sa feuille vite fait, pour ne pas s'exposer au courroux des profs en poste qui ont, eux, les heures sup' qu'on aimerait tant avoir histoire de renflouer les caisses, mais qu'on aura jamais...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Puis, il y a la fameuse photo de classe. Sauf que la, c'est la photo des profs, rassemblés tout autour de notre chef, large sourire sur reste de coups de soleil. Faut dire que le jour de la pré-rentrée, c'est le seul jour de l'année où l'on est presque sûr que tout le monde est là, alors...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Après, le moment que tout le monde attend : l'a-pé-ro!!!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Après deux heures à somnoler, bercés par le flot de paroles émanant de l'équipe de direction, tout le monde a grand besoin de se désaltérer... Les heures suivantes diffèrent selon la générosité de l'établissement. Cacahuètes et mousseux, bubulles et petits fours, ou sangria. Tout comme le &quot;repas convivial offert par l'établissement&quot;, situé quelque part entre le buffet crudités de base, et le buffet crudités de base amélioré. Cette année, l'équipe de direction a compris qu'il était simple de mettre ses sujets en condition pour une progression optimale des élèves : nous avons eu droit à quelques petits extras en plus des carottes râpées et de la macédoine. Assiettes de fromages variés, corbeilles de fruits et gâteaux, on s'attendait presque à ce que surgisse un orchestre, et que Madame la Proviseur ouvre le bal avec son adjoint, costume cacharel et cravatte flashy.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Seulement voilà, les bonnes choses ont une fin, et pour que la journée de pré-rentrée soit tout de même placée sous le signe du travail, l'après-midi est consacré à un conseil d'enseignement, autrement dit réu avec les collègues.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En pratique, on recompte ses heures, on soupire, on compte le nombre d'élèves par classe, on grogne, on signale les élèves qu'on a eu et qui ont été chiants, on met des petites croix, on souligne, on signalise &quot;attention danger&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On vérifie qu'on a bien la salle avec la télé ET la zappette ET le retro, parce que quand même, on va pas monter au 2ème à chaque fois hein, ça va aller?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On élabore les projets pour l'année, les sorties, on regarde ce qu'il reste comme sous de l'année dernière et on décide ce qu'on fait avec. Moi je veux bien qu'on achète un MacBook pro...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin je dis ça, je dis rien, hein...?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et voilà cette journée qui se termine... On est content, on a revu les collègues qu'on aime bien, on a bien mangé, c'est une reprise en douceur. On est fin prêts pour le lendemain, et déjà impatient d'accueillir ceux qui nous causeront stress intense et bonheurs pendant 10 mois, j'ai nommé :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les élèves!&lt;/p&gt; 
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                <guid isPermaLink="true">http://happydeutschlehrerin.hautetfort.com/archive/2008/05/04/la-vraie-prof-d-allemand.html</guid>
                <title>La VRAIE prof d'allemand</title>
                <link>http://happydeutschlehrerin.hautetfort.com/archive/2008/05/04/la-vraie-prof-d-allemand.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (kittypetra59)</author>
                                                <category>Dissection du corps professoral</category>
                                                <pubDate>Sun, 04 May 2008 13:16:55 +0200</pubDate>
                <description>
                    Etrange comme chaque corps professoral a son archétype. Par exemple, le prof d'histoire au look &quot;lutte finale&quot; et veste Camif. La prof de dessin au look choucroute-René Derhy. Le prof de maths look théorème-Zadigue (sans Voltaire...!).&lt;br /&gt;Voilà pourquoi j'étais si vexée lorsqu'hier, lors d'une pause-clope devant mon bistrot préféré, le jeune homme charmant qui tentait d'engager la conversation a lâché :&lt;br /&gt;&quot;Toi, je suis sûr que tu es prof de langues&quot;.&lt;br /&gt;Bon, à ma décharge, je lui avais dit que j'étais prof. Faut pas déconner non plus.&lt;br /&gt;Prof de langues, donc. J'ai une tête de prof de langues.&lt;br /&gt;Après, avec la tête que j'ai, il lui a été facile de deviner que je ne suis PAS prof d'espagnol.&lt;br /&gt;Je suis rentrée chez moi en ruminant, car l'étiquette &quot;prof d'allemand&quot;, ben c'est lourd à porter.&lt;br /&gt;La vraie prof d'allemand est une femme, c'est statistiquement prouvé. Cela dit, regardez bien le collègue mâle cinquantenaire qui fait la tête dans un coin de la salle des profs, il y a de fortes chances pour que ce soit un collègue d'allemand.&lt;br /&gt;La vraiE prof d'allemand, donc, a entre 30 et 40 ans. Son métier est tout pour elle, ainsi, bien souvent, elle est célibataire. Célibataire en phase d'acceptation du fait que non, elle n'enfantera jamais. Parfois, on en trouve qui sont mariés et à la tête d'une heureuse tribu, mais dans ce cas, ladite tribu va devoir faire des concessions. Car pour la vraie prof d'allemand, quoiqu'il arrive, le métier est tout pour elle.&lt;br /&gt;Côté look, il y a deux écoles. D'un côté la prof d'allemand tellement débordée qu'elle n'a plus le temps de pratiquer ni shampooing, ni séance d'épilation, et dont la penderie a cessé d'évoluer au milieu des années 90. De l'autre côté, l'extrême inverse, coquetterie et petits créateurs pas chers, mèches tricolores et maquillage rutilant. D'un côté, la souris grise, de l'autre, le perroquet flamboyant.&lt;br /&gt;Bien souvent minée par des années de TZRiat, lorsqu'elle a un poste fixe, la prof d'allemand s'accroche à lui comme une moule au rocher. Pour sauver son précieux poste des tempêtes de cartes scolaires, elle mène son radeau avec la fougue du pirate, contre vents et marées. Elle promène son bâton de pèlerin dans les classes innocentes de non-germanistes afin de rassembler les foules derrière elle dans un enthousiasme débridé. Elle est fière d'envoyer chaque année ses statistiques à l'inspecteur : Cette année, j'ai ramené 5 6ème LV1!!!&lt;br /&gt;La vraie prof d'allemand est d'ailleurs un peu amoureuse de son inspecteur. Lorsqu'elle a la chance de le voir en réunion, elle glousse comme une ado à toutes les blagounettes du monsieur, et elle se donne corps et âme afin d'honorer toutes les corvées que le monsieur daignera lui confier, rapport à son grand dévouement, ses compétences et son dynamisme. Corrections, commissions, groupes de réflexion, missions, formations... L'I.P.R. est tout pour elle. Un peu son père, un peu son amant, un peu le prof qu'elle rêvait de se faire quand elle était elle-même élève. Le fantasme du vénéré prof d'allemand enfin a portée de main...&lt;br /&gt;Au niveau pédagogie, on ne peut rien lui reprocher. Elle est tellement angoissée à l'idée de rater une salve de nouvelles idées de l'inspection, qu'elle a mis le site académique d'allemand en flux RSS sur sa page Netvibes. Elle est au courant du nouveau film allemand avant que le tournage débute. Lorsque ledit film sort enfin dans une obscure salle de ciné art et essai, elle a déjà didactisé l'ensemble des scènes. A l'heure qu'il est, elle est en conflit avec le Proviseur, afin d'obtenir une rallonge de sous pour emmener ses élèves voir le chef-d'oeuvre, et puis surtout, leur faire subir ledit appareil pédagogique.&lt;br /&gt;De plus, elle trouve le temps de lire TOUT ce qui doit avoir été lu en littérature allemande, ce qui fait qu'elle a toujours des textes très novateurs à proposer. Pour elle, Tokyo Hotel est déjà ringard, elle, elle fait écouter les Killerpilze à ses élèves.&lt;br /&gt;Malgré tout cela, comment dire, la ringardise ne l'a pas épargné. Comme si être prof d'allemand, c'est être inévitablement has-been. Peut-être est-ce à force d'entendre les collègues clamer avec compassion que, de toute façon, l'allemand, c'est mort... Il flotte autour de la vraie prof d'allemand comme une odeur de charogne.&lt;br /&gt;D'ailleurs, après des années de sacrifices, de veille technologique pour être à la pointe de la pédagogie, de renoncement à toute vie privée et d'admiration sans bornes vouée au corps d'inspecteurs et puis surtout, de guerre lasse afin de sauver le radeau qui coule, le couperet tombe :&lt;br /&gt;Carte scolaire. Poste supprimé. Prof à la rue, TZR, quel mot honteux... moi qui ai été au jury au BTS, aimée et admirée par mes élèves. TZR. Reléguée au CDI.&lt;br /&gt;Alors, c'est la dégringolade. Le perroquet flamboyant laisse ses plumes, une à une, pour errer de bahut en bahut, en pigeon gris et terne. Arrive enfin un jour ou la déchéance devient si visible que le rectorat en oublie d'utiliser ce prof, même lorsqu'il y a pénurie de remplaçants.&lt;br /&gt;Pendant ce temps, non loin de là, un groupe d'étudiants joyeux, enthousiastes et prêts à tout chambouler, passe le Capes et se réjouit déjà à l'idée de faire le ménage dans ce tas poussiéreux de vieux profs has-been.&lt;br /&gt;Laissons-leur encore un peu leurs illusions.
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                <guid isPermaLink="true">http://happydeutschlehrerin.hautetfort.com/archive/2008/04/28/les-profs-sont-grassement-payes.html</guid>
                <title>Les profs sont grassement payés...</title>
                <link>http://happydeutschlehrerin.hautetfort.com/archive/2008/04/28/les-profs-sont-grassement-payes.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (kittypetra59)</author>
                                                <category>Dissection du corps professoral</category>
                                                <pubDate>Mon, 28 Apr 2008 01:42:26 +0200</pubDate>
                <description>
                    ...ça, tout le monde le sait. MEME pendant les vacances. Les profs font des voyages scolaires, loin, au frais de Princesse Contribuable. Les profs sont payés pour être assis pendant une heure sur une chaise à surveiller des gamins qui travaillent gentiment. Mais surtout, les profs ont un salaire de ouf.&lt;br /&gt;Jeudi matin. Quai de gare. Comme toujours depuis 4 ans, je glisse ma CB dans la fente du distributeur de la SNCF. On peut dire que depuis que je suis prof, je participe largement à leur CA. C'est bien, comme ça l'argent de l'état retourne aux caisses de l'état. Quand j'étais au collège, on avait un prof de physique qui parlait toujours du système de &quot;vases communicants&quot;. Cette expression me faisait rire, sans que je la comprenne réellement. Là, je sais.&lt;br /&gt;Au bout d'une minute à mouliner, la machine rend son verdict irrévocable : &quot;paiement refusé&quot;.&lt;br /&gt;Je dois aller à Bled-paumé-du-62, 2 heures de train aller, deux heures retour, pour surveiller pendant deux heures des gamins qui font leurs devoirs. Je suis sensée les aider s'ils ont besoin de moi. Ce que je fais avec plaisir. En chaque début d'heure, je leur rappelle pourquoi je suis là. Certains doivent d'ailleurs se le demander, à force de me voir partir, revenir, partir encore... Je leur propose donc mon aide en allemand, of course, en anglais et en espagnol, et français. Mais ils ont DS de maths le lendemain. Moi, j'avais 3/20 en maths... Sans parler de la physique... Bref, le devoir m'attend. Car il est bien entendu inacceptable que je sois payée à ne rien faire. Alors, durant les périodes où j'attends qu'un collègue se casse une jambe au ski, devienne dépressif ou tout simplement accompagne un de ces voyages en Grèce ou en Italie, je dois justifier d'une &quot;utilisation&quot; judicieuse de ma personne dans mon bahut de rattachement.&lt;br /&gt;Surveillances, soutien, aide au CDI. Tout ce qui peut rester en plan sans problème desfois que je serais appelée à remplacer (pardon, je vais acheter un Bescherelle...) et puis surtout, SURTOUT, il ne faut pas que ces activités qui sont les miennes demandent un changement d'emploi du temps pour qui que ce soit, lors de mes absences. En clair, inutile de monter des projets trop intéressants. De toute manière, des projets avec qui ? Je suis prof d'allemand, avec l'énorme handicap d'être germanophone. D'avoir quelques missions intéressantes confiées par l'inspecteur. Et puis je ne suis pas tout le temps là, je fréquente les collèges alentours, et suis donc en contact avec les collègues qui y enseignent. Autant dire qu'il faut se méfier de moi...&lt;br /&gt;Dans ce bahut, il y a quelques personnes vraiment bien. A commencer par notre Proviseur.&lt;br /&gt;Celui-là, on peut dire que je lui donne du fil à retordre. J'en suis désolée. Lorsque je pousse la porte du secrétariat, et que, du fond de son bureau, il m'aperçoit, je vois sa figure s'allonger. Car combien de fois il a voulu embellir mon quotidien en me confiant des classes de soutien, des accompagnements... Ces tâches demandaient alors une organisation monstre. Etablir des listes d'élèves en concertation avec les collègues, trouver des salles dispo, prévenir les CPE, les surveillants, les familles qui... bien souvent... oubliaient de prévenir... les élèves!!!&lt;br /&gt;Car c'est systématique, les élèves ne sont JAMAIS au courant qu'un soutien à été mis en place pour eux, et cela même s'ils attendent à dix devant notre salle. Cela dit, je ne peux faire autrement que comprendre. Si l'on m'avait demandé d'assister à une heure de soutien à 15 heures, alors que mes cours s'achèvent à midi, j'aurais certainement eu la même absence d'esprit...&lt;br /&gt;Ensuite, lorsque mon emploi du temps a été laborieusement organisé, hop, un coup de fil du rectorat : nous avons besoin de JPADPS au collège Hubert-Felix-Thiéfaine à Presque-Picardie. A partir de demain. Pas le temps de prévenir CPE/surveillants/élèves, lorsqu'ils se rendent compte de mon absence, je suis déjà revenue de mon remplacement express.&lt;br /&gt;Ma vie de TZR est tout à fait palpitante.&lt;br /&gt;Notre proviseur, donc, dont j'apprécie énormément le travail, malgré les prises de bec fréquentes qui nous ont opposé (ah, le bescherelle!) ces derniers temps. Je crois qu'il a l'intelligence de comprendre qu'elles sont dues à ma rage d'impuissance.&lt;br /&gt;Mais revenons à nos moutons.&lt;br /&gt;Je suis donc devant cette foutue machine, et il me reste 4 minutes chrono pour rejoindre le quai 0 (!!!) et monter dans la vieille micheline aux sièges en skaï éventré, avec la certitude inéluctable de me prendre un PV pour défaut de titre de transport. Et comme le contrôleur est planqué dans un wagon de service inaccessible, je ne pourrai pas négocier mon cas.&lt;br /&gt;&quot;Mesdames et messieurs, bienvenue à bord du train TER à destination d'Etaples-Le Touquet. Ce train desservira les gares de ... (longue litanie). Arrivée prévue à Etaples-Le Touquet à 9h30. Les voyageurs sans titre de transport sont priés de se présenter au contrôleur avant le passage de contrôle.&lt;br /&gt;Et merde.&lt;br /&gt;Un abonnement de travail pour la semaine : 30 euros.&lt;br /&gt;Paiement refusé.&lt;br /&gt;Mon PV : 62 euros.&lt;br /&gt;L'aller.&lt;br /&gt;Je crois que je vais organiser un Petrathon, ou me trouver des sponsors. Je veux bien, par exemple, faire cours avec un t-shirt sur lequel il est marqué &quot;Zadig&amp;Voltaire&quot;. Ou &quot;Maje&quot;. Ou &quot;BeYouK&quot;...&lt;br /&gt;A vôt' bon coeur...
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                <title>Le playboy du collège</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (kittypetra59)</author>
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                                                <pubDate>Sat, 02 Feb 2008 13:55:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    Appelons le Robert. En vrai, il s'appelle pas Robert, bien sûr, mais JEAN-Robert, mais pour respecter l'anonymat et le droit à la vie privée de ce monsieur, vaut mieux changer son nom. Et puis comme ça, moi, je peux balancer tranquille sans risquer le tribunal administratif.&lt;br /&gt;Robert, donc, est prof de maths dans mon collège. Mais attention, pas un vulgaire prof de maths certifié tout court, naaaan, Robert donne des cours à la fac, autant dire qu'il est presque agrégé, et de temps en temps, il fait quelques recherches sur Google, ensuite il fait copier-coller et puis il signe d'un JR-qui-veut-dire-Jean-Robert et ça s'appelle une publication. Vachement dynamique, Robert.&lt;br /&gt;Et puis il a le cheveu qui ondule, la chemise largement ouverte sur un torse épilé, la démarche féline et l'oeillade avenante. Et beaucoup de testostérone.&lt;br /&gt;Robert est aussi très sympa. Dès mon arrivée, il m'a accueillie à bras ouverts. &lt;br /&gt;A la cantine, j'ai appris à quel point Robert était sympa, intelligent, cultivé. Robert fait du sport (il entretient son corps d'athlète quadra), Robert fait des massages (il est sensuel et baise comme un Dieu), Robert fait plein de voyages (possibilité de voyager gratos), Robert donne des cours à la fac (il a de la thune), Robert est tellement idéal qu'il a divorcé afin de ne pas priver la gent féminine de LUI... Mais surtout... Robert maîtrise le smalltalk comme personne :&lt;br /&gt;S'étant renseigné sur mes origines allemandes, il a tout de suite trouvé LE sujet de conversation qui me ferait plaisir, à savoir... les saunas en Allemagne.&lt;br /&gt;Et le fait qu'on y va à poil.&lt;br /&gt;Pas comme en France.&lt;br /&gt;Il a embrayé sur la proximité de l'Allemagne et de la Belgique.&lt;br /&gt;Où l'on trouve aussi des saunas.&lt;br /&gt;Où, coïncidence, on va AUSSI à poil.&lt;br /&gt;Robert est sympa, Robert connaît plein de choses.&lt;br /&gt;Justement, il CONNAIT un genre de sauna comme ça.&lt;br /&gt;En Belgique.&lt;br /&gt;Photos du site internet à l'appui.&lt;br /&gt;C'est vrai que ça a l'air carrément sympa comme endroit, et justement, je ne sais pas trop quoi faire ce week-end. J'ai TRRRREEEEES envie d'y aller, en fait.&lt;br /&gt;Avec trois points de suspension...&lt;br /&gt;Car je sais ce qui va fatalement suivre, et je me réjouis déjà.&lt;br /&gt;Dans mon dos, je planque un énoooorme râteau.&lt;br /&gt;Et Robert, qui a beaucoup de testostérone, accourt :&lt;br /&gt;&quot;Et... tu as des amis pour y aller...?&quot;&lt;br /&gt;(Non non, je n'ai absolument aucune vie sociale...!!!)&lt;br /&gt;&quot;On peut y aller ensemble??&quot;&lt;br /&gt;Et là, je dégaine le râteau :&lt;br /&gt;&quot;Ouiouioui, je pense que je vais y aller avec ma copine Vero ou alors en amoureux avec mon petit chéri!&quot;&lt;br /&gt;Il accuse le coup dignement.&lt;br /&gt;Parce que Robert n'est pas rancunier. Et l'éducation nationale est un terrain de chasse où l'on trouve du gibier nouveau sans arrêt. Hier, une jeune fille timide a débarqué en salle des profs :&lt;br /&gt;&quot;Euhhhh, bonjour, je suis la remplaçante de Monsieur Déprimkronik...&quot;&lt;br /&gt;&quot;Bonjour, moi c'est Robert...&quot;&lt;br /&gt;Quand je pense que j'ai failli me marier avec un prof de maths presque agrégé qui fait du sport et qui masse et qui voyage et qui publie et qui a beaucoup de testostérone...je serai toujours une ratée...
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                <guid isPermaLink="true">http://happydeutschlehrerin.hautetfort.com/archive/2008/01/23/sois-heureux-et-ferme-la.html</guid>
                <title>Sois heureux et ferme-la</title>
                <link>http://happydeutschlehrerin.hautetfort.com/archive/2008/01/23/sois-heureux-et-ferme-la.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (kittypetra59)</author>
                                                <category>Dissection du corps professoral</category>
                                                <pubDate>Wed, 23 Jan 2008 17:02:39 +0100</pubDate>
                <description>
                    Discussion en salle des profs :&lt;br /&gt;Prof lambda : &quot;Tiens, tu es nouvelle?&quot;&lt;br /&gt;Moi : &quot;Oui, je remplace Mme Krankelehrerin...&quot;&lt;br /&gt;Prof lambda : &quot;OOOh je vois...t'as pas choisi une matière facile, c'est mort l'allemand... ya encore des gens qui font allemand?&quot;&lt;br /&gt;Moi, énervée d'entendre la même connerie pour la 10000ème fois : &quot;Ouiiiiiiiii, la preuve, c'est qu'il n'y a même pas assez de remplaçants...&quot;&lt;br /&gt;Prof lambda : &quot;Et alors, ça se passe comment avec tes classes? Pas très bien, je présume, faut dire que les remplaçants, ils s'en foutent, hein?&quot;&lt;br /&gt;Moi, estomaquée : &quot;Ben nnnon, çava, ils sont gentils...&quot;&lt;br /&gt;Prof lambda, réfléchit 2 secondes : &quot;Booon... en même temps, tu n'as pas les 4èmeB!&quot;&lt;br /&gt;Moi, impassible : &quot;Si, ce sont les germanistes LV2.&quot;&lt;br /&gt;Prof lambda : &quot;Ouais bon, en même temps t'as pas les pires hein, genre t'as pas Jimmy Grave?&quot;&lt;br /&gt;Moi, toujours impassible passque c'est pas possible autrement : &quot;Jimmy Grave, ah oui, c'est le jeune homme qui propose toujours gentiment d'effacer le tableau en fin d'heure, c'est ça?&quot;&lt;br /&gt;Prof lambda, excedée : &quot;Oui bon hein, en même temps tu vas pas te plaindre, hein???????&quot;&lt;br /&gt;Quelque chose m'échappe...
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                <guid isPermaLink="true">http://happydeutschlehrerin.hautetfort.com/archive/2007/06/12/le-bac.html</guid>
                <title>Le bac</title>
                <link>http://happydeutschlehrerin.hautetfort.com/archive/2007/06/12/le-bac.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (kittypetra59)</author>
                                                <category>Dissection du corps professoral</category>
                                                <pubDate>Mon, 11 Jun 2007 23:15:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Comme beaucoup de mes collègues qui officient en lycée, cette semaine, je &quot;suis de surveillance de bac&quot; comme on dit. En clair, on passe des heures interminables à vérifier des identités, à égrener des règles, à empêcher la fraude et à ramasser des centaines de copies qui finiront entre les mains des collègues qui &quot;sont de correction&quot;.&lt;br /&gt;Souvent, le prof de corvée est appelé dans un autre établissement que le sien, il est donc obligé de se farcir des kilomètres et des kilomètres. En contrepartie, il jouit de la chance de rencontrer d'autres collègues, parmi lesquels se trouve peut-être... la femme de sa vie / le mec craquant.&lt;br /&gt;Personnellement, j'ai été nommée dans un bahut près de chez moi, et les collègues avec qui je surveille sont moches.&lt;br /&gt;Breeeeeeeeef.&lt;br /&gt;Evidemment, cette mission de surveillance est hautement gratifiante et responsabilisante. Vous vous rendez compte, prendre en flagrant délit un ado transpirant qui cherche désespérément à planquer son anti-sèche, et lui coller un rapport qui l'interdira de bac jusqu'à l'âge canonique de 23 ans??? Personnellement, ce genre de responsabilité, j'aime pas trop.&lt;br /&gt;Du coup, certains collègues prennent leur mission trrrrrrrès au sérieux. Les élèves doivent rester debout derrière leur chaise en position militaire, le retournement de la feuille de sujet se fait dans une chorégraphie orchestrée au millimètre près. S'ensuit une longue litanie sur les objets interdits, les bruits interdits, les sonneries pas autorisées, les sorties pas avant une heure et blablabli et blablabla. Tout ça débité avec les sourcils suffisamment froncés pour que les élèves, terrorisés, ne mouftent pas, et qu'ensuite, nous, les profs, puissions somnoler tranquillement.&lt;br /&gt;Somnoler???? Que nenni. Le prof soucieux de remplir sa mission avec dignité arpentera les rangées, et risquera même des coups d'oeil sur les copies work-in-progress... Vous je sais pas, moi c'est le truc qui me stressait à mort, à mon époque...&lt;br /&gt;Autre exercice favori du PSDSM (prof-soucieux-de-sa-mission) : faire, d'une voix sinistre, le compte à rebours :&lt;br /&gt;&quot;Il vous reste 30 minutes...&quot;&lt;br /&gt;&quot;Il vous reste 20 minutes...&quot;&lt;br /&gt;&quot;Il vous reste...&quot;&lt;br /&gt;Dans le genre crispant, ya pas pire. D'ailleurs, c'est étrange : alors que TOUS les élèves ont une montre, on sent à ces moments que la tension déborde, les copies crissent, les fronts deviennent moites...et moi, j'ai envie de regarder mon collègue et de lui dire : &quot;La ferme!!!!&quot;&lt;br /&gt;Pour rester polie...&lt;br /&gt;Enfin, lorsque l'épreuve touche à sa fin, les élèves sont sommés de poser leur stylo et de se lever immédiatement pour reprendre leur posture derrière la chaise. Le PSDSM récupère les copies comme si c'était la formule de la bombe atomique, et lorsqu'on lui propose gentiment de vérifier avec lui que tout y est, que les en-têtes sont bien remplis, et de porter le paquet au secrétariat, il nous regarde d'un air mi-apitoyé mi-méprisant, et lance : &lt;br /&gt;&quot;Nan merci, ça ira.&quot;&lt;br /&gt;Bon. Ainsi reléguée à l'inutilité, on a plus qu'à prendre le chemin du retour. Après tout, hein, pourquoi ne pas lui laisser ce plaisir, il a l'air d'y tenir si fort...!
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                <guid isPermaLink="true">http://happydeutschlehrerin.hautetfort.com/archive/2007/05/12/l-inspection.html</guid>
                <title>L'inspection</title>
                <link>http://happydeutschlehrerin.hautetfort.com/archive/2007/05/12/l-inspection.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (kittypetra59)</author>
                                                <category>Dissection du corps professoral</category>
                                                <pubDate>Sat, 12 May 2007 13:05:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Branle-bas de combat ! En arrivant au lycée hier, je croise une collègue, toute verdâtre...&lt;br /&gt;&quot;Ben keske t'as? T'as mangé trop de chou-fleur à la cantoche?&quot;&lt;br /&gt;&quot;Nan...T'es pas au courant??? Y'a l'inspectrice qui vient lund i!&quot;&lt;br /&gt;KWÂÂÂÂÂÂ?????&lt;br /&gt;Toute la journée, ça a été le jeu des devinettes pour savoir QUI, de nous 4, allait &quot;Y&quot; passer. Le soir, le verdict est tombé : JE ne serai PAS inspectée.&lt;br /&gt;Du coup, ce weekend :&lt;br /&gt;- Je ne bricolerai pas un beau cahier de textes avec plein de choses soulignées.&lt;br /&gt;- Je n'ordonnerai pas fébrilement mon classeur, en prenant soin de jeter à la poubelle les tracts des syndicats et la caricature toute moisie. C'est fou tout ce qui se ballade dans un classeur... Tiens, un emballage de twix tout plat!!!&lt;br /&gt;- Je ne ferai pas un document Word avec la progression de toute l'année recopiée dans le manuel de 1ère.&lt;br /&gt;- Je ne ferai pas un document Word avec la progression de la séquence recopiée dans le manuel de 1ère.&lt;br /&gt;- Je ne ferai pas un document Word avec les objectifs de la séance, les compétences travaillées, les devoirs, la trace écrite etc... etc... etc...&lt;br /&gt;- Je ne préparerai pas à l'arrache un cours iufm-correct conforme au CECRPLL, ah nan zut, c'est le CCEDRPLE, merde, c'est toujours pas ça, bref, les profs de langue savent, ce cadre commun machinchose.&lt;br /&gt;- Je ne porterai pas in extremis au pressing mon tailleur tout pas usé qui sent la naphtaline. Je n'errerai pas en sueur dans les magasins à la recherche d'une chemise blanche qui n'a PAS de ronds de transpiration sous les aisselles.&lt;br /&gt;- Je pourrai laisser au placard mes escarpins de secrétaire.&lt;br /&gt;- Je n'angoisserai pas à l'idée de filer mes bas juste avant.&lt;br /&gt;- Je ne devrai pas convoquer mes élèves lundi matin en session extraordinaire pour leur apprendre le rudiment des consignes en allemand.&lt;br /&gt;- Je ne devrai pas dépenser 50 cents à la machine à café afin de mettre la dame dans de bonnes dispositions.&lt;br /&gt;- Je ne vivrai pas l'heure de cours la plus longue de ma vie. Je n'entendrai pas de grognements au fond de la salle, et je ne serai pas obligée de museler Kevin qui est plein de bonne volonté mais qui parle un allemand affreux.&lt;br /&gt;- La nuit de dimanche, je dormirai!&lt;br /&gt;- Je n'attendrai pas mon rapport pendant 3 mois.&lt;br /&gt;- Je ne serai pas promue au grand choix.&lt;br /&gt;- Je ne saurai pas si je suis une bonne prof, ou une prof de m...
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                <title>Mes privilèges de prof</title>
                <link>http://happydeutschlehrerin.hautetfort.com/archive/2007/03/22/mes-privileges-de-prof.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (kittypetra59)</author>
                                                <category>Dissection du corps professoral</category>
                                                <pubDate>Thu, 22 Mar 2007 20:00:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    Le vendredi avant les vacances, j'avais décidé de me plonger dans le milieu socio-culturel de mes élèves, histoire de comprendre leur fonctionnement, leurs aspirations, leurs valeurs... Je suis donc allée acheter mon quatre-heures au Shopi du village abritant mon collège par intérim.&lt;br /&gt;J'ai commencé par prendre de l'essence, et là, le choc : un truc que je n'avais pas vu depuis (au moins) 20 ans : à la pompe à essence, y'avait un POMPISTE. Un vrai. Un à qui ont dit nonchalamment : &quot;Le plein de super, silvouplé!&quot;. Sauf que moi, comme je suis une dame du monde, j'ai demandé le plein de Diesel. Ouais ouais, comme la marque, héhéhé.&lt;br /&gt;Je passerai sur les pensées inavouables qui m'ont traversé l'esprit pendant que le pompiste enfonçait sa grosse pompe dans l'orifice de ma voiture, en y déversant le précieux nectar qui allait m'amener jusqu'au Paradis (home, sweet home...). Finalement, prendre de l'essence, c'est presque indécent !&lt;br /&gt;Ensuite, direction entrée du Shopi. Inspection discrète de la clientèle. &lt;br /&gt;OUCH.......&lt;br /&gt;Rien à voir avec mon monop' citadin, où des bobos très hype et des jeunes cadres mignons déambulent parmi l'assortiment de nourriture améliorée, en arborant discrètement le petit coeur sur leur panier, afin de signaler à leurs alters ego féminins éventuels qu'ils ne sont pas contre un partage de pizza, et plus si affinités.&lt;br /&gt;Non, ici, les courses se font en famille. Sauf que les relations ne sont jamais très évidentes. Tiens, les deux là-bas, des soeurs??? Non, non, la mère et la fille. Ou plutôt, la fille-mère et sa gamine pré-pubère. Ou très pubère.&lt;br /&gt;Et là, alors, comme c'est mignon, la mamie emmène sa petite-fille au Shopi !&lt;br /&gt;Non non, encore une fois, il s'agit du couple mère-fille. Faudra que je prévienne le &quot;Comptoir des Cotonniers&quot; qu'il y a de quoi faire un casting, ici!&lt;br /&gt;Tout ce beau monde traîne dans les rayons, en s'invectivant grassement d'une gondole à l'autre. Je ne comprends pas toujours tout, patois oblige.&lt;br /&gt;&quot;Va ker eul' pain!&quot;, entend-on, par exemple. Toutes, elles ont un point commun : la voix grave, leurs phrases se terminent invariablement en &quot;ôôô&quot; (à la place de notre &quot;a&quot;).&lt;br /&gt;Les gamines parlementent ferme pour ajouter une monstrueuse bombe chimico-calorique au butin, style seau de barbe à papa. En regardant le contenu des paniers qui me doublent, je comprends pourquoi mes élèves ont si souvent mauvaise mine, et sont, pour la plupart, maigres à faire peur, ou obèses.&lt;br /&gt;Cling cling cling, tiens, subitement, un bruit de caddie. Et le premier représentant du sexe fort. Edmond (appelons-le Edmond...) se dirige vers la caisse, le cheveu jaune et la gitane maïs à peine éteinte au coin de la bouche. Le &quot;cling cling&quot;, c'est la quantité hallucinante de canettes de Valstar vertes qui gît au fond du caddie. Sa ration de la soirée. MA ration de toute une année...&lt;br /&gt;A mon tour, je me dirige vers l'une des deux caisses, afin d'y régler gentiment mon goûter : une tablette de choc' 1848 praliné feuilleté (mon préféré du moment) et des biscuits aux noix BonneMaman emballés individuellement.&lt;br /&gt;Devant moi, l'inévitable duo inter-générationnel. Devant elles, les repas de 3 jours. Steacks surgelés rose clair, paquet king size de frites, hamburgers tout prêts. Et la bière, of course. La gamine revient d'un rayon, des étoiles dans les yeux, en brandissant un gros paquet de biscuits marque &quot;1er prix&quot; à genre 30 cents. Elle esquisse un timide sourire interrogateur à l'intention de sa mère.&lt;br /&gt;&quot;Vâ r'poser ça toudsuite, ou cht'en fous une!&quot; rugit la grosse voix maternelle. La gamine, dépitée, revient à la caisse, bredouille. Je surprends son regard mélancolique sur mon goûter.&lt;br /&gt;Puis, le regard de la mère. Ses yeux de plein fouet dans mes yeux. Un regard bleu, délavé à force de pleurer pour des raisons que je devine. Ses cheveux filasses, gras à force de transpirer la misère, et son pull tout bouloché, lavé 1000 fois au Saint Marc. Un regard d'en bas, alors qu'elle est aussi grande que moi. Juste un peu voûtée, à force de porter sa croix.&lt;br /&gt;Je regarde ses courses, puis les miennes. Pour un goûter, je claque l'équivalent de ses trois repas. Je sais qu'elles ont dû compter, la mère et la fille.&lt;br /&gt;Soudain, je prends conscience qu'avec mon petit salaire de prof, je suis déjà... une privilégiée.&lt;br /&gt;J'ai envie de chialer.&lt;br /&gt;Mon goûter, je m'en fous, j'irais presque le lui donner, à la gamine.&lt;br /&gt;Mais je ne le fais pas, car je sais pertinemment qu'il n'y aurait pas pire insulte.&lt;br /&gt;Les gens du Nord sont dignes jusqu'au bout, et fiers.&lt;br /&gt;J'ai honte.
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                <title>Soyez fonctionnelle, qu'elle disait</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (kittypetra59)</author>
                                                <category>Dissection du corps professoral</category>
                                                <pubDate>Tue, 13 Feb 2007 19:42:15 +0100</pubDate>
                <description>
                    Elle était plutôt grande, très droite et très vintage. Moi, j'étais grande aussi, mais de taille, seulement. Dans ma tête, je ne la ramenais pas. Nous étions assises chacune de notre côté du bureau. Elle était Principale de collège, je n'étais pas encore prof, mais j'aspirais a le devenir. Très fort.&lt;br /&gt;Elle me recevait, la petite étudiante en Capes, afin de m'apporter un premier éclairage sur mon futur métier. A l'époque, je me demandais surtout comment j'allais faire face aux drames, aux cloaques, à la misère humaine que je n'allais pas manquer de rencontrer. Durant la journée, j'avais appris qu'un élève de 2nde n'avait pas de chambre, il dormait dans le couloir. &quot;Pourrait mieux faire&quot;. Ca, c'était la conséquence tri-annuelle de ce manque de couchage décent. J'étais toute chamboulée. Putain, ce que j'étais loin de la réalité, alors...&lt;br /&gt;Les élèves, je m'imaginais que j'allais les AIMER. Candidement, naïvement. Je lui ai dit tout ça, à la Principale qui me couvait de son regard savant et bienveillant.&lt;br /&gt;&quot;Soyez fonctionnelle&quot; m'asséna-t-elle froidement. Etrange contraste entre le propos et l'éclat des yeux.&lt;br /&gt;Et moi de m'insurger : je serai déjà fonctionnAIRE, dois-je en plus être fonctionnELLE???&lt;br /&gt;Ne pas aimer ces petites bouilles adolescentes qui me sont confiées? Surtout les plus misérables, ceux qui sont nés machinalement, et qui ne recoivent rien que de la grisaille, du glauque, dans la boue et la merde.&lt;br /&gt;Beh oui, j'aime les cas soc'. C'est ainsi qu'on les appelle, dans mon lycée huppé. Et quand je dis que je les aime, les cas sociaux, je reçois en retour un de ces regards mi-moqueur, mi-méprisant, genre &quot;tss tss tss, la pauvre fille, qu'est-ce qu'elle en sait ?&quot;. Le prof de lycée huppé sait apprécier sa chance de ne pas devoir enseigner à la fange de la société. Moi, je suis ingrate, ou pire, complètement ignare. Ou du moins blonde. Breeeeef.&lt;br /&gt;Seulement moi, je ne FONCTIONNE pas de cette manière. J'essaye d'apporter autre chose que la pure transmission de savoir. A ceux qui le demandent, muets, les regards en disant bien plus long.&lt;br /&gt;Il y a des jours où, effectivement, je ne les aime pas. Pire, je les hais, j'ai envie de leur faire subir les pires souffrances. Je les trouve laids, puants, mal élevés. Bons à jeter. Le rebut de la société, le tiroir d'en-bas. Alors, j'essaye d'être fonctionnelle. Quand même. Y'a des jours où c'est plus facile, d'être fonctionnelle.&lt;br /&gt;Par exemple, quand la classe difficile (on a toujours une classe difficile, c'est le principe de la constante macabre) se rend compte qu'elle peut réussir, et que les élèves construisent le cours avec nous, un sourire d'une oreille à l'autre. Ou quand ils copient, tout sages, même le caïd du collège. Alors, je les couve de mon regard de moins en moins fonctionnel.&lt;br /&gt;Et puis il y a ces jours précis où l'on oublie carrément la distribution des rôles. Quand un élève de terminale se pointe en cours, boucles d'anges et yeux bleus foncés. Stature d'homme, sans aucun doute. Plus l'ombre d'un ado. La boule dans le ventre est la même. Derrière chaque fonctionnaire, il n'y a qu'un pauvre être humain, avec des fonctions organiques qu'aucun inspecteur ne pourra jamais noter.&lt;br /&gt;Mais ça, c'est tabou.
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                <title>L'avenir de la France</title>
                <link>http://happydeutschlehrerin.hautetfort.com/archive/2007/02/10/l-avenir-de-la-france.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (kittypetra59)</author>
                                                <category>Dissection du corps professoral</category>
                                                <pubDate>Sat, 10 Feb 2007 15:37:03 +0100</pubDate>
                <description>
                    Une foule dense et colorée s'engouffre dans le grand gymnase au toit en voûtes boisées. Des rires, des conversations animées fusent de tout côtés. Dans un brouhaha assourdissant, la foule juvénile prend place sur les banquettes installées spécialement pour l'occasion. Grand fatras de manteaux, d'écharpes, de bonnets et moumoutes en tout genre. Le sol se jonche de cartables, de sacs à dos ou plastiques. Au dernier rang, un groupe de joyeux drilles chante une vieille chanson de colo. Connais pas, j'ai jamais fait de colo... Le soleil matinal prend part à l'effervescence ambiance en envoyant ses rayons sur les têtes blondes de l'assistance.&lt;br /&gt;Devant, une estrade solennelle, des micros, des bouteilles d'eau. Nous attendons une visite importante : celle de Monsieur le Préfet. Seulement, personne ici ne semble s'en émouvoir, et lorsque le Monsieur fait son entrée, accompagné comme il se doit par un groupe de personnes à la mine importante, les bavardages ont bien du mal à cesser.&lt;br /&gt;Ce n'est que sur les râclements de gorge insistants de la Directrice que nous consentons enfin à faire un semblant de silence respectueux.&lt;br /&gt;Monsieur le Préfet pose son séant sur la chaise du milieu, et, après une brève introduction de la Directrice, entame son discours.&lt;br /&gt;&quot;Je suis très heureux et très ému de vous accueillir ici. Il faut savoir que...&quot;&lt;br /&gt;Après quelques minutes, l'intérêt premier se dissipe peu à peu, et progressivement, on entend chuchoter, puis murmurer.&lt;br /&gt;&quot;Vous avez choisi la voie de l'excellence...&quot;&lt;br /&gt;Un petit gars à lunettes fait passer un mot à sa copine assise 3 rangs devant, un grand à boutons déballe un sandwich.&lt;br /&gt;&quot;Vous êtes l'avenir de la France...&quot;&lt;br /&gt;Ricanements dans l'assemblée.&lt;br /&gt;&quot;Vous êtes...l'espoir de la France...&quot;&lt;br /&gt;Gloussements non réprimés. Quelle grandiloquence !&lt;br /&gt;Le Préfet égrène son discours préfabriqué sur l'éducation, le travail, le mérite... le mot excellence revient deux-trois fois. A présent, plus personne ne s'inquiète d'être discret, certains sortent même leur travail du cartable, on voit circuler des feuilles à carreaux, remplies de remarques au stylo rouge. Des polys sont échangés, histoire de rattraper le dernier cours séché. Ca pouffe, ça rigole. Ca bavasse, ça jacasse. Cette jeunesse-là n'a plus la notion du respect, alors que Monsieur le Préfet s'époumonne sur son estrade obsolète, en essayant vainement de crier plus fort que nous.&lt;br /&gt;Vous croyez certainement avoir affaire à des ados mal élevés, des élèves mal avertis? Pas du tout.&lt;br /&gt;Nous sommes le 31 août, dans le gymnase de l'IUFM, au discours de bienvenue qui accueille les étudiants tout fraîchement reçus au Capes, et qui s'apprêtent à rejoindre, certains pour le restant de leurs jours, la grande famille de l'éducation nationale...
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