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mardi, 29 janvier 2008
Festival d'excuses
Dans ma 4ème, il y a Tabatha. Tabatha a une grande mèche qui lui barre la moitié haute du visage, et un foulard HelloKitty qui cache le reste. Du coup, je ne sais pas trop à quoi elle ressemble. Pourtant, je l'aime bien, rapport au foulard félin. Seulement voilà, Tabatha met mes nerfs à rude épreuve, car elle est la championne en excuses bidon en tout genre.
Quand je dis par exemple de faire un exercice "pour la prochaine fois", elle me sort "je savais pas quand c'est, la prochaine fois". Ok, maintenant je note la date au tableau.
Quand je dis de faire l'exercice n°2 page 53, elle arrive, triomphante : "Madame, je savais pas dans quel livre!"
Euh... le livre de maths, à tout hasard???
Donc maintenant, c'est :"Pour mercredi 30 janvier, vous faites l'exo 2 page 53 du livre d'allemand."
On s'adapte...
Sauf que...
"Madame, j'ai pas compris." Ben oui. Alors je prévois une session d'explication supplémentaire rien que pour elle.
Qu'elle oublie sitôt sortie de mon cours.
"Madame, je savais pas qu'on était obligé de le faire..."
OK...
"Pour jeudi 31 janvier, vous faites l'exo 3 page 53 du livre d'allemand. Et vous êtes obligés de le faire!!!"
"Madame, je pouvais pas le faire, le livre était dans mon sac, et le sac était dans ma chambre. Mais moi j'étais dans le salon."
Cette jeune fille se fout de moi?
Je prends le carnet, je met un mot incendiaire, à l'intention des géniteurs de cette demoiselle. A faire signer.
"Madame, je savais pas qu'il fallait le faire signer pour aujourd'hui. Normalement les profs ne vérifient pas."
Il est temps que je me repose...
17:41 Publié dans Anecdotes en direct de la salle de cours | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
jeudi, 24 janvier 2008
J'en voeux encore
Etude dirigée avec les 6eme...
Normalement je suis sensée juste surveiller ces petits qui font leurs devoirs, et éventuellement filer un coup de main quand ils ont besoin... En vrai, cela donne :
Mimosa : "Madâââme, vous êtes bonne en maths?"
Moi : "Euh...ahem...eh bien..."
Bonzaï : "Eh Mimosa, ça se fait pas de demander un truc pareil!"
Mimosa : "Ben pourquoi?"
Bonzaï : "Passque si ça se trouve, Madâââme elle est nulle en maths et alors elle va être gênée de devoir répondre!"
Ah ah...!
Cactus : "Madâââme, j'ai fini!"
Tous : "Madâââme, on a plus rien à faire..."
20 paires d'yeux me fixent avec espoir, il reste 45 minutes...
Réfléchir... trouver un truc, vite...
Mon regard tombe sur l'affiche du conte "Der Fischer und seine Frau" des frères Grimm.
"Vous faites quoi en ce moment, en français?"
Eux : "Les contes, M'dame!"
Ah ben ça tombe bien!
Et c'est dans un silence religieux que je leur raconte le début de ce conte d'antologie. Il était une fois...
Là où ça devient intéressant, je dis hop hop, on prend une feuille, on laisse libre cours à son imagination, et on écrit la fin de l'histoire!
20 petites mains grattent le papier, le bout de la langue pointant consciencieusement vers la feuille...
10 minutes avant la fin, ils ont le droit de savoir la fin. La vraie. Leurs fins à eux ne sont pas mal non plus. Ce que le pêcheur demande au poisson? Des sous, des sous, et encore des sous. Ces petits ont déjà bien compris la dure réalité économique de la vie...
"Madââme, ben moi si le poisson il me donnait un voeu, eh ben je lui dirais que j'en voeux pas!"
Ah ah...!
"Madââme, si on lui demande de mourir, il dit oui aussi?"
Euhhh...
"Madâââme, je peux dire la morale de l'histoire?"
Bien sûr!
Ce qui donna :
"Si on demande trop au poisson, il se transforme en poison..., alors contente-toi d'une modeste boisson"
C'est où qu'on signe pour changer de matière...?
17:37 Publié dans Anecdotes en direct de la salle de cours | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
mercredi, 23 janvier 2008
Sois heureux et ferme-la
Discussion en salle des profs :
Prof lambda : "Tiens, tu es nouvelle?"
Moi : "Oui, je remplace Mme Krankelehrerin..."
Prof lambda : "OOOh je vois...t'as pas choisi une matière facile, c'est mort l'allemand... ya encore des gens qui font allemand?"
Moi, énervée d'entendre la même connerie pour la 10000ème fois : "Ouiiiiiiiii, la preuve, c'est qu'il n'y a même pas assez de remplaçants..."
Prof lambda : "Et alors, ça se passe comment avec tes classes? Pas très bien, je présume, faut dire que les remplaçants, ils s'en foutent, hein?"
Moi, estomaquée : "Ben nnnon, çava, ils sont gentils..."
Prof lambda, réfléchit 2 secondes : "Booon... en même temps, tu n'as pas les 4èmeB!"
Moi, impassible : "Si, ce sont les germanistes LV2."
Prof lambda : "Ouais bon, en même temps t'as pas les pires hein, genre t'as pas Jimmy Grave?"
Moi, toujours impassible passque c'est pas possible autrement : "Jimmy Grave, ah oui, c'est le jeune homme qui propose toujours gentiment d'effacer le tableau en fin d'heure, c'est ça?"
Prof lambda, excedée : "Oui bon hein, en même temps tu vas pas te plaindre, hein???????"
Quelque chose m'échappe...
17:02 Publié dans Dissection du corps professoral | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
dimanche, 20 janvier 2008
Ta mère sur Myspace
Jusqu'à maintenant, toute personne hype digne de ce nom avait sa page Myspace. Je n'expliquerai pas ici ce qu'est Myspace, soit on sait, soit on va se renseigner sur gougueule. Nan mais.
Une page Myspace digne de ce nom, c'est déjà une photo de profil très smart. Prise de préférence dans une soirée, et laissant entrevoir tout un tas de copains tout aussi hype en arrière-plan. Ensuite, une PMSCIF (page-myspace-comme-il-faut), c'est une musique qui déchire. Avec une préférence pour le truc électro de connaisseurs. Le top de la hypitude étant de mettre AVANT tout le monde, LE DJ qui va cartonner dans les mois à venir. Par exemple, à tout hasard, Kavinsky, qui harcelait tout le monde avec sa musique ambulancière il n'y a pas si longtemps, et qui joue maintenant à New York et Tokyo, et qui ne répond même plus quand on lui envoie une demande en mariage. Le rustre...tss tss tss...
Cela me permet d'arriver subtilement à un autre élément essentiel de la PMSCIF, les "amis". Pour être classe, il faut en avoir... allez, 500 au bas mot. En dessous, t'es qu'un pauvre wannabee... Seulement voilà, dans ces amis virtuels, se côtoient -virtuellement, donc- les vrais amis, ceux de la vraie vie quoi, les people, les Myspace musique, bref, du tout et n'importe quoi.
Du coup, le truc qui montre qu'on est vraiment quelqu'un de très demandé, c'est le commentaire. Et pas le commentaire de base, hein, style "thanx for the add" (si on a demandé a être l'ami de quelqu'un) ou "thanx for the request", si on a ajouté quelqu'un à sa liste d'amis. Non, le top du top, c'est le vrai message perso. "Salut poulette, ça fait longtemps!". Top moumoute.
Ou alors "Kisses sweetie". Waw.
Après, si on est vraiment limité niveau amis, on peut toujours puiser dans les réserves des copains, faire une recherche ciblée (ouioui, comme sur Mes Tics). Tiens, çui-là, j'l'ai croisé une fois dans le métro, il était avec machine, jle reconnais, hop, on envoit une friend request. Parce que franchement, des gens qui ont EN VRAI 500 amis qui en plus sont tous inscrits sur Mypace, ben franchement, j'en connais pas beaucoup... Breeeeef.
Regarder tout ça, ça prend bien sûr un temps fou, mais bon, tout le monde sait qu'un prof, ça ne fiche rien, ça bosse que 18 heures par semaine et du coup ça n'a que ça à faire.
En plus de tout ça, il faut créer des albums-photo avec tout plein de clichés de nous, hilare, à la soirée Burning Bitch avec DJ Extatik et Rollin'Saphir, nous, toujours hilare, avec trois mecs vachement beaux au vernissage de l'expo Toyz à la MFW (mais en vrai, les mecs, on les connait pas), nous, bourrée, la nuit devant l'aéronef et, si on maîtrise quelque peu photoshop, quelques clichés psychédéliques de, au hasard, nous. On peut aussi mettre des photos prises par d'autres, ce qui donne : "JPADPS par Photographe Hype" etc etc etc... Les possibilités sont infinies, je vous le dis!
Après, et c'est là à mon humble avis que Myspace, c'est quand même très bien, il y a les flyers pour les soirées. Les trucs en milieux autorisés, quoi.
Et comme sur Myspace, on est tout un tas de gens vachement cools, eh ben on reçoit tous les mêmes. Du coup, quand on arrive dans la soirée, on connait déjà plein de gens : "Eeeeeeh toiiii, jte connais, t'es sur MySpace!!!"
Ego surdimensionné... Et hop, c'est parti pour une discussion passionnée avec découverte de plein de ponts communs.
Enfin, on peut personnaliser sa page, mettre un fond d'écran classieux, des videos, des gifs animés, ahlala, j'en perds la tête. Seulement voilà, pour un résultat optimal, il faut quand même maîtriser un chouia html&co, et c'est la que le bât blesse. Ce qui fait que finalement, la PMSCIF lambda est en général moche, surchargée, clignote de partout, met des plombes à s'afficher, fait planter l'ordi quand on a autre chose qu'un Mac, bref, c'est le bronx. J'ai l'impression que chez les profs, la fréquentation de MySpace n'est pas trop répandue. C'est un peu comme les blogs, LA personnification suprême du diable, où les élèves viennent déverser leur fiel et proférer des insultes.
Je tiens à les rassurer, car malgré le laudatio plein d'emphase que je viens de faire, je me dois de vous annoncer, chers ceux qui n'ont pas de PMSCIF, que vous avez raté le coche, et que MySpace est à présent complètement has-been. Comme la tektonik, tout à fait.
Mais comme je suis sympa, je vous donne le tuyau : à présent, il faut s'inscrire sur Faïcebouque...
21:40 Publié dans Petites satires de la vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
jeudi, 17 janvier 2008
j'ai beau être matinale, j'ai mal...
En réalité, je ne suis pas matinale du tout. M'extirper du lit le matin, se laver, s'habiller, dejeuner, puis affronter les tronches de 3 km du metro, tout cela est d'une violence inouïe.
Evidemment, avec la chance que j'ai, je commence tout le temps à 8 heures. J'essaye de faire la prof très réveillée et dynamique, mais quelque chose doit clocher quelque part, parce que les 5eme, ils avaient un air très apitoyé quand ils ont constaté ce matin :
"Vous, madame, vous n'êtes pas du matin!"
Qué? On me parle? Petit insolent...
Mais avant que j'aie pu me draper dans ma dignité, le même gamin s'est empressé d'ajouter :
"Bah, ne vous inquiétez pas, nous non plus!"
Ah ah...
Nous avons donc sorti les oreillers, j'ai mis une musique douce, et on a tous somnolé ensemble jusqu'à la sonnerie mode camp de concentration à 9 heures.
Bon... en vrai, on a fait de l'allemand...
17:30 Publié dans Anecdotes en direct de la salle de cours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mercredi, 16 janvier 2008
deuxieme journee
Après ma dernière expérience en collège plutôt catastrophique, j'appréhendais le programme d'aujourd'hui : 4eme et 3eme LV2. Surtout la 4eme en fait, ma classe "noire", celle qui est en partie responsable de ces débuts de rides sur mon front.
Ca sonne, les voilà qui apparaissent, un à un, devant ma porte. Un groupe de 3 filles arrive. "Madame, on peut venir en cours avec vous?"
Moi : "pourquoi, vous n'êtes pas en 4emeB?"
Elles : "Non, on fait pas allemand, mais on a une heure de permanence, là."
Moi, surprise : "Ben pourquoi vous voulez venir alors?"
L'une d'elle, toutes timides : "C'est mon frère (en 3eme) qui m'a dit que c'est super génial avec vous, alors comme je veux peut-être faire allemand l'année prochaine..."
Ego flatté...
Je fais entrer tout le monde, et, ô surprise, ça ne bavarde pas. J'ai pu faire cours. Ils ont bossé. Et à la fin d'heure, Arthur qui vient à mon bureau, tout content : "Madame, c'est la première fois que j'arrive à faire quelque chose en allemand!"
Ego surdimensionné...
En 3eme, même topo. Gamins polis, gentils, obéissants, volontaires... Que du bonheur! Du coup j'ai envie de donner le meilleur de moi-même, ressortir des cours que j'avais préparé pendant des heures, pour d'autres élèves, et que j'ai rebalancé dans mon cartable, rageusement, au bout de 10 minutes, parce que ces autres gamins s'en foutaient royalement...
J'en profite... je sais que l'épée de Damoclès reposera sur ma tête jusqu'à la fin de l'année : se retrouver dans un autre bahut, encore, tout recommencer, retrouver des gamins qui se fichent de tout, doutes, remises en question, kilometres et kilometres, par centaines...
16:36 Publié dans Anecdotes en direct de la salle de cours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
lundi, 14 janvier 2008
Première journée
Chers lecteurs, vous allez être très déçus, car voilà, pour cette première journée, pas d'anecdotes croustillantes... des gamins gentils, qui participent, ne bavardent pas, ont leurs affaires. Des collègues prévenants et accueillants, une administration efficace. Une JPADPS heureuse de retrouver des vraies classes et de pouvoir faire des vrais cours. Que vouloir de plus? Mais bon, ce n'est que la première journée, et je n'ai pas encore vu mes 4ème LV2, LA classe qui me donne en général du fil à retordre...
Est-ce moi qui prend de la bouteille? Est-ce le métier qui "rentre"? A suivre...
17:50 Publié dans Anecdotes en direct de la salle de cours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
vendredi, 11 janvier 2008
ze comeback
Ouioui je sais, je n'ai pas raconté mon inspection, pour la simple raison que j'ai eu la flemme. Hehehe, ben oui hein, ça arrive!!!
Mais pour me faire pardonner, je vous raconterai mon coup de fil, hier, à 9 heures pétantes alors que je m'apprêtais à partir en réu avec ledit inspecteur.
(Petite phrase balancée nonchalamment pour sous-entendre ma grande proximité avec le monsieur, cela se fait bcp dans le milieu uh uh)
Mon téléphone sonne donc, un numéro que je ne connais pas s'affiche, et je pressens des emmerdes..., Sauf que non! Une voix de principale surexcitée m'apprend que je suis nommée sur le champ dans son collège pour remplacer un collège malade. Or, le collège se trouve à SEULEMENT 10 km de chez moi, alors que d'habitude, j'en fais 10 fois plus.
OUAIIIIIIIIIS!!!!!!!
Me voilà donc partie ce matin pour signer le traditionnel PV d'installation, récupérer les manuels, carte de cantine, listes d'élèves, code photocopieuse et tâter la température. Savoir à qui il faut parler, ou ne pas parler, regarder le trombinoscope des gamins etc etc etc...
Visiblement, je n'aurai pas de blousons blancs-jean taille basse sur bottes lacées derrière. Nan nan, là c'est moi qui vais devoir faire des efforts vestimentaires... Sinon les élèves seront mieux habillés que moi. grmpfff...
J'espère qu'aucun ne déballera le nouveau i-phone AVANT moi, et j'espère aussi que je serai à la hauteur...
La suite lundi...
16:23 Publié dans Le blog de la prof | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note



