vendredi, 16 mai 2008

Marine

Une fois n'est pas coutume, je vais déroger à la règle sacro-sainte du devoir de réserve, et je vais citer un VRAI nom.
MARINE.
En même temps, des Marine, y'en a 30 000. Au moins une par classe. Alors Marine, elle devient un peu emblématique des jeunes d'aujourd'hui. Ceux qu'on montre pas à la télé parce qu'ils ne sont pas violents, parce qu'ils ne sont pas colorés, ils ne crachent pas par terre toutes les 30 secondes, et ils ne fuckent pas la police.
Tandis que la majorité de la classe digère le béton cantinier du midi, Marine, elle est alerte. Tous les sens en éveil, et les grands yeux à l'affût de nourriture spirituelle.
Marine sourit. Toujours. Elle est entourée de copines comme elle.
"Bonjour madame! Comment allez-vous?"
Sourire.
Pour un peu, on se claquerait la bise.
D'ailleurs on pourrait, finalement on a partagé le rhum arrangé de la prof de sport! On peut rien me dire, Marine est majeure. Et puis de toute façon, Marine est pas restée longtemps. Elle devait retourner là où elle avait déjà passé la nuit d'avant.
Pendant que la moitié de la classe était dans les bras de Morphée, Marine était occupée à sauver des vies.
Depuis 2 ans.
"Vous savez, madame, chez nous, on fais tous ça. Mon père, mon grand'père. Alors, vous savez..."
Elle, elle sait, ça c'est sûr.
La relève féminine est assurée...

***

vendredi, 02 mai 2008

Fumer, c'est mâââl...

La semaine dernière, j'ai pas voulu faire 4 heures de train pour une heure de surveillance d'élèves. Je suis restée à la maison et j'ai regardé Derrick. Du coup, cette semaine, je suis punie. Et ma punition consiste à assister 3 FOIS à la même conférence sur la toxicomanie. Lieux communs et clichés en tout genre au programme. Lutte intense contre le sommeil. On se demande qui s'ennuie le plus : moi ou les élèves. Il faut dire que dans mon lycée, mis à part quelques rares gamins qui vont se fumer un petit stick dans le parc, la drogue, ils connaissent pas trop.

Du coup, ils avaient l'air un peu bêtes quand le type qui animait la conférence a lancé, très langage-djeuns-eh-les-gars-on-est-trop-complices :

"Aloooors, hein? Pourquoi on met un toncar au bout du pétard?"

...

"Ben quoi, un toncard, hein? Pourquoi vous mettez un toncar au bout de vot' joint?"

Je me retourne vers les élèves, et traduis :

"Le monsieur voudrait savoir pourquoi, lorsque vous vous roulez un joint, vous y mettez un petit bout de carton roulé en tube."

Ach soooo.

Ben les élèves, ils savent pas. Forcément. Tout comme ils n'ont jamais vu de dealer à l'entrée du lycée, qui glisse, ni vu, ni connu, quelques petites enveloppes blanches dans une main innocente en chuchotant : "Tiens, c'est gratuit. Goûte, tu vas voir, c'est de la bonne. T'oublieras tes mauvaises notes et tes parents qui font chier."

Les gamins qui fument, ici, ce serait plutôt du style : on est en soirée, y'a Dylan qui fait tourner un pet. Tu veux une taffe?

Alors, comme ils ne savaient pas trop de quoi parlait le monsieur, ils ont pas répondu. C'est le monsieur qui a donné sa réponse tout seul.

"Mais vous vivez sur quelle planète, vous??" qu'il a lancé. Parce que la non-réponse des élèves, c'était pas trop prévu dans le shéma, et du coup il a du dévier un peu de son discours.

Breeef, j'ai eu droit DEUX fois au même blabla, aux mêmes blagounettes (le toncar, han han!!). Et cet après-midi, je retrouve avec joie le monsieur, pour une troisième édition qui, j'en suis sûre, ne manquera pas de piquant.

J'apprendrai pour la troisième fois des choses passionnantes comme le fait que "l'héroïne que vous achetez ici est coupée à la caféine".

Ok, mec, j'en parlerai à mon dealer la prochaine fois que j'irai chercher mon képa.

J'apprendrai aussi pour la troisième fois que notre société est au centre d'une infâme machination de l'état, qui consiste à interdire la drogue, tout en en distillant assez pour que la masse se transforme en troupeau de mouton neurasthénique.

Opium for the people, mec.

J'apprendrai également que le Subutex (produit de substitution), ça défonce bien plus que l'héro, et que EN PLUS, c'est remboursé par la sécu. Toujours dans cette optique de machination machiavélique de l'état que ça arrange bien qu'on soit tous défoncés.

Tout cela est très intéressant pour nos élèves.

Comme je m'ennuierai ferme, je m'amuserai encore une fois à déstabiliser le monsieur en posant des questions emmerdantes

. Auxquelles il répondra "Oui" en s'empressant de raccrocher ce "oui" au prochain wagon de son speech appris par coeur.

On aura pas dit aux gamins que fumer des joints, ça peut creuser un terrain psychologique déjà vacillant. Que tirer sur un bédo, ça fait pas forcément du bien. Que desfois, même, ça fait flipper. A mort.

Que certains prendront une drogue "dure" une fois ou deux, vomiront un bon coup et on en parle plus, alors que d'autres vont fumer de la drogue "douce" à raison de 20-30 joints par jour.

Je me réjouis déjà.

A 13 heures...

 

mardi, 29 avril 2008

La surveillance

Je venais d'être titularisée. Prof for the whole life... Alors que je me voyais déjà au bord de la mer à somnoler en écoutant les vagues, j'ai reçu la lettre : convoquée pour surveiller des épreuves de bac. Mgnmgnmgn. Nous, les profs, on aime pas trop ça. C'est long, on s'ennuie ferme, il fait chaud, l'air est lourd et électrique à la fois, comme chargé de tout ce mouvement collectif de réflexion intense.
Moi, quand je suis de surveillance, en plus de tout ça, je suis terrorisée à l'idée qu'un des gamins triche. Parce que tricherie=rapport=interdiction de passer le bac pendant 5 ans. C'est lourd à porter comme responsabilité. Donc j'aime pas. Du coup, au début de chaque épreuve, je sors la panoplie de dragon : "Je vous PREEEEEVIENS..."
Ce jour-là, dans la salle, pas de bol, certains élèves que je connais. Parmi eux, un grand dadais aux cheveux d'ange, toujours très appliqué et soucieux de faire plaisir à ses profs. Toujours un mot gentil, volontaire, souriant, l'élève idéal. Grand dadais aux cheveux d'ange a 17 de moyenne en allemand. Ca va. Seulement voilà, les exams, on dirait que ça le stresse outre mesure. Il se tortille sur sa chaise, ses feuilles de brouillon sont marquées des empreintes mouillées de sa peur d'échouer. Lorsqu'il lève la main pour demander d'aller aux toilettes, elle tremble. Il se lève. Impossible de ne pas remarquer le bout de bouquin coincé sous son t-shirt. Il me jette un regard craintif, plein de points d'interrogation.
Je l'accompagne aux toilettes, en évitant soigneusement de le regarder.
5 minutes plus tard, il s'est soulagé.
Moi aussi, je suis soulagée. Je n'ai rien vu de suspect...

jeudi, 10 avril 2008

Le surveillant

Dès mon arrivée dans ce lycée, j'ai remarqué ce surveillant à l'allure très cool, et plutôt pas mal de surcroît, ce qui ne gâche pas l'affaire. J'ai donc entrepris des travaux d'approche assez rapidement, non pas pour le draguer, nan nan, mais surtout parce qu'il est toujours plus flatteur d'être copine avec le beau mec plutôt que celui qui ressemble à un crapaud, héhéhé. Et puis surtout parce qu'avec l'ambiance sinistre qui règne dans ce bahut la plupart du temps, tout être avenant de près ou de loin est la bienvenue dans mon aréopage désespéré.

La première fois que j'ai tenté de faire sa connaissance, c'était dans la queue à la cantine, entre les entrées et les desserts, et j'ai dû lui demander un truc passionnant du style "ah, c'est hachis parmentier aujourd'hui...?", question à laquelle il a certainement répondu un truc encore plus recherché, dans le genre "euh...ben ouais!". Bon, ça coupe net la conversation. La fois prochaine, il faudra trouver une approche plus ouverte.

Bref, je me dis que le small-talk vaut toujours mieux que rien, et qu'il est sûrement timide.

La deuxième fois, il se balade dans la cour, le i-pod vissé aux oreilles. Toute contente, je lui saute dessus :

"Eeeeeeh, saluuuut, ça va?? P'taiiin, toi aussi t'as un i-pod!!?? Trop claaaasse, moi aussi j'en veux un (à l'époque je n'avais pas encore de i-pod), si possible le 30 gigas, mais bon, il est cher, héhé."

A cela, il répond "humpfff?!" en me lançant un regard pas franchement intellectuel. Pas grave, je me dis qu'on pourra déconner ensemble. Quand il se sera décoincé.

Quelques temps plus tard, un lundi, je crois trouver le sujet de discussion idéal : en effet, quoi de plus naturel, un LUNDI, de demander :

"Aloooors, t'as fait quoi, ce week-end ? Moi, chuis allée au concert de Divine Comedy, c'était vachement bien!!!!"

Bingo, il semble intéressé par ce que je raconte, du coup, j'ose lui demander ce que LUI a fait. Et paf, la huître se referme aussi sec : "Euh, ben, j'ai travaillé, quoi !". Ah bon.

Ben oui, les surveillants, souvent ils passent des concours pour être prof, ou instit... Les pauvres, ils doivent étudier ET travailler. Quel courage...

En tout cas, je garde le cap sur le "compte-rendu de week-end" et à partir de là, tous les lundis, je taille une petite bavette avec lui, et je lui raconte mes week-ends de folie. Avec le temps qui passe, je m'autorise même quelques privautés, et pour montrer que je suis une fille qui gagne à être connue, je lui raconte que Samedi dernier, avec Babe, ont s'est mis minable, et que j'ai commencé mon Dimanche par un beau dépot de gerbe dans mes sanitaires. Un petit sacrifice au Dieu Dyonisos, quoi. Il semble amusé. Je jubile. Mais bon, en même temps, il n'est vraiment pas loquace, hein...

C'est ainsi qui nous arrivons à hier.

Hier, j'étais tranquillement au CDI à surfer sur internet, lorsque, qui voili qui voilà ? Mon surveillant ! Avec un bouquin ! Harffff, il lit ! Cool, je vais pouvoir lui causer littérature.

Moi, joviale : "Héhé, salut, héhé, alors, tu lis quoi ?"

Lui : "Euh, ben, un truc pour l'école. Plutôt chiant."

Très sérieux, le gars. D'ailleurs, il disparaît derrière une porte. Moi, plantée là, je lâche encore quelques "héhéhé" très décontractés, et voilà que Monsieur CDI me rejoint.

Monsieur CDI : "Tu l'as lui, en allemand ?"

Moi, interloquée : "Huh?!?!?"

Monsieur CDI : "Ben oui, c'est Xavier Duchmol, Terminale S4, quel cas celui-là, ça fait bien quatre fois qu'il redouble sa terminale!"

Bref, mon surveillant, il est pas surveillant du tout, et ma crédibilité, elle gît au fond de la corbeille à papier..................... 

mardi, 29 janvier 2008

Festival d'excuses

Dans ma 4ème, il y a Tabatha. Tabatha a une grande mèche qui lui barre la moitié haute du visage, et un foulard HelloKitty qui cache le reste. Du coup, je ne sais pas trop à quoi elle ressemble. Pourtant, je l'aime bien, rapport au foulard félin. Seulement voilà, Tabatha met mes nerfs à rude épreuve, car elle est la championne en excuses bidon en tout genre.
Quand je dis par exemple de faire un exercice "pour la prochaine fois", elle me sort "je savais pas quand c'est, la prochaine fois". Ok, maintenant je note la date au tableau.
Quand je dis de faire l'exercice n°2 page 53, elle arrive, triomphante : "Madame, je savais pas dans quel livre!"
Euh... le livre de maths, à tout hasard???
Donc maintenant, c'est :"Pour mercredi 30 janvier, vous faites l'exo 2 page 53 du livre d'allemand."
On s'adapte...
Sauf que...
"Madame, j'ai pas compris." Ben oui. Alors je prévois une session d'explication supplémentaire rien que pour elle.
Qu'elle oublie sitôt sortie de mon cours.
"Madame, je savais pas qu'on était obligé de le faire..."
OK...
"Pour jeudi 31 janvier, vous faites l'exo 3 page 53 du livre d'allemand. Et vous êtes obligés de le faire!!!"
"Madame, je pouvais pas le faire, le livre était dans mon sac, et le sac était dans ma chambre. Mais moi j'étais dans le salon."
Cette jeune fille se fout de moi?
Je prends le carnet, je met un mot incendiaire, à l'intention des géniteurs de cette demoiselle. A faire signer.
"Madame, je savais pas qu'il fallait le faire signer pour aujourd'hui. Normalement les profs ne vérifient pas."
Il est temps que je me repose...

jeudi, 24 janvier 2008

J'en voeux encore

Etude dirigée avec les 6eme...
Normalement je suis sensée juste surveiller ces petits qui font leurs devoirs, et éventuellement filer un coup de main quand ils ont besoin... En vrai, cela donne :
Mimosa : "Madâââme, vous êtes bonne en maths?"
Moi : "Euh...ahem...eh bien..."
Bonzaï : "Eh Mimosa, ça se fait pas de demander un truc pareil!"
Mimosa : "Ben pourquoi?"
Bonzaï : "Passque si ça se trouve, Madâââme elle est nulle en maths et alors elle va être gênée de devoir répondre!"
Ah ah...!
Cactus : "Madâââme, j'ai fini!"
Tous : "Madâââme, on a plus rien à faire..."
20 paires d'yeux me fixent avec espoir, il reste 45 minutes...
Réfléchir... trouver un truc, vite...
Mon regard tombe sur l'affiche du conte "Der Fischer und seine Frau" des frères Grimm.
"Vous faites quoi en ce moment, en français?"
Eux : "Les contes, M'dame!"
Ah ben ça tombe bien!
Et c'est dans un silence religieux que je leur raconte le début de ce conte d'antologie. Il était une fois...
Là où ça devient intéressant, je dis hop hop, on prend une feuille, on laisse libre cours à son imagination, et on écrit la fin de l'histoire!
20 petites mains grattent le papier, le bout de la langue pointant consciencieusement vers la feuille...
10 minutes avant la fin, ils ont le droit de savoir la fin. La vraie. Leurs fins à eux ne sont pas mal non plus. Ce que le pêcheur demande au poisson? Des sous, des sous, et encore des sous. Ces petits ont déjà bien compris la dure réalité économique de la vie...
"Madââme, ben moi si le poisson il me donnait un voeu, eh ben je lui dirais que j'en voeux pas!"
Ah ah...!
"Madââme, si on lui demande de mourir, il dit oui aussi?"
Euhhh...
"Madâââme, je peux dire la morale de l'histoire?"
Bien sûr!
Ce qui donna :
"Si on demande trop au poisson, il se transforme en poison..., alors contente-toi d'une modeste boisson"
C'est où qu'on signe pour changer de matière...?

jeudi, 17 janvier 2008

j'ai beau être matinale, j'ai mal...

En réalité, je ne suis pas matinale du tout. M'extirper du lit le matin, se laver, s'habiller, dejeuner, puis affronter les tronches de 3 km du metro, tout cela est d'une violence inouïe.
Evidemment, avec la chance que j'ai, je commence tout le temps à 8 heures. J'essaye de faire la prof très réveillée et dynamique, mais quelque chose doit clocher quelque part, parce que les 5eme, ils avaient un air très apitoyé quand ils ont constaté ce matin :
"Vous, madame, vous n'êtes pas du matin!"
Qué? On me parle? Petit insolent...
Mais avant que j'aie pu me draper dans ma dignité, le même gamin s'est empressé d'ajouter :
"Bah, ne vous inquiétez pas, nous non plus!"
Ah ah...
Nous avons donc sorti les oreillers, j'ai mis une musique douce, et on a tous somnolé ensemble jusqu'à la sonnerie mode camp de concentration à 9 heures.
Bon... en vrai, on a fait de l'allemand...

mercredi, 16 janvier 2008

deuxieme journee

Après ma dernière expérience en collège plutôt catastrophique, j'appréhendais le programme d'aujourd'hui : 4eme et 3eme LV2. Surtout la 4eme en fait, ma classe "noire", celle qui est en partie responsable de ces débuts de rides sur mon front.
Ca sonne, les voilà qui apparaissent, un à un, devant ma porte. Un groupe de 3 filles arrive. "Madame, on peut venir en cours avec vous?"
Moi : "pourquoi, vous n'êtes pas en 4emeB?"
Elles : "Non, on fait pas allemand, mais on a une heure de permanence, là."
Moi, surprise : "Ben pourquoi vous voulez venir alors?"
L'une d'elle, toutes timides : "C'est mon frère (en 3eme) qui m'a dit que c'est super génial avec vous, alors comme je veux peut-être faire allemand l'année prochaine..."
Ego flatté...
Je fais entrer tout le monde, et, ô surprise, ça ne bavarde pas. J'ai pu faire cours. Ils ont bossé. Et à la fin d'heure, Arthur qui vient à mon bureau, tout content : "Madame, c'est la première fois que j'arrive à faire quelque chose en allemand!"
Ego surdimensionné...
En 3eme, même topo. Gamins polis, gentils, obéissants, volontaires... Que du bonheur! Du coup j'ai envie de donner le meilleur de moi-même, ressortir des cours que j'avais préparé pendant des heures, pour d'autres élèves, et que j'ai rebalancé dans mon cartable, rageusement, au bout de 10 minutes, parce que ces autres gamins s'en foutaient royalement...
J'en profite... je sais que l'épée de Damoclès reposera sur ma tête jusqu'à la fin de l'année : se retrouver dans un autre bahut, encore, tout recommencer, retrouver des gamins qui se fichent de tout, doutes, remises en question, kilometres et kilometres, par centaines...

lundi, 14 janvier 2008

Première journée

Chers lecteurs, vous allez être très déçus, car voilà, pour cette première journée, pas d'anecdotes croustillantes... des gamins gentils, qui participent, ne bavardent pas, ont leurs affaires. Des collègues prévenants et accueillants, une administration efficace. Une JPADPS heureuse de retrouver des vraies classes et de pouvoir faire des vrais cours. Que vouloir de plus? Mais bon, ce n'est que la première journée, et je n'ai pas encore vu mes 4ème LV2, LA classe qui me donne en général du fil à retordre...
Est-ce moi qui prend de la bouteille? Est-ce le métier qui "rentre"? A suivre...

samedi, 16 juin 2007

Les sujets d'allemand

Jeudi, c'était l'épreuve écrite de LV1. Alors déjà, par rapport à mon époque, ça a changé, parce que nous, c'était "épreuve d'allemand LV1".
Maintenant, c'est tout le monde ensemble, parce que sur 25 élèves, y'en a 1 qui fait allemand. Breeeef.
Du coup, les sujets arrivent tout mélangés, et nous on doit se démerder avec. Et comme j'ai surveillé avec un prof de physique, ben au moment ou on a dit aux élèves qu'ils pouvaient démarrer, y'avait des élèves qui font anglais et qui se sont retrouvés avec le sujet d'espagnol, et l'élève qui fait allemand s'est retrouvé avec...rien du tout!!!!!
Branle-bas de combat, il a fallu reprendre un sujet dans une autre salle, photocopier en catastrophe, pendant ce temps les gamins attendaient tout en essayant de reluquer leur sujet. Les boules.
Finalement, le gamin qui fait allemand a pu avoir son sujet. Sauf que moi, j'aurais bien aimé l'avoir aussi!!!!! Normal, non??J'ai donc fait appeler le chef de centre d'examen, et je lui ai demandé si il daignerait m'apporter une copie de ce précieux sujet. Réponse : on ne les a pas. Ah bon.......
J'ai donc du, la mort dans l'âme, arpenter la rangée 4 en long et en large, histoire de reluquer le texte... Un truc sur la RDA, visiblement.
Pendant que les espagnol LV1 et anglais LV1 grattaient leurs questions de compréhension, LE "germaniste" essayait laborieusement de décrypter le texte.
Une heure plus tard, toujours pareil. La RDA ne semble pas l'inspirer. Pendant ce temps, les hispanistes font de jolies phrases :
"Como lo vemos...blablabla..."
Troisième heure, notre germaniste a dégusté son goûter, et il s'attaque à l'expression écrite.
"Lieber Vati,
Ich schreibe dich........"
Les germanistes comprendront la vague de désespoir qui m'a submergé à cet instant-là...
Deutsche Sprache, schwere Sprache???

Toutes les notes