mercredi, 07 mai 2008
Jeu de quilles
J'avais disposé mes quilles comme il faut sur ce que je croyais être le bout de la piste. Je les avais alignées bien géométriquement, elles se dressaient bien droites, carrées, comme mes certitudes.
Chaque quille avait son rôle défini. Chacune représentait une partie de ma vie. Je les ai alignées par ordre d'importance...
Je les ai choisies bien solides et stables, tout comme devait l'être ma vie. Tout en sachant bien que tout cela n'est qu'un fragile édifice, et que le premier joueur débutant qui viendrait lancer sa boule dedans pourrait le faire s'effondrer sans trop de peine.
Mais c'est bien plus que cela qui est arrivé : d'une main habile et nonchalante, il a jeté sa boule sur mesure sur la piste toute huilée, et je ne l'ai même pas vue arriver :
STRIKE!
Le jeu de quilles a volé en éclat, et chacune s'est effondrée sur le côté. Il est arrivé à pas de loup, et, discrètement, a replacé toutes les quilles selon sa façon. Maintenant, c'est lui qui mène le jeu...
01:14 Publié dans Le blog de la prof | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
dimanche, 04 mai 2008
La VRAIE prof d'allemand
Etrange comme chaque corps professoral a son archétype. Par exemple, le prof d'histoire au look "lutte finale" et veste Camif. La prof de dessin au look choucroute-René Derhy. Le prof de maths look théorème-Zadigue (sans Voltaire...!).
Voilà pourquoi j'étais si vexée lorsqu'hier, lors d'une pause-clope devant mon bistrot préféré, le jeune homme charmant qui tentait d'engager la conversation a lâché :
"Toi, je suis sûr que tu es prof de langues".
Bon, à ma décharge, je lui avais dit que j'étais prof. Faut pas déconner non plus.
Prof de langues, donc. J'ai une tête de prof de langues.
Après, avec la tête que j'ai, il lui a été facile de deviner que je ne suis PAS prof d'espagnol.
Je suis rentrée chez moi en ruminant, car l'étiquette "prof d'allemand", ben c'est lourd à porter.
La vraie prof d'allemand est une femme, c'est statistiquement prouvé. Cela dit, regardez bien le collègue mâle cinquantenaire qui fait la tête dans un coin de la salle des profs, il y a de fortes chances pour que ce soit un collègue d'allemand.
La vraiE prof d'allemand, donc, a entre 30 et 40 ans. Son métier est tout pour elle, ainsi, bien souvent, elle est célibataire. Célibataire en phase d'acceptation du fait que non, elle n'enfantera jamais. Parfois, on en trouve qui sont mariés et à la tête d'une heureuse tribu, mais dans ce cas, ladite tribu va devoir faire des concessions. Car pour la vraie prof d'allemand, quoiqu'il arrive, le métier est tout pour elle.
Côté look, il y a deux écoles. D'un côté la prof d'allemand tellement débordée qu'elle n'a plus le temps de pratiquer ni shampooing, ni séance d'épilation, et dont la penderie a cessé d'évoluer au milieu des années 90. De l'autre côté, l'extrême inverse, coquetterie et petits créateurs pas chers, mèches tricolores et maquillage rutilant. D'un côté, la souris grise, de l'autre, le perroquet flamboyant.
Bien souvent minée par des années de TZRiat, lorsqu'elle a un poste fixe, la prof d'allemand s'accroche à lui comme une moule au rocher. Pour sauver son précieux poste des tempêtes de cartes scolaires, elle mène son radeau avec la fougue du pirate, contre vents et marées. Elle promène son bâton de pèlerin dans les classes innocentes de non-germanistes afin de rassembler les foules derrière elle dans un enthousiasme débridé. Elle est fière d'envoyer chaque année ses statistiques à l'inspecteur : Cette année, j'ai ramené 5 6ème LV1!!!
La vraie prof d'allemand est d'ailleurs un peu amoureuse de son inspecteur. Lorsqu'elle a la chance de le voir en réunion, elle glousse comme une ado à toutes les blagounettes du monsieur, et elle se donne corps et âme afin d'honorer toutes les corvées que le monsieur daignera lui confier, rapport à son grand dévouement, ses compétences et son dynamisme. Corrections, commissions, groupes de réflexion, missions, formations... L'I.P.R. est tout pour elle. Un peu son père, un peu son amant, un peu le prof qu'elle rêvait de se faire quand elle était elle-même élève. Le fantasme du vénéré prof d'allemand enfin a portée de main...
Au niveau pédagogie, on ne peut rien lui reprocher. Elle est tellement angoissée à l'idée de rater une salve de nouvelles idées de l'inspection, qu'elle a mis le site académique d'allemand en flux RSS sur sa page Netvibes. Elle est au courant du nouveau film allemand avant que le tournage débute. Lorsque ledit film sort enfin dans une obscure salle de ciné art et essai, elle a déjà didactisé l'ensemble des scènes. A l'heure qu'il est, elle est en conflit avec le Proviseur, afin d'obtenir une rallonge de sous pour emmener ses élèves voir le chef-d'oeuvre, et puis surtout, leur faire subir ledit appareil pédagogique.
De plus, elle trouve le temps de lire TOUT ce qui doit avoir été lu en littérature allemande, ce qui fait qu'elle a toujours des textes très novateurs à proposer. Pour elle, Tokyo Hotel est déjà ringard, elle, elle fait écouter les Killerpilze à ses élèves.
Malgré tout cela, comment dire, la ringardise ne l'a pas épargné. Comme si être prof d'allemand, c'est être inévitablement has-been. Peut-être est-ce à force d'entendre les collègues clamer avec compassion que, de toute façon, l'allemand, c'est mort... Il flotte autour de la vraie prof d'allemand comme une odeur de charogne.
D'ailleurs, après des années de sacrifices, de veille technologique pour être à la pointe de la pédagogie, de renoncement à toute vie privée et d'admiration sans bornes vouée au corps d'inspecteurs et puis surtout, de guerre lasse afin de sauver le radeau qui coule, le couperet tombe :
Carte scolaire. Poste supprimé. Prof à la rue, TZR, quel mot honteux... moi qui ai été au jury au BTS, aimée et admirée par mes élèves. TZR. Reléguée au CDI.
Alors, c'est la dégringolade. Le perroquet flamboyant laisse ses plumes, une à une, pour errer de bahut en bahut, en pigeon gris et terne. Arrive enfin un jour ou la déchéance devient si visible que le rectorat en oublie d'utiliser ce prof, même lorsqu'il y a pénurie de remplaçants.
Pendant ce temps, non loin de là, un groupe d'étudiants joyeux, enthousiastes et prêts à tout chambouler, passe le Capes et se réjouit déjà à l'idée de faire le ménage dans ce tas poussiéreux de vieux profs has-been.
Laissons-leur encore un peu leurs illusions.
13:16 Publié dans Dissection du corps professoral | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : prof d'allemand, camif
vendredi, 02 mai 2008
Fumer, c'est mâââl...
La semaine dernière, j'ai pas voulu faire 4 heures de train pour une heure de surveillance d'élèves. Je suis restée à la maison et j'ai regardé Derrick. Du coup, cette semaine, je suis punie. Et ma punition consiste à assister 3 FOIS à la même conférence sur la toxicomanie. Lieux communs et clichés en tout genre au programme. Lutte intense contre le sommeil. On se demande qui s'ennuie le plus : moi ou les élèves. Il faut dire que dans mon lycée, mis à part quelques rares gamins qui vont se fumer un petit stick dans le parc, la drogue, ils connaissent pas trop.
Du coup, ils avaient l'air un peu bêtes quand le type qui animait la conférence a lancé, très langage-djeuns-eh-les-gars-on-est-trop-complices :
"Aloooors, hein? Pourquoi on met un toncar au bout du pétard?"
...
"Ben quoi, un toncard, hein? Pourquoi vous mettez un toncar au bout de vot' joint?"
Je me retourne vers les élèves, et traduis :
"Le monsieur voudrait savoir pourquoi, lorsque vous vous roulez un joint, vous y mettez un petit bout de carton roulé en tube."
Ach soooo.
Ben les élèves, ils savent pas. Forcément. Tout comme ils n'ont jamais vu de dealer à l'entrée du lycée, qui glisse, ni vu, ni connu, quelques petites enveloppes blanches dans une main innocente en chuchotant : "Tiens, c'est gratuit. Goûte, tu vas voir, c'est de la bonne. T'oublieras tes mauvaises notes et tes parents qui font chier."
Les gamins qui fument, ici, ce serait plutôt du style : on est en soirée, y'a Dylan qui fait tourner un pet. Tu veux une taffe?
Alors, comme ils ne savaient pas trop de quoi parlait le monsieur, ils ont pas répondu. C'est le monsieur qui a donné sa réponse tout seul.
"Mais vous vivez sur quelle planète, vous??" qu'il a lancé. Parce que la non-réponse des élèves, c'était pas trop prévu dans le shéma, et du coup il a du dévier un peu de son discours.
Breeef, j'ai eu droit DEUX fois au même blabla, aux mêmes blagounettes (le toncar, han han!!). Et cet après-midi, je retrouve avec joie le monsieur, pour une troisième édition qui, j'en suis sûre, ne manquera pas de piquant.
J'apprendrai pour la troisième fois des choses passionnantes comme le fait que "l'héroïne que vous achetez ici est coupée à la caféine".
Ok, mec, j'en parlerai à mon dealer la prochaine fois que j'irai chercher mon képa.
J'apprendrai aussi pour la troisième fois que notre société est au centre d'une infâme machination de l'état, qui consiste à interdire la drogue, tout en en distillant assez pour que la masse se transforme en troupeau de mouton neurasthénique.
Opium for the people, mec.
J'apprendrai également que le Subutex (produit de substitution), ça défonce bien plus que l'héro, et que EN PLUS, c'est remboursé par la sécu. Toujours dans cette optique de machination machiavélique de l'état que ça arrange bien qu'on soit tous défoncés.
Tout cela est très intéressant pour nos élèves.
Comme je m'ennuierai ferme, je m'amuserai encore une fois à déstabiliser le monsieur en posant des questions emmerdantes
. Auxquelles il répondra "Oui" en s'empressant de raccrocher ce "oui" au prochain wagon de son speech appris par coeur.
On aura pas dit aux gamins que fumer des joints, ça peut creuser un terrain psychologique déjà vacillant. Que tirer sur un bédo, ça fait pas forcément du bien. Que desfois, même, ça fait flipper. A mort.
Que certains prendront une drogue "dure" une fois ou deux, vomiront un bon coup et on en parle plus, alors que d'autres vont fumer de la drogue "douce" à raison de 20-30 joints par jour.
Je me réjouis déjà.
A 13 heures...
11:23 Publié dans Anecdotes en direct de la salle de cours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : drogue, cannabis
mardi, 29 avril 2008
La surveillance
Je venais d'être titularisée. Prof for the whole life... Alors que je me voyais déjà au bord de la mer à somnoler en écoutant les vagues, j'ai reçu la lettre : convoquée pour surveiller des épreuves de bac. Mgnmgnmgn. Nous, les profs, on aime pas trop ça. C'est long, on s'ennuie ferme, il fait chaud, l'air est lourd et électrique à la fois, comme chargé de tout ce mouvement collectif de réflexion intense.
Moi, quand je suis de surveillance, en plus de tout ça, je suis terrorisée à l'idée qu'un des gamins triche. Parce que tricherie=rapport=interdiction de passer le bac pendant 5 ans. C'est lourd à porter comme responsabilité. Donc j'aime pas. Du coup, au début de chaque épreuve, je sors la panoplie de dragon : "Je vous PREEEEEVIENS..."
Ce jour-là, dans la salle, pas de bol, certains élèves que je connais. Parmi eux, un grand dadais aux cheveux d'ange, toujours très appliqué et soucieux de faire plaisir à ses profs. Toujours un mot gentil, volontaire, souriant, l'élève idéal. Grand dadais aux cheveux d'ange a 17 de moyenne en allemand. Ca va. Seulement voilà, les exams, on dirait que ça le stresse outre mesure. Il se tortille sur sa chaise, ses feuilles de brouillon sont marquées des empreintes mouillées de sa peur d'échouer. Lorsqu'il lève la main pour demander d'aller aux toilettes, elle tremble. Il se lève. Impossible de ne pas remarquer le bout de bouquin coincé sous son t-shirt. Il me jette un regard craintif, plein de points d'interrogation.
Je l'accompagne aux toilettes, en évitant soigneusement de le regarder.
5 minutes plus tard, il s'est soulagé.
Moi aussi, je suis soulagée. Je n'ai rien vu de suspect...
12:35 Publié dans Anecdotes en direct de la salle de cours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
lundi, 28 avril 2008
Les profs sont grassement payés...
...ça, tout le monde le sait. MEME pendant les vacances. Les profs font des voyages scolaires, loin, au frais de Princesse Contribuable. Les profs sont payés pour être assis pendant une heure sur une chaise à surveiller des gamins qui travaillent gentiment. Mais surtout, les profs ont un salaire de ouf.
Jeudi matin. Quai de gare. Comme toujours depuis 4 ans, je glisse ma CB dans la fente du distributeur de la SNCF. On peut dire que depuis que je suis prof, je participe largement à leur CA. C'est bien, comme ça l'argent de l'état retourne aux caisses de l'état. Quand j'étais au collège, on avait un prof de physique qui parlait toujours du système de "vases communicants". Cette expression me faisait rire, sans que je la comprenne réellement. Là, je sais.
Au bout d'une minute à mouliner, la machine rend son verdict irrévocable : "paiement refusé".
Je dois aller à Bled-paumé-du-62, 2 heures de train aller, deux heures retour, pour surveiller pendant deux heures des gamins qui font leurs devoirs. Je suis sensée les aider s'ils ont besoin de moi. Ce que je fais avec plaisir. En chaque début d'heure, je leur rappelle pourquoi je suis là. Certains doivent d'ailleurs se le demander, à force de me voir partir, revenir, partir encore... Je leur propose donc mon aide en allemand, of course, en anglais et en espagnol, et français. Mais ils ont DS de maths le lendemain. Moi, j'avais 3/20 en maths... Sans parler de la physique... Bref, le devoir m'attend. Car il est bien entendu inacceptable que je sois payée à ne rien faire. Alors, durant les périodes où j'attends qu'un collègue se casse une jambe au ski, devienne dépressif ou tout simplement accompagne un de ces voyages en Grèce ou en Italie, je dois justifier d'une "utilisation" judicieuse de ma personne dans mon bahut de rattachement.
Surveillances, soutien, aide au CDI. Tout ce qui peut rester en plan sans problème desfois que je serais appelée à remplacer (pardon, je vais acheter un Bescherelle...) et puis surtout, SURTOUT, il ne faut pas que ces activités qui sont les miennes demandent un changement d'emploi du temps pour qui que ce soit, lors de mes absences. En clair, inutile de monter des projets trop intéressants. De toute manière, des projets avec qui ? Je suis prof d'allemand, avec l'énorme handicap d'être germanophone. D'avoir quelques missions intéressantes confiées par l'inspecteur. Et puis je ne suis pas tout le temps là, je fréquente les collèges alentours, et suis donc en contact avec les collègues qui y enseignent. Autant dire qu'il faut se méfier de moi...
Dans ce bahut, il y a quelques personnes vraiment bien. A commencer par notre Proviseur.
Celui-là, on peut dire que je lui donne du fil à retordre. J'en suis désolée. Lorsque je pousse la porte du secrétariat, et que, du fond de son bureau, il m'aperçoit, je vois sa figure s'allonger. Car combien de fois il a voulu embellir mon quotidien en me confiant des classes de soutien, des accompagnements... Ces tâches demandaient alors une organisation monstre. Etablir des listes d'élèves en concertation avec les collègues, trouver des salles dispo, prévenir les CPE, les surveillants, les familles qui... bien souvent... oubliaient de prévenir... les élèves!!!
Car c'est systématique, les élèves ne sont JAMAIS au courant qu'un soutien à été mis en place pour eux, et cela même s'ils attendent à dix devant notre salle. Cela dit, je ne peux faire autrement que comprendre. Si l'on m'avait demandé d'assister à une heure de soutien à 15 heures, alors que mes cours s'achèvent à midi, j'aurais certainement eu la même absence d'esprit...
Ensuite, lorsque mon emploi du temps a été laborieusement organisé, hop, un coup de fil du rectorat : nous avons besoin de JPADPS au collège Hubert-Felix-Thiéfaine à Presque-Picardie. A partir de demain. Pas le temps de prévenir CPE/surveillants/élèves, lorsqu'ils se rendent compte de mon absence, je suis déjà revenue de mon remplacement express.
Ma vie de TZR est tout à fait palpitante.
Notre proviseur, donc, dont j'apprécie énormément le travail, malgré les prises de bec fréquentes qui nous ont opposé (ah, le bescherelle!) ces derniers temps. Je crois qu'il a l'intelligence de comprendre qu'elles sont dues à ma rage d'impuissance.
Mais revenons à nos moutons.
Je suis donc devant cette foutue machine, et il me reste 4 minutes chrono pour rejoindre le quai 0 (!!!) et monter dans la vieille micheline aux sièges en skaï éventré, avec la certitude inéluctable de me prendre un PV pour défaut de titre de transport. Et comme le contrôleur est planqué dans un wagon de service inaccessible, je ne pourrai pas négocier mon cas.
"Mesdames et messieurs, bienvenue à bord du train TER à destination d'Etaples-Le Touquet. Ce train desservira les gares de ... (longue litanie). Arrivée prévue à Etaples-Le Touquet à 9h30. Les voyageurs sans titre de transport sont priés de se présenter au contrôleur avant le passage de contrôle.
Et merde.
Un abonnement de travail pour la semaine : 30 euros.
Paiement refusé.
Mon PV : 62 euros.
L'aller.
Je crois que je vais organiser un Petrathon, ou me trouver des sponsors. Je veux bien, par exemple, faire cours avec un t-shirt sur lequel il est marqué "Zadig&Voltaire". Ou "Maje". Ou "BeYouK"...
A vôt' bon coeur...
01:42 Publié dans Dissection du corps professoral | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : salaire des profs
jeudi, 24 avril 2008
droit de réserve, une réserve d'emmerdes
Devoir de réserve et d'intégrité
Le fonctionnaire doit, dans l’exercice comme en dehors de l’exercice de ses fonctions, éviter tout ce qui pourrait porter atteinte à la dignité de ses fonctions ou à sa capacité de les exercer, donner lieu à scandale ou compromettre les intérêts du service public.
Il est tenu de se comporter avec dignité et civilité tant dans ses rapports de service avec ses supérieurs, collègues et subordonnés que dans ses rapports avec les usagers de son service qu’il doit traiter avec compréhension, prévenance et sans aucune discrimination.
Les gens, en général, n'aiment pas trop les profs. Toujours en vacances, payés grassement pour 18 heures de boulot par semaine, responsables de la déchéance et de l'ignorance de la jeunesse qui n'écrit plus qu'en langage sms, toujours dans la rue à beugler des chansons débiles dans un mégaphone. "Pour la suppression de la carte scolaire, tous ensemble, tous ensemble". La carte scolaire, ça y est, elle est supprimée? Bon, ben "Contre la suppression de la carte scolaire, tous ensemble...". Bref.
Quand on choisit d'intégrer la merveilleuse maison fonctionnariale de l'éducation nationale, il faut admettre que désormais, on fera partie de cette caste de mal-aimés. Accepter les clichés véhiculés par la société. "Ah, t'es prof? Encore en vacances je présume?". Mais... peu importe, on a intégré une corporation merveilleuse, et même si la société entière nous met au rebut, il nous reste toujours les collègues profs pour gloser et gémir sur le dur métier que nous exerçons. Parfois, souvent, même, ça mène au mariage, et ça donne plein de petits bébés-profs qui plus tard feront comme papa-maman.
Alors, pour trouver un peu de reconnaissance dans le monde extérieur, le prof se met à bloguer. Raconte comment il est trop un prof formidable, comment les élèves se tiennent trop bien en écoutant religieusement des cours préparés avec amour des weekends entiers. Sur un mac, of course. Le prof décrit avec verve les petits doigts levés avec frénésie, les bons mots, les progrès. Ca dégouline de sirop de chamallow et d'ego désespéré. Et puis, surtout, surtout, le prof raconte comment il se biture le weekend avec ses potes, décrit le dernier levis 571 slim fit déniché sur E-bay et jette, ci-et-là, des indices laissant à supposer qu'il a une vie sexuelle épanouie. Car le prof blogueur se donne avant tout pour mission de montrer qu'il n'est pas un vieux croulant aux cheveux gras, à la veste Camif et à l'haleine fétide. Regardez, Mesdames et Messieurs, le prof peut être aussi très très hype! Vous avez ici un exemple rutilant de ce genre de prof...
Seulement voilà, il y a un gros ver dans la pomme : le prof très très hype est en général en complète inadéquation avec le commun des profs mortels, et, du coup, il trouve que dans cette formidable maison de l'éduc' nat' il se passe des choses pas très très très scolairement correctes. Des aberrations hallucinantes dans un système bien huilé qui fonctionne très bien comme ça depuis des lustres, merci. Il voit la déchéance de certains collègues qui, englués dans leur pédagogie du siècle dernier dans une solitude écrasante, sacrifient des générations et des générations d'élèves. Il voit la misère, la fange de la société, encore et encore. Chez les élèves. Leur famille. Pas forcément là où il y a le moins de fric. Parfois même, plus honteuse, la misère se glisse chez les collègues. Tout le monde n'est pas agrégé hors classe. Il y a aussi les situations qu'on n'ébruite pas trop. Pas de vagues, mademoiselle, pas de vagues. La fonction d'état, ce n'est pas l'Atlantique, c'est la Méditerrannée, plate et visqueuse.
Et ça aussi, le prof blogueur voudrait en faire des articles. Mais là, attention, arrive le spectre du droit de réserve. Ou plutôt : de l'obligation de réserve. J'en ai connu qui pensaient que "droit de réserve", cela signifiait qu'on a le droit de ne pas faire cours si ça craint trop. Erreur! Le droit de réserve, c'est le droit de fermer sa gueule sur tout ce qui pourrait égratigner les murs de la grande maison. Tout ce qui n'est pas fleurs, courbettes et lècheries en tout genre. Tout contrevenant s'expose à de graves sanctions. Fermeture du blog. Tribunal administratif. Mise en disponibilité d'office. Médiatisation. Interviews. Tollé général. Pétitions de soutien. Livre. Succès garanti.
Le grand public entend enfin ce qu'il veut entendre : les profs sont un corps de métier méprisable, toujours en vacances, payés grassement pour 18 heures de boulot par semaine, responsables de la déchéance et de l'ignorance de la jeunesse qui n'écrit plus qu'en langage sms, toujours dans la rue à beugler des chansons débiles dans un mégaphone.
17:18 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : profs, droit de réserve, jpadps
mercredi, 23 avril 2008
JPADPS au festival de Romans, suite

... rencontré des personnes formidables et intéressantes. Nonnonnon, je ne cite personne, après ya forcément ceux que j'aurai oublié qui vont faire la gueule.
Ca, c'est fait.
... revu des gens sympas de l'année dernière. Mention spéciale à Vincent et Pascal. Ces deux-là, si j'en vois un sans l'autre, je ne sais pas si je les reconnaîtrais hahaha!!
... rencontré 2 personnes absolument exécrables. J'y reviendrai.
... traîné mon mec partout.
... mangé des ravioles.
... presque pas été saoule.
... animé ma première conférence. Pas toute seule, hein...
... mangé des ravioles.
... répondu à des tas de questions, regardé des tonnes d'objectifs. Mrrpppffffff.
... fait une psychanalyse de comptoir à un sociologue absolument chou.
... mangé des ravioles.
... fait un concours de trac avec Jessica.
... mangé des ravioles.
... tenu bon à des séances de torture de la police nationale.
... été écoeurée des ravioles.
... été me rabaisser à gratter une carte au gars des Editions Plon. Pfffffff...
... chopé un #%*$ de virus fulgurant. Les passagers du quai 9 3/4 de la gare de Valence doivent encore se souvenir de cette fille qui, après avoir éternué 7 fois de suite, s'est retrouvé avec sous le nez une stalactite de morve de 50 cm.
Je n'ai (toujours) pas...
... visité le musée de la shoes.
... acheté ce sac trop classe repéré dimanche matin dans la boutique Fornarina/American Vintage de Romans. Ptain, ils ont Fornarina à Romans. Qu'est-ce que je fous à Lille???
... assisté à la vente aux enchères du dimanche matin. Deja que j'ai eu du mal à m'extirper du lit avant qu'ils débarassent le buffet petit-dej' à l'hôtel...
... mangé de pognes. Chépa, cette couleur rose chamallow qui glougloute de la pâte me motive très moyennement.
... blogué en direct du festival. Ben non, le cyber-café avait disparu...
... mis le feu au bar du Kiosque avec Fred de Mai aux platines. Gratouillé des bonhommes avec Julien. Grelotté sous la tente avec Ginfizz. Rigolé aux sketches de François Rollin et aux chansonnettes de Travis Burki. Claqué la bibise à Gonzague. Eu mal aux cheveux le dimanche. Ca, c'était l'année dernière.
... rencontré mes nombreux lecteurs. Vous zêtiez où, HEIN?!
J'ai appris que...
... les interviews à la chaîne, ça fatigue.
... je déteste vraiment faire un discours sur scène. Même si y'avait quand même carrément moins de monde que l'année dernière. Cela dit, je sais monter et descendre des marches sur talons hauts sans me casser la tronche, et encaisser les moments de solitude "oubli de discours". "Euhhh, Jessica, on avait dit qu'on dirait quoi déjà?"
... on peut dire des trucs insipides et cons, on trouvera toujours des gens que ça intéresse et qui notent ça religieusement dans un carnet.
... on peut dire des trucs intelligents, et on trouve ENFIN des journalistes dignes de ce nom capables de rendre le sens de ce qu'on a dit.
... je suis plutôt télégénique (d'après Monsieur France24). Même si dans la vraie vie je suis moche.
... je sais garder un secret jusqu'au bout sans faire de gaffes. En l'occurrence le nom des deux gagnants de ma catégorie. Faut dire que c'était dur, avec le regard scrutateur et implorant des finalistes, et avec Béné qui me faisait passer un interrogatoire l'air de rien (haha) "...et Pensées d'une ronde, t'en a pensé quoi??" J'avais l'impression tout le temps d'être dans un épisode de Derrick hehehe, j'ai même cru qu'elle viendrai perquisitionner dans ma chambre d'hôtel hahaha! Cela dit, Béné, t'es une sacrée nana.
... qu'on peut tenir un blog de fille avec maquillage et manucure ET avoir une moto.
... désormais, je voyagerai UNIQUEMENT en 1ère classe. En plus, c'est moins cher que la 2ème.
... au lieu de bloguer à tout va, je ferais mieux d'apprendre à mes élèves d'écrire correctement et sans fôtes. CQFD.
... insérer un lien, c'est trop facile, même pour une blonde. La preuve. Merci gentille madame!
Du coup, j'adooooore insérer des liens. Je ne fais que ça à longueur de journée.
15:55 Publié dans La vie très médiatique de la prof | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : festival romans, jpadps
mardi, 22 avril 2008
Festival de grosses manches

Dimanche presque midi, salle du petit déjeuner de l'hôtel, tête dans le c...
JPADPS et MistaS ingurgitent leur 3ème café, dans un silence très tête-dans-le-c...
Un peu plus loin, un Monsieur dont la tête me dit vaguement quelque chose, glose, parle fort, répond à son portable, parle encore plus fort, tout ça sous les hochements de tête serviles d'une dame assise en face de lui.
MistaS se lève pour aller fumer sa cancerette. Je reste donc seule, soulagée de pouvoir m'enfoncer un peu plus dans mon mutisme matinal. Ce matin, chépackejai, vraiment, ça va pas fort...
C'est sans compter avec le Monsieur, qu'on ne citera pas pour ne pas le froisser, mais qu'on reconnaîtra aisément si l'on prête attention aux détails. Me voyant seule, il passe à l'attaque, avec un grand sourire carnassier :
"Dites-donc... c'est bien, les trucs, là, que vous avez primé hier????"
Le Monsieur n'a pas besoin de se présenter, il est connu. Il n'a pas non plus besoin de me demander mon nom, je ne suis qu'une obscure blogouilleuse.
Moi, donc, tirée de ma torpeur : "Mrffffffff???"
Et, me ressaisissant : "Eh bien, je suppose que si nous avons choisi de primer ces blogs, c'est que nous leur avons trouvé une certaine qualité!"
Lui, toujours faussement complice, essayant de me faire dire des choses que je ne pense pas : "Non, parce que, tout de même, il y avait beaucoup de m...!!!"
Moi, intéressée : "Ah bon, vous avez lu les blogs des finalistes?!?!"
Lui, large sourire : "Non, mais je compte le faire cet après-midi."
EDIFIANT.
Moi, subitement d'humeur guerrière : "Dites-donc, c'est vous qui avez animé hier la conférence machinchouette, à l'intitulé très intéressant."
(Sous-entendu : on devait parler d'internet, on a écouté quelques anciens larmoyer sur la situation de la presse écrite et sur tous ces scribouillards non patentés qui s'improvisent reporters sur le web. A la sortie, tout le monde était unanime : c'était chiant, et EN PLUS, personne n'avait envie de donner son point de vue, puisque pour ne pas être interrrompu sèchement, il fallait abonder dans le sens desdits anciens.)
Lui, méfiant : "Oui, pourquoi?"
Je tente de lui expliquer - gentiment, j'ai des témoins- notre déception, et essaye d'engager un dialogue avec lui. Or, le Monsieur est formel. On a du talent, ou on n'en a pas. Certes, Monsieur, mais ce n'était pas la question, et d'ailleurs, oui, bien sûr, on a du talent, ou on...Et puis d'abord, c'est facile de critiquer après, les gens n'avaient qu'à dire ce qu'ils pensaient PENDANT hein???
Oui, ok, Monsieur, mais vous ne vous rendez pas compte que de par le mur que vous avez érigé autour de vous, vous coupez court à toute envie d'argumentation de la part de gens qui n'ont peut-être pas votre verve.
Ca, c'est ce que j'aurais voulu vous dire, mais je ne l'ai pas fait, car c'était le matin, j'avais comme sus-cité la gueule dans le c.., et AUCUNE envie d'affirmer mes idées à quelqu'un qui de toute façon s'en contrefiche de ce que pense une petite scribouillarde du web.
Si je vous avais senti plus chaleureux, moins sur le qui-vive, plus à l'écoute, peut-être, alors, je vous aurais raconté comment j'utilise l'écriture sur internet dans mon lycée, afin de remettre à la rédaction des gamins écrivains de skailleblogs et de sms.
Le Monsieur a du lire dans mes pensées, car dans une volte-face qui se voulait sans appel, il a lancé :
"Apprenez déjà à vos élèves d'écrire correctement et sans fautes, après on verra..."
HALLUCINEE...
Dommage, Monsieur, j'aurais vraiment aimé échanger avec vous.
13:34 Publié dans La vie très médiatique de la prof | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
dimanche, 13 avril 2008
JPADPS au festival de Romans
Chers zamis, c'est un grand moment : Hier, j'ai pris le train pour la capitale afin d'assister en tant que membre du jury (je peux le dire, maintenant que c'est officiellement paru sur le site!) aux délibérations de la catégorie blogs de vie du concours. J'ai rencontré les deux autres membres du jury :
- Jessica Pierronet, responsable communauté chez psychologies.com, très jolie et sympathique.
- Pierre Alain Mercier, sociologue spécialisé dans la communication numérique.
La classe.
J'me sentais toute minable et pas pro au milieu de ce beau monde. Ca m'a pas empêché de l'ouvrir plus souvent qu'à mon tour, comme toujours dans ce cas. J'espère que je les ai pas trop gonflé...!
En tout cas, le courant est passé immédiatement, puisque nous étions somme toute d'accord sur les critères qui allaient déterminer le gagnant du prix cette année.
Et quel plaisir aussi de revoir Céline, qui est très jolie et qui pose sur Facebook avec un i-phone, et Christophe, le Président du Festival, qui est décidément gentil et mignon comme tout et qui a un i-phone. D'ailleurs, toute cette boîte de comm' est classe et zen à la fois. A mille lieues des boîtes de comm' qui se la jouent branchouille en faisant venir des DJs hype à leurs pots de signature de contrat et qui respirent l'arrogance. Chez Rumeur Publique, c'est tout convivial, ça bosse dur mais détendu, à l'image du Boss. Pourtant, si on s'aventure dans les recoins des bureaux de l'open-space, on trouve ci et là un i-pod qui traîne, la dernière babiole numérique déco du moment. On voit un sac Zadig&Voltaire dépasser d'un tiroir, des cartes de visite de gens super classes, des agendas Vuitton.
Chacun a personnalisé sa petite parcelle d'open space. Une manière de ramener l'individualité dans ce lieu communautaire. Mais au lieu de la foto de famille et des Toyz customisés débiles, ce sont des listes de musique qui s'affichent sur l'ordinateur abandonné de ceux qui sont partis déjeuner.
La mezzanine avec les salles de réu et le bureau du Boss est délicieusement vintage, on se croirait dans un film des 70' avec Alain Delon, Jane Birkin...
Au milieu de tout ça, une oasis composée d'énormes canapés, d'une table basse avec les traditionnelles tasses de café (bien plus écolo que les gobelets plastocs), d'un écran géant, et... d'une WII.
Les gars et les filles qui rentrent du dej' remarquent direct le changement de couleur de cheveux sur le fauteuil de Céline, et viennent papoter joyeusement. Mais le parisiens sont froids, hein??
Et puis si on va sur le site spécialisé, on trouve le Lipdub de Rumeur Publique. Trop classe. Sur du Katerine hehehe... Et c'est Bigboss qui tient le megaphone, à l'image du logo du festival de Romans...
Le lipdub?
Lip...dub?? Un nouveau style de musique? Le nouveau concurrent de Facebook??
Aujourd'hui, toutes les boîtes hype font un Lipdub. Ctadire qu'ils chantent en playback sur un morceau. Avec une vrai réalisation de clip derrière. Toute boîte hype digne de ce nom a son Lipdub, qu'elle poste sur le site spécialisé. Comme je sais pas insérer un lien, va falloir chercher vous-mêmes, eh ouais!
Suis même étonnée de l'absence sur ce site de certains qui se veulent toujours à la pointe de la hypitude, comme par exemple ces certains amis virtuels de Facebook qui te tamponnent un caddie sur la main le samedi soir sans te regarder.
Là, je suis arrivée, Christophe m'a gentiment prêté un ordinateur pour que je puisse bloquer tranquille jusqu'à ce que tout le monde arrive. Mais, au lieu de bloguer, j'ai pas pu m'empêcher d'inspecter de plus près ce genre de lieu qui m'avait fait fuir il y a quelques années, pour être prof.
Les mots de mon Proviseur me reviennent alors en tête, en boucle :
"Eh bien vous n'auriez pas du..."
J'étais dans cet immense open space, presque seule, et je passais en revue les petits post-its collés un peu partout, les plannings affichés, les fax de réservation, les téléphones aux mille sonneries. Toutes ces menues tâches interrompues pour aller déjeuner. Toutes ces menues choses si futiles et importantes à la fois de la vie de bureau qui avaient un jour provoqué chez moi une aversion que je pensais irréversible.
En sortant de la session délibération, je me suis surprise à penser que j'y retournerais bien.
Le office LipDub de Rumeur Publique
Ben si que je sais mettre des liens ;)
04:41 Publié dans La vie très médiatique de la prof | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : jpadps festival romans, rumeur publique
Game&Watch revival
Je repense toujours avec une certaine nostalgie à la fois où, toute gamine, j'ai eu les oreillons. Et que je les ai refilés à mon frangin, et, plus grave, à Daddy. Passqu'il paraît qu'un mec qui chope les oreillons, ça lui zigouille les coucougnettes à vie. Bon, en même temps, j'avais déjà deux frangins, ce qui était bien suffisant. Quoique...une soeur... Bref.
Ces oreillons, donc. Souvenirs de fraises qui grattent atrocement dans la gorge, de médocs dégueulasses, mais surtout, souvenirs de mon tout premier jeu vidéo.
A l'époque, mon rêve, c'était de posséder le même jeu Game&Watch que Fabien, celui où Snoopy joue au Tennis. Une sorte de Pong amélioré. Je ne l'ai jamais eu, mais j'ai eu bien mieux : le jeu Hamburger!
Principe du jeu : Le client passe sa commande à la serveuse qui doit les mémoriser et aller chercher le plus rapidement possible les plats commandés : frites, hamburger, coca ou glace. Le tout de plus en plus vite. Si la serveuse se plante dans la commande, le client donne un coup de pied dans le plateau et tout se casse la gueule. Avec des points bonus tous les 10 000 et 3 vies. Mortel. J'ai passé des journées entières sur ce jeu. Et puis un jour, des années plus tard, alors que le jeu était passé du mode utilisation frénétique à abandon total, j'ai constaté sa disparition. Depuis, je REVE de retrouver ce jeu. En bon état of course, pour, juste une fois, avoir encore la gorge qui gratte pendant que je clique 3 fois sur les frites et une fois sur la glace...
Depuis, y'en a eu d'autres, des jouets de geekette en herbe. Zelda avec le double écran. Sans parler bien sûr du bon gros Simon, qui compte pas. Après, y'a eu l'Amstrad de mes frangins. Et Batman et la super musique. Des heures passées à mater mes frangins qui passaient à l'aise les niveaux sur lesquels je bloquais. La Megadrive.
Et le premier Tetris. Un cadeau de la Redoute pour toute commande à partir de 200 francs. La même forme que la Gameboy. J'ai passé des JOURNEES sur ce truc, au désespoir de mon mec. Qu'est-ce qu'on a pu s'engueuler à cause de ce Tetris!!!!
Mais, blonde attitude, je n'ai jamais su qu'on pouvais exploser son score en faisant 4 lignes d'un coup... Cavaaaa... Cavaaaa...
Après y'a eu le passage à l'informatique. Pendant l'été, alors que tout le monde lézarde à la plage, et que je me faisais chier au standard de Entreprise-à-Daddy pour payer un °%#§*$ de permis de conduire. Le solitaire. Et le démineur. Ah, le démineur et ses 99 mines... Quelle joie de le retrouver sur le i-phone!!!
Plus tard, c'était la dame de pique. Sur Windows 95 si je ne m'abuse... Columns, aussi. Ah oui, et puis le Mah-Jong. Ahlalaaa...
Après, ya eu du perfectionnement, et un fossé générationnel. A présent, les jeux, ça se jouait avec des manettes à 3 boutons devant et deux boutons derrière. Et la fonction vibreur... Sur la PS1, j'ai jeté mon dévolu sur Busta-move. Le 4 silvouplé, parce que c'est le seul avec des personnages débiles comme "MoOOOnsta!" ou "Madamm... Louna!", qu'il fallait débloquer.
Après, donc, ça m'a dépassé, tout ça. J'ai laissé défiler les PS2, Xbox et Co., pour me rabattre sur une bonne Gameboy offerte par franginet1.
Je repense toujours avec une certaine nostalgie à la fois où, à l'IUFM, je me suis fait choper par la formatrice en train d'exploser mon record dans Wario Ware au jeu "je dois mettre le doigt de Wario dans sa narine sans lui écraser le nez". Tout ça pendant que devant, on nous passait un film sur les risques du métier de prof.
Mais ça, jle raconte pas, vous allez encore dire que je rabache, et que vous avez déjà lu cette note quelque part, il y a longtemps...
Non, je vais plutôt aller faire un petit démineur sur le i-phone.
04:11 Publié dans La prof est une geek | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : game&watch





